MUNICH au Festival de Cannes

Le Festival de Cannes projète un film sur les JO de Munich sans mentionner les atentats. L'année où Spielberg préside le jury!

 Vendredi 17 mai 2013 le Festival de Cannes nous a offert dans la catégorie « classic » un film de 1972 à la gloire des Jeux Olympiques de Munich. Huit réalisateurs célèbres, qui ne nous épargnent aucune image de l’effort du moindre atlhéte. Un film médiocre pour tout dire.

Aucun des  deux présentateurs, ni Thierry Fremaux ni Claude Lelouch, n’a évoqué, même brièvement, le drame qui s’est joué cette année-là à Munich. Pour donner une idée du niveau de l'intervention de Lelouch, il nous livre une anecdote  : il a filmé un juge qui dort lors des jeux et Milos Forman lui demande d’utiliser ces images pour son propre reportage! Passionnant, non?

Pas un mot sur le DRAME qui s'est joué cette année-là

En 1972 on a assassiné 11 athlètes israéliens venus participer aux Jeux.

Aucune épreuve n’a été annulée pour autant.

Quand on pense que ces jeux Olympiques étaient organisés en Allemagne pour effacer l’image de ceux de 1936 à Berlin, on ne peut qu’être atterrés. Comment peut on oublier d’informer un public venu du monde entier? Beaucoup de jeunes présents n’étaient pas nés à l’époque de Munich. Incompréhensible.

Cette faute intervient l’année même où Spielberg préside le Jury du Festival.  Sans doute n’en a-t-il rien su ?

Spielberg a en effet réalisé un film sur cette tragédie de Munich et les suites. Qu’aurait-il pensé de la séance du 17 mai ? Le festival de Cannes nous propose de rire en voyant des haltérophiles rater leurs prestations malgré leurs gros muscles. La majorité des athlètes israéliens tués par des terroristes palestiniens étaient haltérophiles.

Il y a des tas de films qui méritent d’être restaurés. Pourquoi celui-là ?

J’ai posé la question à Thierry Fremaux « Pourquoi ne pas avoir même évoqué ce drame unique dans les annales olympiques ? »

Réponse  : « Je pensais que Claude Lelouch allait en parler »

Si Claude Lelouch avait une conscience politique, on l’aurait remarqué.

À  l’heure où vous lirez ces lignes, Thierry Frémaux a sans doute décidé de m’enlever mon accréditation.

 

 

 

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