[Dossier] Fukushima : la flore sauvage contaminée

Le 11 mars 2011, un tremblement de terre provoqua un tsunami qui ravagea le nord-est de l'île d'Honshu au Japon. La Centrale Nucléaire de Fukushima Daiichi a subit de plein fouet l'assaut des vagues entraînant la catastrophe nucléaire que l'on connaît. Les émissions radioactives de 137Cs (Césium-137), 134Cs (Césium-134) et 131I (Iode 131) contaminèrent l'environnement de Fukushima et des régions voisines.  

Le 11 mars 2011, un tremblement de terre provoqua un tsunami qui ravagea le nord-est de l'île d'Honshu au Japon. La Centrale Nucléaire de Fukushima Daiichi a subit de plein fouet l'assaut des vagues entraînant la catastrophe nucléaire que l'on connaît. Les émissions radioactives de 137Cs (Césium-137), 134Cs (Césium-134) et 131I (Iode 131) contaminèrent l'environnement de Fukushima et des régions voisines.

 

Pour évaluer l'impact de cette contamination, de nombreux scientifiques japonais indépendants ont travaillé sur la flore sauvage et les plantes cultivées. Leurs recherches ont porté sur plusieurs champs d'investigations :

- l'évaluation de la contamination radioactive sur la flore terrestre et océanique dans la zone de Fukushima

- l'estimation de la capacité de phytoremédiation qu'ont les algues, les plantes grasses, les légumes, les rizières

- enfin les techniques agricoles pour limiter l'accumulation de la radioactivité dans la plante - trouver des nouvelles variétés radio-résistantes.

La phytoremédiation est la capacité qu'a une plante a dépolluer un sol, une eau. Il apparaît que la phytoremédiation des sols pour le Césium n'est pas « une stratégie réaliste pour être achevée dans quelques années ». On le sait depuis Tchernobyl (lien vers article) où une expérience avait été tentée en utilisant des plants de Cannabis, cela prend beaucoup de temps. Cependant, à Fukushima on a pu observer que l'accumulation par le riz brun du Césium n'était pas si élevée que cela.

 

Notre premier épisode porte sur la contamination radioactive des plantes sauvages (c'est à dire hors cultivées).

Les chercheurs de l'Université de Tokyo et de Kobe ont effectué leurs recherches de mai 2011 à octobre 2012. Ils ont « photographié » les plantes en utilisant la technique de l'autoradiographie c'est à dire que la plante contaminée va émettre des rayonnements sur un film photographique, ça correspondra aux petits points noires que l'on va voir sur les photographies ci-dessous.

 Lien vers carte

 

Carte © Callewaert Pierre Carte © Callewaert Pierre

Les échantillons de plantes ont été prélevés environ tous les mois dans la région de Fukushima, parallèlement des mesures de la radioactivité dans les différents compartiments atmosphériques ont été effectués (eau, air sol).


(b) auto-radiogramme avant rinçage à l'eau
(c) auto-radiogramme après rinçage à l'eau © The Botanical Society of Japan (b) auto-radiogramme avant rinçage à l'eau (c) auto-radiogramme après rinçage à l'eau © The Botanical Society of Japan

 

La figure 1 montre une photographie d'une espèce de bambou (Sasa palmate) collectée le 7 septembre 2010 à Motomiya. 

Les points noirs que l'on distingue sur les radiogrammes (b) et (c) sont des particules radioactives qui ont été relarguées lors de la catastrophe de Fukushima. On voit que malgré un lessivage par les pluies et un rinçage, les radionucléides sont fixés sur les feuilles. On en voit les conséquences par une perte de chlorophylle.

Taxus Cuspidata (If du Japon) © The Botanical Society of Japan Taxus Cuspidata (If du Japon) © The Botanical Society of Japan

 

La flêche grise montre la partie de la plante qui a poussé de 2010 jusqu'au moment de l'accident. La flèche noire montre la partie de la plante qui apoussé après l'accident.

Des mesures de radioactivité sur la partie jeune (flèche noire) indique une activité de 349 Bq/kg pour le Césium-134, 296,5 Bq/kg pour le Césium-137 tandis que pour la partie "vieille" de la plante (flèche grise) on a mesuré une activité de 13 011 Bq/kg pour le Césium-134, 15 060 Bq/kg pour le Césium-137.

Les botanistes japonais expliquent cela par le fait que la radioactivité de la partie supérieure a dérivé vers la base de la plante pour atteindre le sol, ou a contaminé les autres plantes alentours.

Notons que la radioactivité naturelle pour le corps humain est de 8000 Bq pour une personne de 70 kg.

Ils ont aussi ramassé des feuilles mortes aux pieds des arbres.

Les deux feuilles supérieures ayant été ramassées avant l'accident, elles ont reçues la contamination des autres arbres et du sol d'où une présence plus importante de radionucléides (106 560 Bq/kg pour le Césium-134, 123 650 Bq/kg pour le Césium-137 !). Les autres feuilles tombées en 2011 après l'accident donc, ont une activité d'environ 2 000 Bq/kg.

 

Feuilles mortes ramassés à Motomiya © The Botanical Society of Japan Feuilles mortes ramassés à Motomiya © The Botanical Society of Japan

Conclusion

Les plantes sauvages qui poussaient au moment de la catastrophe ont accumulé davantage de pollution. La radioactivité est principalement fixé à la surface des feuilles.

Cependant, la radioactivité en Césium-134 et 137 est forte après l'accident mais va rapidement décroître après Juillet 2011, on retrouvera alors une forte radioactivité dans les sols.


 

Source : Radioactive pollution and accumulation of radionucleides in wild plants in Fukushima, Mimura T, Mimura M, Kobayashi D, Komiyana C, Sekimoto H, Miyamoto M, Kitamura A, The Botanical Society of Japan and Springer Japan, 2013, 6 pages.


 


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