Si je devais parler des Lectures sous l'arbre...

… Si je devais parler des Lectures sous l’arbre, je voudrais pouvoir en réunir quelques instantanés qui longtemps après font relief, continuent de miroiter au fil des jours ordinaires ;

… Si je devais parler des Lectures sous l’arbre, je voudrais pouvoir en réunir quelques instantanés qui longtemps après font relief, continuent de miroiter au fil des jours ordinaires ;

et ce dès l’arrivée sur le grand pré fauché - les tôles cuites des carrosseries en plein midi, au-dessus des livres les toiles blanches soulevées par le vent ;

rares journées d’août, qui voient se rassembler en nombre lecteurs, auteurs, peintres, musiciens, éditeurs, comédiens, stagiaires, bénévoles, présences attentives, bienveillantes, où s’offre aux textes poétiques le privilège d’une audience plénière, absolue ;

pour chambre d’écoute autour de la parole, une lisière ombragée, une clairière, le bord d’un champ, les hauts sapins, ou l’intimité de la yourte - la force des lieux tient sa partie dans l’intensité des rencontres ;

le sentiment qu’il se joue là quelque chose d’unique et de nécessaire, pour que puissent s’obstiner dans le fatras du monde la veille de chacun, le travail en retrait le plus souvent de la création ;

précieuses rencontres des auteurs avec les lecteurs, où s’allient à merveille intériorité, concentration et échanges purement festifs – un goût d’enfance dans ces repas servis sous l’arbre, avec en prélude le concours des musiciens dont les partitions parfois s’envolent au gré d’un courant d’air;

j’en reviens chaque fois avec un fort sentiment de gratitude, une confiance renouvelée dans la dimension essentielle du travail poétique, dans cette possibilité qui existe bel et bien de partager avec d’autres la même ferveur.

 

M.-L. Zoss

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