Ma semaine chez les blouses blanches

Vie diurne et nocturne d'un service hospitalier de chirurgie vu par un patient hospitalisé en urgence. Le vécu d'un citoyen lambda, pour une belle page de médecine hospitalière qu'il faut soutenir. Oui notre service de santé est très certainement l'un des meilleurs et des plus solidaire, de loin le plus humain. Je n'en suis pas à ma première expérience mon constat est sincère.

Il est de nombreux témoignages sur notre service publique de santé. Pensionnaire bien involontaire du service de chirurgie A du CHBA de Vannes pendant la période du lundi janvier au lundi 1er février, je souhaite vous faire partager une partie de ce vécu d'un opéré en urgence suite à un trauma sportif (chute de roller à l'entrainement) .

Pris en charge par le service de secours des pompiers je traverse le service d'urgence assez rapidement mais douloureusement. Radiologie, diagnostic, " Fracture de la tête du fémur, nécessité de poser une prothèse." Accueilli dans le service de chirurgie A 2 ème étage je serai opéré le lendemain par le chirurgien de garde. Mon séjour durera un peu moins de huit jours. 

Venons en maintenant à ces moments pendant lesquels vous dépendez quasi-totalement de l'autre pour tout ce qui concerne la vie de ce corps blessé et douloureux. Tout, cela veut dire, soins, hygiène, entretien, nourriture  traitement. L'autre c'est le soignant, l'aide soignant, tout ce personnel qui va jour et nuit vous assister, vous soigner. 

Mes trois premières nuits furent des nuits blanches pour de multiples raisons, au nombre desquelles la douleur avant l’intervention et d'autres problèmes qui vont me permettre de vivre de l'intérieur les interventions quotidiennes de ce personnel. Mon voisin de chambrée, très handicapé va les occuper et les mobiliser à plusieurs reprises (jusqu'à six fois dans la même portion de nuit). Pour des problèmes sérieux et des besoins qui nécessiteront à plusieurs reprises des nettoyages, des literies à faire et à refaire. Sitôt fait que c'était à recommencer. Passons sur les détails mais arrêtons-nous sur la manière. 

Elles ont été toute cette nuit là merveilleuses de gentillesse et de compréhension, une patience extraordinaire une douceur dans le propos et dans le faire qui vous laisse béat d'admiration. Quand bien même l'on pouvait soupçonner un peu de lassitude, le scénario se rejouait je crois dans une chambre voisine. 

L'on prend alors là, la vrai mesure de la difficulté de ce métier mais aussi toute sa noblesse. Impossible à faire sans ces qualités humaines, empathie, sérieux, compétences. 

Non soigner n'est pas un "métier " comme les autres. 

Bravo les filles, Bravo et Merci . 

L'effronté. 

 

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