L'ouverture d'un débat sur la réorganisation du pouvoir politique est une opportunité pour le territoire briochin. Tiraillée entre deux métropoles sur la RN12, Rennes et Brest, inspirée par les multiples regroupements de communes en cours dans le département, Saint-Brieuc se verrait bien fusionner avec certaines communes limitrophes, telles que Plérin et Langueux.

« Passe moi la salade, je t'envoie la rhubarbe »

L'enthousiasme de futurs mariés des deux maires des plus grandes communes de l'agglomération nous fait pourtant redouter une énième démonstration de politique politicienne, sous couvert d'une réorganisation territoriale de façade. D'un point de vue méthodologique, mieux vaudrait d'abord bien achever l'intégration des intercommunalités environnantes à l'agglomération briochine, et ensuite s'occuper de la fusion des communes.

Il n'en reste pas moins que l'idée est enthousiasmante. Oui, il y a des problèmes à résoudre. Les communes seules n'ont plus les moyens de s'en sortir . Nous avons besoin de projets du type du parc éolien offshore pour relancer notre baie. L'ouverture de nouvelles filières universitaires offrant des études à bas coût dans un grand ensemble côtier et urbain pourrait être l'élan initial redonnant jeunesse, et donc espoir, à celles et ceux qui croient encore dans un développement local de l'agglomération briochine, qui doit redevenir le centre névralgique des Côtes d'Armor. Rajoutez 2000 jeunes étudiants et apprentis à Saint-Brieuc, et c'est une toute autre ville qui se dessinerait. Une gestion intelligente des différents ports concernés (en collaboration avec le département) -un autre levier de développement économique- coordonnée avec une politique ambitieuse de dynamisation du centre-ville basée sur les savoirs-faire locaux, le tourisme, l'écologie, le logement, la culture, serait de nature à redonner de l'espoir à une ville que beaucoup disent perdue.

Le port du Légué © Wikipédia Le port du Légué © Wikipédia

 

Pour un référendum citoyen

Convaincus de l'importance du débat sur l'organisation administrative et politique de la baie briochine et de la nécessité de parvenir à un développement territorial harmonieux, nous n'entendons donc pas le laisser dans les mains de quelques individus élus, aussi importants soient-ils. Nous appelons donc toutes les citoyen(nes) de la nouvelle agglomération à se saisir de cet enjeu. Une sorte de cahier de doléances numériques à destination des élu(es). Si la mayonnaise prend, pourquoi ne pas alors envisager des rencontres IRL ?

Le tweet assassin de Mister V Le tweet assassin de Mister V

Quelques principes sont pour nous déjà clairs. L'union fait la force. Les batailles politiciennes micro-locales sont un gâchis de bonne volonté qui pourrait être consacré à la prospérité de notre baie. Et vu l'image que notre territoire véhicule à l'extérieur (Cf le tweet assassin du youtubeur Mister V sur notre démographie poussive en terme de pyramide des âges), nous n'avons pas vraiment d'énergie à gâcher. Le risque d'un éloignement supplémentaire entre représentan(tes) et élu(es) au terme de la réorganisation est réel, si les gens ont le sentiment que ce chamboulement de l'organisation du pouvoir est imposé du haut d'une superstructure technocratique. Nous ne nous résolvons pas au déclinisme et à l'abandon de notre territoire.

En lien avec toute forme de citoyens et de collectifs intéressés par le débat, nous proposons au contraire de réfléchir aux contours de la réforme avec les premiers concernés : les futurs habitants et habitantes de ce « Grand Saint-Brieuc ».

A terme, ce projet de fusion de communes ne devra pas être simplement entériné par les conseillers municipaux des communes concernées, mais validé par un référendum citoyen, comme la loi l'autorise. Faire primer la démocratie réelle et l'expression citoyenne plutôt que les logiques techniques et technocratiques sera l'enjeu fondamental d'un tel débat.

Plus que jamais fiers de la Baie

Certes, on peut toujours lister des différences entre les habitants de Saint-Brieuc, de Langueux, de Plérin, d'Yffiniac, de Trégueux ou de Ploufragan. Mais ne sont-elles pas insignifiantes en comparaison de tout ce qui nous rassemble, de ce même projet de territoire qui doit nous unir? Alors, oui à une entité territoriale la plus large possible, pour garantir l'égalité à toutes celles et ceux qui partagent un même territoire et aimeraient y passer tout ou partie de leur vie dans un environnement naturel si riche, un terreau si propice au développement solidaire, écologiquement et socialement responsable. Saint-Brieuc et ses alentours peuvent (re)devenir la capitale de l'alternative bretonne. Un petit coin entre terre et mer dont on pourrait être jalousement fier.

Guillaume Hubert, Clément Commault, collectif des Jeunes Briochins

 

 

 

 

 

 

 

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