Le consensus recherché.

A le recherche d'un consensus de façade, le pouvoir n'hésite pas à falsifier les faits pour tenter d'y parvenir et imposer des mesures antisociales pendant ce temps. En même temps.

Le consensus est recherché par le pouvoir, car il signifie absence de contestation sociale. La tendance vers cet état permanent, béat et manipulé, est observée essentiellement au travers de sondages plus ou moins trafiqués. D'ailleurs, instituts qui « mesurent » et médias qui cultivent appartiennent aux mêmes, qui sont au pouvoir. Mais aussi au travers de la marginalisation de la contestation, ignorée ou pourfendue par les médias au service, juridiquement encadrée comme jamais.

 

Des événements plus ou moins fortuits  (Johnny) y mènent. Les politiques en profitent en encadrant ces événements à l'aide de discours ou processions. La compassion solidarise.

Même si ces politiques dérapent un peu : Hollande qui met une kippa sur la tête au soir d'une journée nationale de la laïcité, Macron qui compare Johnny à « une force qui va », citant Victor Hugo, mais c'est une force qui va ...vers les ténèbres !

Si le ridicule ne tue pas, il n'empêche pas non plus la courbe de monter.

 

Et si les faits ne suffisent pas, le pouvoir, dans son accompagnement d'une situation, falsifie par action ou par omission. Pour faciliter le consensus fabriqué, pour faire monter la courbe, malgré de nombreuses décisions qui devraient être impopulaires, « en même temps ».

Affirmant sans aucune gêne à des enfants qu'à Villers-Cotterêts « le roi a décidé que tous ceux qui vivaient dans son royaume devaient parler français », il falsifie l'histoire pour monter une opération avec son ami Bern. Il n'est pas à une erreur prêt, mais l'enseignement est un métier. Cette opération de communication autour du patrimoine et de la langue, c'est toujours pour aller dans le même sens, la recherche d'un consensus de façade, avec un animateur de télé populaire, qui se mêle d'histoire, façon Deutsch.

Autre magouille : l'enterrement de d'Ormesson. L’intéressé était populaire (décidément). Donc, discours du Président. Il a une face ignoble, on occulte : rédacteur en chef du « Figaro » en 1994, alors que le génocide du Rwanda est consommé, l'armée française et l'église un peu ennuyées, le journal envoie là-bas son brillant journaliste qui commet un article odieux : « Ce sont des massacres grandioses dans des paysages sublimes » ou encore : « La leçon de cette tragédie, c'est que les hommes sont tous coupables et tous innocents ».

Daniel Mermet : alors, « Prenons les Arméniens, les Juifs, les Tsiganes, le Khmers, les Kurdes et les Tutsis. Ils sont innocents, certes, mais, en même temps, ils sont coupables ».

D'Ormesson odieux, négationniste ? On en parle pas. Cela ne cadrerait pas avec le but de la manœuvre.

 

Et pendant ce temps, après la suppression de l'ISF, la réforme du code du travail, la pérennisation du CICE, suppression de l'état d'urgence...qui devient le droit commun, diminution des emplois aidés, traque aux chômeurs, transfert de budget de l'école publique vers le privé, continuation de quelques guerres, ventes d'armes etc …

 

La courbe monte... voyez, les gens sont d'accord !

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