Le Père Vert Pépère

Abonné·e de Mediapart

317 Billets

2 Éditions

Billet de blog 23 décembre 2011

Le Père Vert Pépère

Abonné·e de Mediapart

Mondialisation versus Nationalisme

Le Père Vert Pépère

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le débat fait rage en ce moment sur Médiapart, partisans de la mondialisation, soulignant les dangers d'un repli identaire, contre partisans d'un ressaisissement de l'état-nation, exaltant les vertus patriotiques. Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre, ce billet n'entend pas accentuer cette opposition, mais souligner que les frontières ne sont pas aussi claires entre ces deux concepts.

Tout d'abord, l'histoire de l'humanité est, pourrait-on dire, une succession de mondialisations. Des premières migrations des premiers hommes à partir du berceau africain vers la totalité de la planète, en passant par les constitutions d'empire chinois, romain ou ottoman, on arrive ensuite aux empires coloniaux, au néo-colonialisme puis à la mondialisation économique actuelle. Ce dont on parle ici est donc la forme actuelle de la mondialisation, que l'on qualifiera de mondialisation néo-libérale.

Le monde, et c'est relativement récent, est maintenant constitué uniquement d'états-nation. Force est de constater que la mondialisation néo-libérale s'accomode fort bien de l'existence d'états-nation. On peut même dire que la mondialisation néo-libérale a commencé à partir du moment où la forme état-nation s'est imposée à travers le monde avec la fin de la colonisation.

Une fois ces éléments posés, qui permettent d'établir, d'une part que la mondialisation, sous différentes formes, a toujours existé et d'autre part, que mondialisation néo-libérale et états-nation ne s'opposent pas, bien au contraire, il convient d'en venir aux questions sous-jacentes de cette opposition.

La mondialisation néo-libérale a conduit à un transfert du pouvoir économique vers les entreprises privées. Les peuples, partout dans le monde, sont donc privés d'exercer leur droit de souveraineté sur les décisions économiques. Il est important de noter que les entreprises privées n'ont eu nul besoin d'arracher ce transfert, nul besoin de coup d'état pour obtenir ce pouvoir. Celui-ci leur fut abandonné par les pouvoirs politiques, démocratiques ou non, donc par les différents états-nation.

La question réelle qui se pose, et qui est partagée, est donc: comment redonner aux peuples la souveraineté sur les décisions économiques? Et c'est là où les réponses divergent. Les uns pronent que les états-nation reprennent les pouvoirs qu'ils ont abandonnées tandis que les autres pronent de transférer la souveraineté démocratique a des espaces plus larges. Où plutôt pour ne pas trop cariturer, donner la priorité à l'un ou à l'autre.

Les uns et les autres, dans la fougue de leurs argumentations, n'évitent pas certains dangers.

Ainsi, les mondialistes, pour les appeler comme cela, sous-estime le danger de constructions supra-nationales où la construction démocratique n'est pas faite au même rythme que le reste de la construction. C'est par exemple le danger majeur de la construction européenne actuelle.

Par ailleurs, les souverainistes nationaux, pour les appeler ainsi, ont tendance à trop faire appel à des qualifications identitaires un peu trop simplistes (les allemands sont ceci, les chinois cela, etc...), pouvant alimenter la compétition entre peuples.

En conclusion, et puisque l'on me classera plutôt dans les mondialistes, je dirai que le problème n'est pas pour moi la nation, mais la compétition entre nations.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.