Critiquons JLM sur le fond et ... sur la forme

La controverse créée par le parti-pris d'Antoine Perraud et Fabrice Arfi sur la dernière publication de Jean-Luc Mélenchon détourne à mon sens le véritable sujet de débat: les positions défendues sont-elles justes.

Les positions de Mélenchon méritent pourtant d'être critiquées sur le fond et pas seulement sur la forme. Si je devais pour ma part formuler quelques critiques sur ce parti-pris, ce ne serait pas pour abonder dans le sens des contorsions des défenseurs de JLM pour laisser entendre que Perraud aurait tronqué des citations pour étayer sa charge contre JLM, mais plutôt pour regretter qu'il vise plus la forme que sur le fond.

SUR LE FOND

La position de Jean-Luc Mélenchon semble basée sur le fait que les USA souhaitent faire la guerre à la Russie. Il le dit explicitement dans sa réponse sur Facebook aux critiques qu'ont suscité son billet de blog:ou sur Twitter: Débat entre pro et anti Poutine ? Non ! Lutte entre pr ou ctre guerre avec la #Russie. Mais ce présuposé est-il juste? Il est quand même permis d'en douter.

Je réponds par avance aux critiques qui pourraient m'être objectées, à savoir que je pourrais être un atlantiste béat, inconscient des manoeuvres que font plus ou moins secrètement par les USA pour influencer le cours des événements en Ukraine ou ailleurs. J'en suis parfaitement conscient. Je ne conteste pas qu'elles existent, qu'elles sont tout à fait regrettables et qu'elles sont en partie la cause des événements actuels.

Cependant, si elles ne sont pas contestables, elles viennent aussi en réaction aux propres manoeuvres de Poutine pour ré-amener les territoires qui étaient dans la zone d'influence de l'ex-URSS dans l'orbite de la Russie actuelle. C'est le cas aujourd'hui avec l'Ukraine, c'était le cas hier avec la Géorgie et ce pourrait l'être demain avec les pays baltes.

Le monde occidental semble donc plus vouloir contenir les initiatives de Poutine dans ce sens que de vouloir attaquer et envahir la Russie. 

Jean-Luc Mélenchon part donc d'un présupposé erroné (à mon modeste avis) qui fait tomber tout bien-fondé à son argumentation.

SUR LE FOND ET SUR LA FORME

Le second point que je voulais souligner, et qui relève à la fois du fond et de la forme, est la fascination que Jean-Luc Mélenchon semble avoir pour la puissance. Dans la fin de son billet, il justifie son soutien à Poutine par la puissance militaire de la Russie et la supposée faiblesse des USA du fait des échecs indéniables de leur aventurisme militaire.

Que ce soit vrai ou faux, cela ne saurait justifier une position qui ressemble furieusement à un "mettons nous dans le camp des futurs vainqueurs".

SUR LA FORME

Je n'ai pour ma part aucun doute sur l'intelligence de Mélenchon. Je ne doute donc pas un seul instant du fait qu'il avait forcément anticipé les réactions que la forme virulente de son billet ne manquerait pas d'entrainer, réactions qui lui permet de se poser une nouvelle fois comme victime des médias.

Mais où cette position le mène-t-il, lui mais surtout la (les) gauche(s) altenative au PS?

 

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