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Billet de blog 11 nov. 2012

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L'UPR est-il un parti d'extrême-droite?

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A la limite, je dirais peu importe, mais je répondrais quand même, ne vous inquietez pas.

Peu importe car ce parti a pour seul programme de sortir de l'Union Européenne et de l'Euro. Il revendique donc haut et fort que toute autre question est subalterne: politique économique, politique sociale, immigration, écologie, etc...C'est écrit en toute lettre dans sa charte.  On peut y lire notamment ceci:

"A quoi sert-il, par exemple, de débattre sans fin, voire de se déchirer, sur la fiscalité, la lutte contre les délocalisations, le financement des retraites, l’immigration, l’environnement, etc., puisque les grandes décisions stratégiques en la matière, qui ont été dérobées au peuple français, sont déjà prises par les dirigeants non élus de la BCE et les Commissaires européens, également non élus ?

L’UPR insiste d’ailleurs sur le fait que la prolifération des sujets subalternes est, avec la thématique de « l’Autre Europe », l’un des leurres essentiels mis en avant par les partisans de la construction européenne pour empêcher les Français de s’intéresser au seul sujet qui compte : qui a le pouvoir de décider de quoi ?" 1

Mais peut-on fonder une action politique sur la seule sortie de L'UE. Prenons la sortie de l'Euro. Il n'est pas besoin d'être un expert en économie pour comprendre que cela ne peut s'accompagner que la création d'une monnaie nationale, cette création ne pouvant que s'appuyer sur les grandes lignes d'une politique financière.

Donc soit Asselineau est un joyeux fantaisiste (ce que je ne crois pas vu son CV), soit il nous prend, nous les français, pour des neuneus.

Ce parti est donc déjà dangereux car il nous propose des mesures imposant la mise en place d'une politique économique et financière sans nous dire quelle elle sera. En gros, il nous demande un chèque en blanc.

Mais venons maintenant à la question de savoir si l'UPR est d'extrême-droite. Si on reprend la définition de l'extrême-droite sur Wikipédia2 (qui en vaut une autre), neuf critères sont définis pour reconnaitre un mouvement d'extrême droite:

À partir du cas de la France, Michel Winock (2004) donne les neuf caractéristiques suivantes aux mouvements d’extrême droite qui découlent du discours de la décadence, « vieille chanson que les Français entendent depuis la Révolution » :

  • « la haine du présent », considéré comme une période de décadence ;
  • « la nostalgie d’un âge d'or » ;
  • « l'éloge de l’immobilité », conséquence du refus du changement ;
  • « l'anti-individualisme », conséquence des libertés individuelles et du suffrage universel ;
  • « l'apologie des sociétés élitaires », l'absence d’élites étant considérée comme une décadence ;
  • « la nostalgie du sacré », qu'il soit religieux ou moral ;
  • « la peur du métissage génétique et l’effondrement démographique » ;
  • « la censure des mœurs », notamment la licence sexuelle et l'homosexualité ;
  • « l'anti-intellectualisme », les intellectuels n’ayant « aucun contact avec le monde réel »

Regardons maintenant si l'UPR répond à ces critères.

« la haine du présent », considéré comme une période de décadence

Incontestablement, avec son discours contre l'UE, sur notre soi-disante soumission aux USA, l'UPR "hait" notre présent.

« la nostalgie d’un

âge d'or

Dans la même veine, l'UPR a la nostalgie d'une période où la France aurait été plus indépendante qu'elle ne l'est aujourd'hui.

« la peur du

métissage

Il est intéressant de se pencher sur la vision de l'immigration de l'UPR, ce thème étant le fer de lance de l'extrême-droite française. Si effectivement, comme pour les autres thèmes, l'UPR nous dit que la politique de l'immigration ne peut se discuter qu'après la sortie de l'UE, il est intéressant de constater que l'UPR ne se contente pas de regretter des transferts de compétence vers l'UE de la politique de l'immigration. Il lui reproche aussi la nature de cette politique: la charte1 reproche d'avoir "transformé notre pays en une passoire où entrent sans contrôle les hommes et les marchandises". Un autre article sur leur site3 parle lui "des millions de personnes, quelle que soit leur nationalité, peuvent entrer sans vérification sur le sol français venant de Belgique, du Luxembourg, d’Allemagne, d’Italie ou d’Espagne".

On le voit, l'UPR reprend bien à mots couverts le fantasme d'une immigration sans contrôle et d'une invasion de millions d'immigrés, thèse de l'extrême-droite.

Pour les autres critères, honnêtement, je n'ai pas trouvé dans la charte de l'UPR des propos permettant de relever l'adhésion à tel ou tel critère, mais aucun non permettant de le dédouaner, l'UPR n'en parlant tout simplement pas à ma connaissance.

En conclusion, l'UPR est donc un parti dangereux parce qu'il cache ce que serait sa réelle politique et dont un certain nombre de critères permet de l'assimiler à un mouvement d'extrême-droite. J'aurais pu ajouter aussi que le passé de son leader ne plaide guère non plus à le positionner comme un parti centriste ou de gauche, mais cette question ayant déjà été traitée sur d'autres billets, je ne la développe pas ici.

1. http://www.u-p-r.fr/charte-fondatrice

2. ¨http://fr.wikipedia.org/wiki/Extr%C3%AAme_droite

3. http://www.u-p-r.fr/vos-questions-nos-reponses/immigration

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