Ci-dessous une copie d'une lettre que j'adresse en ce moment à divers élus et responsables politiques. Merci à Anne Nymette qui a contribué à sa finalisation.
Monsieur,
Lorsdu débat contreversé sur « l’identité nationale », à la question« pour vous, qu’est-ce qu’être Français ? », je répondais par lasimple phrase : « C’est vouloir l’être et avoir une Foi inflexible,inébranlable et implacable en la République. » République que je neconçois pas autrement qu’une et indivisible.
Une Foi qui, il y a une quinzained’année maintenant, m’avait conduit à demander naturalisation dans lanationalité française. Nationalité que je conçois comme un lien irréversible,imprescriptible, inaliénable, inviolable et j’ose, sacré, entre un individu etl’entité qu’est la Nation.
L’articlepremier de nôtre Constitution consacrant ma vision, je ne m’étais jamais senti« étranger », ni même « Français d’origine étrangère »,terme que j’exécre, mais simplement Français.
C’est pourquoi je me suistoujours demandé pourquoi la plupart des médias faisaient cette distinction enles citoyens.
Distinction àlaquelle, le Président de la République M. Nicolas SARKOZY, a, lors de sondiscours de Grenoble, donnée une ignoble légitimité en parlant de« Français d’origine étrangère. »
Foulant ainsi aux pieds lesprincipes les plus élémentaires, que je croyais à jamais acquis, d’uneRépublique qu’il est censé représenter. Violant avec impudence la Constitutiondont il est supposé « garantir le respect ».
En entendant cesmots de la bouche du Président, mon sang s’est glacé dans mes veines et j’aibrusquement plongé 15 ans en arrière, période à laquelle j’entendais desdiscours du type : «Quoique tu fasses, même naturalisé, tu es et tu resterastoujours un étranger pour eux. » Discours que je balayais d’unrevers de main, convaincu de faire partie de ce fameux « eux » quipour moi était « nous », jusqu’àce fameux 30 juillet 2010.
Comment avait-ilosé injurier le peuple de la sorte ? Comment pouvait-il faire une telledistinction entre les citoyens ? Ces derniers ne sont-ils pas égaux auxyeux de la République ? Existe-t-ildonc d’un côté des « Français certifié français » et de l’autredes « Français en sursis » « des pièces rapportées » ? A quand les tests A.D.N pour prouver saqualité de Français ?
Et que dire du« silence » que j’ai envie de qualifier de « complice » desélus d’opposition suite à ce discours ? Madame AUBRY dénonçant timidement « une dériveanti-républicaine », je crois en ma qualité de simple citoyen, qu’elle nemesure pas la gravité de la situation. Seule une certaine presse semble en avoirpris conscience.
Lesplus éminents constitutionnalistes nous expliquent qu’une telle loi serait detoute façon retoquée par le Conseil Constitutionnel. Je n’en doute pas mais ilserait irresponsable de s’en contenter. Nous ne pouvons laisser se démocratiserdans l’inconscient collectif une telle segmentation de la France et de sesressortissants.
Les propos deNicolas SARKOZY m’ont fait prendre conscience de l’urgence pour nôtre pays, deconcrétiser une idée qui me travaillait depuis fort longtemps : vousdemander de proposer une loi sanctionnant, par exemple d’une forte amende, l’usagedes expressions comme « Français d’origine X ou Y » dans l’espacepublic (presse, télévision et autres médias) car je suis convaincu que cela nefait que renvoyer sans cesse des millions de Français à leurs« origines » et favorise ainsi les replis communautaires.
Je suis convaincu que cetteloi rencontrerait le soutien de tous les Français que je connais, et qui sontprêts à soutenir un tel projet s'il était soumis à référendum populaire, lediscours de Grenoble étant une atteinte grave à l'article 1 de la constitutionFrançaise.
L'intégration réussie n'est possible que sil'on ne remet pas constamment en question la nationalité des personnes. Uneremise en question entraîne l'insécurité, et forcément la violence hélas, parperte d'identité.
Qu’importe pourquoiou comment l’on devient Français. Une fois qu’on l’est, chacun l’est de la mêmefaçon et à jamais. L’amour de la patrie et l’appartenance à la Nation ne connaissantpas de différence éthnique, il est urgent de promouvoir l’idée que nous sommestous, sans exception, d’abord et avant tout Français et que toute autreconsidération n’est que secondaire, afin de fédérer nos concitoyens autour denos valeurs communes et renforcer l’unité nationale. Si toutefois, les notionsde « Liberté-Egalité-Fraternité », « République »,« Nation », « Unité », « Indivisibilité », ont un sens pour nos dirigeants et élus.
Pour ma part, jepense que nous nous devons de donner corps à ces mots et les faire vivre afinqu’ils ne deviennent pas des vagues idées lointaines, désincarnées et sansâmes, mais soient gravés et vibrent dans le cœur de chaque Français, comme ilsle sont dans le mien.