HUBERT HADDAD, AUTEUR INVITÉ DES LECTURES SOUS L'ARBRE 2019

Né en 1947 à Tunis, Hubert Haddad est romancier, poète, dramaturge, essayiste et peintre. Auteur d’une œuvre considérable, il nous entraîne dans son parcours d’intellectuel et d’artiste, avec des titres comme Palestine (Prix Renaudot Poche, Prix des cinq continents de la Francophonie), les deux volumes foisonnants du Nouveau Magasin d’écriture, ou le très remarqué Peintre d’éventail (Prix Louis Guilloux, Grand Prix SGDL de littérature pour l’ensemble de l’œuvre).

 

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Retrouvez Hubert Haddad pendant les Lectures sous l'arbre :

À la table d'Hubert Haddad : repas, lectures, échange avec l'auteur dans un restaurant local.

Vendredi 23 août à 12h (départ de l'Arbre vagabond). 22 euros, nombre de places limité.

Parcours de lecteur : Hubert Haddad choisit de présenter trois livres de la librairie.

Samedi 24 août à 9h45 (librairie de l'Arbre vagabond). Gratuit.

Une heure avec Hubert Haddad : lecture de Un monstre et un chaos.

Samedi 24 août à 14h30 (à l'Arbre vagabond). Gratuit.

 

« Damya n'a pas oublié sa voix rieuse un peu grave ni la couleur cendrée de ses yeux. Mais comment s'appelait-il ? Elle ne se souvient pas. Une blessure s'étire à l'endroit de son nom. Damya ne danse plus, elle marche d'un pas incertain dans la ville. Une mouette à l'aile cassée ne saurait s'envoler, à moins que le vent l'emporte. Damya marche depuis l'aube entre deux gares et la Seine. Il y a un monde fou à cette heure. Elle arpente des ponts métalliques, des escaliers et des halls ; elle déshabille du regard les silhouettes qui défilent, certaines en particulier dans la foule, les moins hâtives, les plus décharnées. Damya ne peut plus voler par-dessus les rêves de la ville. Elle marche en appuyant le pied droit de manière subreptice, comme si elle craignait de perdre l'équilibre. Distraite à tout moment par une allure, çà et là, un maintient d'homme au guet, ou l'éclat d'un visage à distance, de l'autre côté des multitudes, elle se retient de courir. Son genou ne la fait plus souffrir ; le champ sonore s'est peu à peu rétabli autour d'elle. Sa phobie des attroupements a fini par se délier à force d'aller et venir. Tout au fond d'elle, confusément, une sorte de péril démesuré la mine, comme l'imminence d'un séisme ou d'un raz de marée d'une ampleur inconnue. »

Hubert Haddad, Casting sauvage (Zulma, 2018)

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