Le mâle pensant
(Anti)Social Scientist
Abonné·e de Mediapart

24 Billets

0 Édition

Billet de blog 7 juil. 2016

Chronique #gonzopolitique : pourquoi le 49.3 n'est pas du tout un viol

Bonjour vous êtes bien dans le pays où on parle plus de l’interdiction des véhicules d’avant 1997 à Paris que de la mort de plus de 200 arabes explosés par un bus piégé à Bagdad, C’est la fête, c’est l’été, il fait beau, et comme la météo pourrait vous donner la gaule ben moi j’ai décidé de vous l’enlever en vous parlant justement de la politique comme elle le mérite. En mode gros gonzo.

Le mâle pensant
(Anti)Social Scientist
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bande son du billet © Un génie

samba de Janeiro

Aujourd'hui, on ne fête pas la demi-finale de l’euro pour les Bleus suite à leur victoire 5-2 contre une bande de footballeurs semi-pro, on fête la loi travail enfin adoptée, la France debout, tous ensemble vers le redressement compétitif dans la justice pour tous ! Suite à un débat parlementaire nourri qui aura permis d’améliorer cette loi d’intérêt général... Bon, le débat est résumé en 4 caractères (soit 2,5% d’un tweet) : 49.3, le désormais célèbre article de la constitution française qui est en gros pour celles et ceux qui dormaient en cours d’éducation civique l’équivalent parlementaire du totem d’immunité dans Koh-Lanta ou de l’étoile dans mariokart. Le 49.3, tu l’enfiles et tu les enfiles tous, c’est un peu comme le déo axe mais sans la bonne odeur virile (Axe, Mennen, Carrefour Discount déodorant, Pierre d’Alun monoprix, ça va pour la pub le CSA ?). Au niveau de l’opposition à la loi travail, Les frondeurs se sont dégonflés comme le roi Tommen #babtoufragile dans Game of Thrones, les derniers manifestants de la CGT ont défilé hier, le 5 juillet dans une ambiance apaisée puis sont partis rejoindre leur mobil-home à Arcachon griller de la merguez. Les derniers nuitdeboutistes sont repartis de la place de la République pour aller jouer du Djembé vers des Zones à Défendre (ZaD pour les intimes) plus ensoleillées.

Je sais que ces informations politiques, à l’image de conseils en séduction pour ma personne sont parfaitement inutiles mais je tenais quand même à vous donner des nouvelles de cette planète étrange qu’est la sphère gouvernementale dans laquelle l’académie française ne semble pas avoir le pouvoir de donner aux mots leur sens. Ainsi, dans la bouche de Myriam El-Khomri, on peut trouver des traces d’arachide et de semence patronale mais je m’égare, je disais donc dans la bouche de notre ministre du travail le 49.3 « n’est pas un passage en force ». On suppose donc qu’une pénétration non consentie n’est pas un viol pour Myriam le fusible, qu’une branlée 5-0 contre l’Allemagne ne serait pas une humiliation pour les bleus, et que ne pas voir son zizi quand on fait pipi n’est pas un signe d’obésité pour un président.

Le viol et l’agression sexuelle justement, il parait selon nos élus que c’est si trivial, si dérisoire, si peu important, ce n’est quand même pas ça qui devrait empêcher un honnête député un peu trop fétichiste des pieds de se présenter à sa réélection pour un quatrième mandat, #GeorgesTron. Félicitations à toi, petit député de l'Essonne, qui a probablement du si bien convaincre tes camarades députés de rejeter un amendement qui proposait de rendre inéligibles les parlementaires coupables de violences sexuelles. Un amendement qui a été rejeté alors que 15 députés étaient présents. En terme d'assiduité, c'est comme essayer de boucler une édition de Mediapart alors que tes ressources humaines se résument à la moustache d'Edwy Plenel.

Lecteurs et surtout lectrices, une chronique, c’est comme une bonne vieille sodo, il faut conclure et élargir en beauté. J’en déduis donc que La France est devenue le seul pays au monde où il est plus facile d’être un agresseur sexuel parlementaire qu’un footballeur arabe titulaire à l’Euro. Je vous laisse, je vais finir de creuser ma tranchée aménagée pour la demi-finale spéciale centenaire de la bataille de Verdun de demain soir. En espérant que la pelouse du stade vélodrome sera en meilleur état malgré les tirs d’obus, big bisous.

Quand Martinez essaie de piquer le 49.3 à Valls

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus
Journal — Violences sexuelles

À la Une de Mediapart

Journal — Culture-Idées
David Wengrow : « On semble ne plus avoir d’imagination sur ce que pourraient être les alternatives »
Pendant des milliers d’années, les humains ont expérimenté avec d’infinies variations des formes du pouvoir. Parfois saisonnier, parfois matriarcal, parfois autoritaire et brutal. Mais parfois aussi égalitaire et relativement libre, y compris à grande échelle, décrivent David Graeber et David Wengrow, dans un livre qui fait l’effet d’une bombe. 
par Jade Lindgaard
Journal — International
Soudan : un mois après, le coup d’État n’est pas achevé
En réinstallant le premier ministre dans ses fonctions, les militaires ont réussi à institutionnaliser leur putsch d’octobre. Mais un obstacle se dresse encore devant eux : la population, qui reste fortement mobilisée. Reportage à Khartoum, dans la manifestation du 25 novembre.
par Gwenaelle Lenoir
Journal — France
De Calais à l’Angleterre, les traversées de tous les dangers
Le naufrage meurtrier survenu le 24 novembre, qui a coûté la vie à 27 personnes, rappelle les risques que les personnes exilées sont prêtes à prendre pour rejoindre les côtes anglaises. En mer, les sauveteurs tentent, eux, d’éviter le plus de drames possible.
par Sheerazad Chekaik-Chaila
Journal — Culture-Idées
« Les critiques de la chasse sont très liées à la notion de civilisation »
Alors que plusieurs accidents de chasse ont relancé le débat sur cette pratique, l’anthropologue Charles Stépanoff consacre un livre saisissant à ce qui se passe dans les forêts situées à l’orée de nos villes. Entretien.
par Joseph Confavreux