Grèce: vers des législatives anticipées

Cette semaine se tenait en Grèce le premier tour des élections présidentielles. Les résultats comme on pouvait s'y attendre laissent penser que l'on se dirige vers des législatives anticipées, où l'on pourrait voir Syrisa arriver en tête.

Cette semaine se tenait en Grèce le premier tour des élections présidentielles. Les résultats comme on pouvait s'y attendre laissent penser que l'on se dirige vers des législatives anticipées, où l'on pourrait voir Syrisa arriver en tête.

Le président de la république est élu en Grèce par le parlement et doit obtenir pour être élu 2/3 des voix, soit 180 députés sur 300. Le président actuel, Stavros Dimas, n'a obtenu que 160 voix. Deux tours sont encore prévus mais comme les partis ne participant pas à la coalition gouvernementale se sont engagés à ne pas voter pour le candidat gouvernemental, il est probable que Dimas ne trouvera pas les 20 voix qui lui manquent. Ce qui conduira, suivant la constitution grecque, à la dissolution du parlement et à la tenue de législatives anticipées.

Législatives où le parti de gauche "radicale" Syrisa pourrait bien arriver en tête, si l'on suit le résultat des dernières européennes et des sondages depuis. Cela serait alors à ce parti de former une coalition pour former le nouveau gouvernement (puisqu'il est quand même improbable que Syrisa obtienne la majorité absolue).

Perspective qui affole beaucoup de monde, Syrisa voulant sortir de la politique plus ou moins imposée par la troika (plutot plus que moins), tout en restant dans la zone Euro et l'UE. C'est ainsi que la bourse grecque s'effondre, que la commission européenne s'ingère dans cette élection de façon voyante et que cette élection semble donner lieu à des manoeuvres plus que douteuses.

C'est ainsi qu'un député du parti euroseptique de droite, les Grecs Indépendants, affirme avoir été approché par un intermédiaire pour lui proposer une somme de 2 à 3 millions d'euros pour voter pour Dimas. Il n'a donné aucun élément à ce stade pour étayer son affirmation mais cela donne une idée du climat dans lequel se déroule cette élection ( http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20141219tribef6a1bae4/grece-a-t-on-tente-d-acheter-la-presidentielle.html).

L'arrivée au pouvoir d'un parti tel que Syrisa, ouvertement opposé aux politiques austéritaires qui ont la faveur de l'UE et de tous les gouvernements des états qui la composent, serait un véritable test pour l'UE et sa capacité à accepter les choix démocratiques des états qui la composent.

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