Le 18 mars sera certainement marqué d'une pierre blanche (ou rouge) dans la longue carrière politique de Jean-Luc Mélenchon.
Une journée incontestablement réussie, une participation au delà des espérances les plus folles des organisateurs, qui renvoie la participation du meeting sarkosien à 3 millions d'Euros au public d'une fête patronale. Que va pouvoir proposer de mieux Mélenchon maintenant?
Faut-il que le peuple de gauche aie si longtemps attendu la voix qui pourrait l'entrainer de nouveau vers l'espoir pour se jeter ainsi dans les bras d'un tribun dont la carrière politique est l'exemple même de ce qu'il dénonce par ailleurs. Car Jean-Luc Mélenchon est aussi un pur produit de la cinquième république. Comme nombre de cadres du PS, Mélenchon commença la politique par le trotskysme (On verra d'ailleurs une certaine ironie à voir les communistes retrouver l'espoir grâce à un trotskyste). Comme nombre de cadres du PS, il cumula dans le temps mandats électifs.
Certes, le peuple aurait pu tomber plus mal. Le moindre des mérites de JLM n'est d'ailleurs pas d'avoir su quitté le confort du PS pour se lancer dans une aventure incertaine. On lui reconnaitra aussi, au-delà de l'habileté stratégique qu'il démontre, de sa capacité à convaincre aussi bien à une tribune que devant les caméras, une certaine sincérité, pour ne pas dire une sincérité certaine, qui font apparaitre les accusations de populistes comme bien réductrices.
Cependant, car ceux qui me connaissent se doutent bien que je ne suis pas devenu subitement mélenchoniste, il y a un mais. Tout comme le PS représente la voie maintenant dépassée de la social-démocratie, le Front de Gauche représente l'autre versant de la gauche conventionelle française, celui d'une gauche centralisatrice avec un penchant pour un collectivisme hors d'age. Ainsi l'espoir du peuple de gauche se trouve emmené vers le programme commun de 1981 vaguement reverdi. Le seul aspect véritablement novateur, bien que s'appuyant sur des traditions anciennes, est la proposition d'une constituante pour la fondation d'une VI république.
Au delà des désaccords programmatiques que je peux avoir et qui peuvent certainement se discuter, l'autre point faible que je relève est que la stratégie semble s'arrêter fin avril 2012. Au delà, le FDG va se fracasser comme toutes les autres formations alternatives au PS à gauche à la logique mortifère des institutions de la V république: ou s'allier avec le PS toujours dominant, ou rester une force contestataire sans réel impact sur la société.