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Billet de blog 26 juillet 2013

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A quoi sert Mélenchon dans un parlement qui ne servirait à rien?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Cet article est inspiré, comme son titre le suggère, par l'article de Ludovic Lamant (http://www.mediapart.fr/journal/international/150713/quoi-sert-melenchon-au-parlement-europeen) et ses nombreux commentaires.

Tout d'abord, je réponds à la question posée maintes fois dans les commentaires de l'article d'origine. Pourquoi Mélenchon? Mais bien sur tout simplement parce que c'est un homme politique de premier plan, qu'il est le principal porte-voix d'une force politique qui a émergé et pris de l'importance en quelques années, qu'il a été un candidat brillant (quoi qu'on pense par ailleurs des idées qu'il porte et de son mode de fonctionnement) aux dernières présidentielles et qu'il sera probablement encore candidat aux prochaines. Ce n'est donc par un acharnement suspect que l'on s'intéresse plus à Mélenchon qu'à un député Lambda, mais une conséquence logique de la place prise par JLM dans le paysage politique français.

Mais venons-en maintenant au but de ce billet. Ce questionnement sur le rôle de Mélenchon au PE me semble représentatif d'une question plus vaste. Quelle est la meilleure stratégie pour qui veut changer la société, entrer dans les institutions pour la changer de l'intérieur ou rester en dehors pour la contester avec plus de vigueur et de cohérence?

Pour rester dans la personnalisation, l'action de José Bové au PE entre incontestablement dans le choix d'entrer dans les institutions pour tenter de faire bouger les choses de l'intérieur. Il participe pleinement au travail de parlementaire européen et tente d'influer sur les choix. Ce qui est tout à fait respectable

Au contraire, Mélenchon se présente aux élections du PE principalement pour contester l'institution elle-même. Il ne participe donc pas ou peu, il le dit lui-même, au travail habituel d'un député européen puisque selon lui, le parlement européen n'a aucun pouvoir. Ce qui est tout aussi respectable.

Il est à la fois paradoxal et significatif, et c'est pour cela qu'il est intéressant de personnaliser ce débat, de constater que leurs parcours respectifs auraient pu laisser penser qu'ils aient fait chacun des choix contraires.

Ainsi donc, José Bové, le démonteur de MacDo, le faucheur d'OGM, le leader altermondialiste est donc devenu ce député besogneux (au sens noble du terme) qui se plie aux règles de fonctionnement de l'institution!

Ainsi, Jean-Luc Mélenchon, 30 ans au PS, 3 mandats de sénateur, ministre dans un gouvernement socialiste, est devenu un des porte-paroles principaux de ceux qui contestent le système!

Cette inversion de trajectoire, qui est finalement leur point commun, tient peut-être à ce que tous les deux ont constaté les limites de leurs actions antérieures. Et qu'ils ont donc voulu poursuivre leurs objectifs en changeant de stratégie.

Pour ma part, et c'est la conclusion que j'en tire, je pense que ni l'une ni l'autre de ces stratégies n'a pu démontrer son efficacité. Elles sont toutes les deux à côté de la plaque.

Alors comment faire? Comment parvenir à changer la société? J'y reviendrai peut-être dans un autre billet.

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