TÉKITI TÉKOATOA

      L'appropriation de l'intime de chacun est l'image qu'il présente selon ce qu'il dit, ce qu'il écrit, ce qu'il fait, ses fréquentations, ses idées politiques ou religieuses, .. etc..etc. Et, si jamais il brandit un drapeau, alors...là, pas d'erreur, il est pour la Paix et s'en réjouit, il est gai...ou gay, puis que le rectangle de toile brandi est " arc en ciel ".

      Et c'est vrai quelque soit la langue, parlée ou écrite : " Who you are, what you are, you " - " Wer du bist, was du bist " - "Chi sei, che cosa sei " - " Horzaren, zei, zara zu, zuk " - Qui sis, quid sis " - et combien d'autres, indéchiffrables, ici, vu les caractères, au demeurant jolis, qui sont utilisés.

      Quant à dire que l'habit ne fait pas le moine. C'est ridicule. L'uniforme a toujours permis d'identifier, sans le connaître, celui qui le porte. Et ils sont nombreux. Aimé, apprécié, admiré, subi, redouté. Selon d'ailleurs ce que l'on ressent, soi même, à sa vue.

      Le facteur des Postes, le contrôleur des chemins de fer, les officiants, les officiers, les personnels de navigation, air, mer, terre, ...etc...etc. vous imaginez le nombre. Les citer tous prendrait une pleine page. Ce qui est sûr, sans pouvoir être vérifié, c'est que, s'il porte cet uniforme, c'est qu'il qu'il est ce que cet uniforme représente. Un flic et un flic. Un général est un général. Aucune erreur possible. Un homme habillé en soldat est un soldat. Une femme habillée en infirmière est une infirmière.

      Certaines tenues se portent dans des enceintes réservées, appropriées. L'Académie, les Tribunaux, les édifices religieux, les arênes, les terrains et salles de sport, les piscines, les spas, autant de lieux qui nécessitent une tenue adéquate.

      Ici, à Médiapart, il n'y a pas d'uniformes. C'est le nom du journaliste qui séduit. Toujours d'investigation, tenace, comme revêtu d'une aura indélébile, dont le passé, l'origine, les déboires, les réussites, le caractère, sont connus. Disons, sans décoration particulière propre aux unifomes.

      Venant d'un Monde en perdition, ils surent créer un média à part, où, souvent, les articles sont autant d'alertes dont les médias se font l'écho, dont le pouvoir s'émeut, dont la justice juge bon de se saisir, en tous cas, que le lecteur applaudit . ( à quelques exceptions près, bien entendu ).

      Et, justement, à tout cela s'ajoute le " participatif " qui me semble être, ici, à nul autre pareil. Parfois, sinon souvent, la participation des lecteurs paraît débridée. Allant du sujet, de l'auteur, du contributeur, de l'un à l'autre, de l'un vers l'autre, de l'un contre l'autre, et vice versa. Les échanges sont tels que des questions ont envie d'être posées ; " t'es qui, toi ?  t'es quoi toi ? ". Et les belligérants contributeurs - parfois nouvellement abonnés (il ne faut pas s'en plaindre) donc apprentis, ( les chevronnés ne manquent pas de le relever, à leur manière) doivent savoir revêtir "l'uniforme " médiapartien, et, autant que leur enthousiasme le permet, " savoir se taire et réfléchir, ne pas essayer d'avoir raison au détriment de sa sincérité " " savoir s'astreindre au respect des convictions de l'autre et reconnaître à chacun l'entière liberté de vivre la sienne ".

      J'ai toujours plaisir à lire ce qu'écrivent les autres. Surtout lorsqu'ils m'apprennent, ou me font découvrir, ce que je ne savais pas ou qui m'avais échappé. Il ne fait aucun doute, chemin faisant, que nombreux sont ceux qui, au travers des joutes, sallutaires, ont permis à Médiapart de s'épanouir et de " Résister à la Presse d'industrie ", ce billet d'avril 2008 d'Edwy Plénel, que j'ai plaisir à citer, et au sujet duquel, les contributeurs critiques, déjà, près d'une trentaine , sont toujours là, à l'heure actuelle, ainsi que beaucoup d'autres à faire autant honneur à la mémoire de Sirius , qu'à Socialisme ou Barbarie et ceux qui s'y exprimaient, malheureusement disparus.

    

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