Aux Lectures sous l'arbre ...

On entend le bruit que font les mots quand ils sont prononcés, dehors, parmi des attentifs. Et parmi des arbres. On entend ce qui résonne en soi dans les mots des autres. On reçoit ce qui résonne en l’autre dans ses mots à soi. On entend aussi le vent , s’il y a du vent.  On sent la pluie, s’il y a de la pluie (avant d’aller s’abriter). Et s’il y a du soleil : on sort les chapeaux. On n’est pas dans une bulle  imperméable et insonorisée. On est là. On entend ce qui coule et ce qui cahote dans les phrases lues à haute voix.  Les sons hésitent à suivre les sens, et vice-versa. La mémoire se réveille, et  le présent s’enthousiaste. On peut choisir de s’asseoir un peu à l’écart, on peut choisir de feuilleter des livres. Ou parler à des autres : des amis retrouvés, des tout juste rencontrés. On prend des rendez-vous, sans agenda. On peut se taire. On peut aussi partir dans les collines d’à côté, continuer d’entendre  dans ses oreilles les échos des poèmes du jour ou de la veille. Il y a quelques images d’artistes aussi, à l’intérieur de la maison. Et de temps en temps de la musique avec des musiciens, dehors. On est ouvert. On déambule. Il y a de l’air. Et des nids. Des livres. Des autres. Et des arbres. De quoi nourrir au-dedans ce qui est affamé, de quoi désaltérer ce qui est assoiffé. De quoi reprendre une grande respiration, avant d’aller retrouver le vacarme des villes, la rudesse des trottoirs. De quoi s’enraciner un peu dans la fin de l’été.

Albane Gellé

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