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Billet de blog 20 octobre 2025

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Sécurité sociale 80 ans de solidarité menacés par l’hypocrisie du pouvoir

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Sécurité sociale 80 ans de solidarité menacés par l’hypocrisie du pouvoir

Le gouvernement illégitime, né de la volonté d’un seul contre la voix du peuple exprimée en juillet 2024, ose aujourd’hui se servir du 80ᵉ anniversaire de la Sécurité sociale pour se donner des airs d’héritier d’un modèle qu’il méprise.
Ce pouvoir qui vient de déposer le budget le plus antisocial pire que celui du précédent gouvernement qui s’est auto censuré, qui succédait à deux autres tout aussi sourds à la détresse sociale, poursuit sa politique d’arrogance envers celles et ceux qui n’ont pas les moyens de se soigner ni de vivre dignement leurs vieux jours.

Qu’est-ce qui dérange cette frange de “politicards” ? 

Est-ce le principe même de solidarité ? N’ont-ils pas honte de vouloir donner un prix à la santé, quand tant de familles renoncent déjà à se soigner faute de moyens ?  Solidarité et justice sociale, deux mots qu’ils ne comprennent plus ou qui ne font pas partie du dictionnaire de la droite bleue et rose. 

Un anniversaire dévoyé

En cet anniversaire de la création de la Sécurité sociale, l'éphémère  ministre Lecornu annonce qu’il veut “interroger le modèle” auprès des syndicats. Mais quel cynisme ! Car ce modèle, ce sont eux et leurs amis qui l’ont sabordé, pas à pas, depuis sa naissance.

La Sécurité sociale est née de rien — de la misère, mais aussi d’un immense espoir. Et lorsqu’un déficit apparaissait, on augmentait les cotisations : car la santé n’a pas de prix, et la solidarité était gérée par ceux qui travaillaient, via les syndicats.
C’était du bon sens populaire : chacun cotise selon ses moyens, chacun reçoit selon ses besoins.  Nous devons revenir à l’esprit de la grande la sécurité sociale publique avec  la gestion confiée exclusivement aux syndicats, représentants légitimes du monde du travail.

De la solidarité aux “charges”

Depuis des décennies, la droite, bleue ou rose, n'a qu'un mot à la bouche : les charges. Et quand ils disent “charges”, entendez : “malades, retraités, accidentés = poids pour la société”. A demi-mot, ils vous disent qu’il faut s’en débarrasser.

Pourtant, c’est grâce à ces soi-disant “charges” que le peuple français a gagné près de vingt ans d’espérance de vie. La solidarité n’est pas un coût : c’est un investissement humain, c’est un gain d’humanité.

Le mythe du “trou de la Sécu”

En fragmentant la Sécu en multiples caisses ( maladie, famille, vieillesse, autonomie) ils ont créé un déséquilibre artificiel.

Depuis des années, la droite et la macronie  fabriquent artificiellement le déficit pour justifier leurs coupes. Ainsi, quand l’une est excédentaire et l’autre déficitaire, ils annoncent une faillite globale. C’est de la manipulation comptable. Les comptes de 2024 le prouvent pourtant : 26,2 % du PIB en dépenses, 26,2 % en recettes. Aucun déficit global. ( source : https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000051655208/?detailType=CONTENU&detailId=1)

En creusant un peu vous allez vous rendre compte que  quand on additionne les chiffres, les 15 milliards de soi-disant “trou” annoncés correspondent simplement au versement à la CADES, cette machine à détourner nos cotisations.

Les vrais chiffres qu’ils vous cachent: 

  • Caisse accidents du travail : +700 millions
  • Branche famille : +1 milliard
  • Branche autonomie : +1,3 milliard
  • Branche maladie : –14 milliards (déficit artificiel créé par le financement du Ségur sur le dos de la santé)
  • Branche vieillesse : –5,6 milliards, qui auraient été comblés par 1 point de cotisation patronale supplémentaire, ou en arrêtant d’exonérer les grands groupes. 
  • 2 milliards de TVA non versée comme prévu. 

Sachez quand même que pendant qu’ils pleurent sur 15 milliards de soi-disant déficit, le gouvernement exonère plus de 70 milliards de cotisations. Trois fois le soi-disant “trou” qu’ils dénoncent ! Rendez l’argent. La santé n’a pas de prix.

Les solutions qu’ils refusent

Ce pouvoir s’oppose à toute mesure qui renforcerait la solidarité. Quelques exemples :
- Aligner les salaires des femmes sur ceux des hommes (+25 % de revenus). Voilà de quoi régler le problème avec une certaine équité et égalité et plus aucun déficit des retraites.
- Supprimer la dégressivité des cotisations au-delà de 3900 € mensuels (gain estimé : 10 milliards).
- Soumettre la participation et l’intéressement aux cotisations sociales (encore plusieurs milliards).

Ces trois mesures simples, justes, plébiscitées par la population, sont systématiquement rejetées. Pourquoi ? Parce qu’elles touchent aux privilèges des plus riches.

80 ans plus tard : un combat à poursuivre

Ce gouvernement ne célèbre pas la Sécurité sociale : il l’utilise. Il ne rend pas hommage à la solidarité : il la détricote. Mais la Sécu n’est pas un souvenir, c’est une conquête. Elle n’appartient ni aux ministres ni aux marchés, mais à celles et ceux qui travaillent, cotisent et vivent de leur labeur.

À 80 ans, la Sécurité sociale reste notre plus belle invention.
À nous de la défendre, pour les 80 prochaines années.

Faisons que cet déclaration dure indéfiniment pour la gloire des esprits solidaires: 

alinéas 10 et 11 du préambule de la constitution du 27 octobre 1946

« La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à son développement »  

« La Nation garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler, a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence »

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