La France en tenaille

La France se trouve prise entre 2 menaces: une extérieure, le terrorisme de Daesh, et l'autre venant de son propre gouvernement.

La menace terroriste

La menace terroriste ont pris une ampleur sans précédents en 2015. La France est en première ligne, mais elle est loin d'être la seule. Tunisie, Belgique, Mali, Russie , Turquie ont conu diverses attaques terroristes en 2015.

La politique de Daesh vise à semer le chaos et pourrait bien y parvenir, le chasseur russe abattu par la Turquie en étant un exemple, montrant le risque d'une confrontation incontrolée entre les multiples intervenants dans une région devenue le lieu concentrant nombre de conflits.

La menace est précise, concrète et terriblement présente. Elle est aussi nouvelle. Pour la première fois, une organisation terroriste dispose d'une armée, contrôle un territoire, y lève l'impot et y met en place une administration. Qu'on le reconnaisse ou pas, de fait, c'est un état.

Répondre à cette menace immédiatement est donc une nécessité et l'action militaire est un de ces moyens. Cette action militaire doit cependant être efficace et ne pas simplement être de l'affichage. Elle doit donc devenir l'objectif principal de tous les intervenants alors qu'aujourd'hui, les différents intervenants privéligient leurs supposés intérêts particuliers, qui doivent aussi donc se coordonner.

Si cette réponse immédiate est nécessaire, elle n'est pas suffisante. Si on ne veut pas répéter les erreurs du passé  (Irak, Syrie...), l'après doit être préparé AVEC tous les acteurs locaux. Simplement détruire Daesh non seulement ne suffira pas, mais engendrera d'autres chaos.

C'est complexe, et l'on n'oublie pas les responsabilités multiples des pays occidentaux dans l'émergence de ce chaos, mais ces responsabilités ne peuvent être prétexte à ne pas agir.

L'état d'urgence en France

 En France, l'état d'urgence a été décrété dans les heures qui ont suivi les attaques terroristes. Si cet état d'urgence pouvait se justifier dans les jours qui suivaient ces attaques, sa prolongation pour 3 mois et encore plus le projet de constitutionnalisation de cet état d'urgence font plus que poser question.

L'état de droit, la séparation des pouvoirs sont faits pour éviter les abus de pouvoir. Si des situations peuvent amener à mettre en suspens ces protections, cela ne peut se faire pour qu'une courte période. Sinon c'est la porte ouverte à ces abus de pouvoir.

Deux semaines seulement après les attentats, les dérives sont déjà présentes. Les mesures prises dans le cadre de cet état d'urgence ne visent déjà plus seulement des personnes pouvant être légitimement suspectés d'être liés au terrorisme de Daesh, mais se tourne vers des activistes ou des militants écologistes avec qui l'on peut être d'accord ou pas, mais que l'on ne peut guère soupçonner d'avoir des liens avec Daesh.

Ainsi, en simplement 2 semaines, l'état d'urgence dérive gravement pour tenter de supprimer toute manifestation d'une expression libre, que cela est un rapport avec le terrorisme ou non.

En conséquence, rappelons le, une moindre efficacité dans la lutte anti-terroriste. Et surtout, l'abandon de nos principes démocratiques.

C'est une première victoire accordée à Daesh.

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