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L'ordinateur nuit à la mémoire : des scientifiques mettent en garde contre "la démence numérique"

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70864.htm

Le professeur de psychiatrie Manfred Spitzer (basé à Ulm, Bade-Wurtemberg) se prononce après des recherches longitudinales contre un contact précoce et fréquent des enfants avec les ordinateurs et l'Internet. "Les médias numériques sont nuisibles au développement de la mémoire, ne sont pas adaptés à l'encouragement de l'apprentissage et provoque des dépendances", a déclaré le chercheur dans une publication. Il remet donc en question l'utilisation des médias numériques dans les processus d'apprentissage, soutenant que "si l'ordinateur prend en charge une part du travail mental traditionnel, travail mental qui est à la base de développements cognitifs du cerveau, alors il peut arriver que l'utilisation trop fréquente de l'ordinateur nuise au développement de mécanismes cognitifs importants, comme ceux de la concentration et de la mémoire". Les études PISA, dans lesquelles les données de près de 300.000 élèves de 15 ans avaient été recueillies, ont montré que les adolescents ayant le plus accès à un ordinateur personnel à l'école étaient également ceux ayant en moyenne les moins bonnes notes. Et si le développement de nouvelles compétences informatiques ne saurait être mesuré dans le système scolaire traditionnel, le "zapping" d'information généré par les technologies numériques est pour les études citées le facteur le plus marquant de perte de concentration prolongée.

Le neuroscientifique, dont le livre intitulé "La démence numérique. Comment pouvons-nous apporter un nouvel apprentissage à nos enfants" vient de paraître, se base sur les résultats d'une enquête récente menée par 62 professeurs d'universités allemandes. Selon cette étude, des compétences importantes comme la logique argumentative, la capacité de saisir ou résumer un texte et la capacité de concentration seraient amoindries chez les plus jeunes étudiants universitaires ayant grandi avec l'avènement de l'Internet. Selon les chercheurs en neurosciences, ces déficits seraient dus à une sorte d'overdose numérique, un mécanisme chimique de stress cérébral causé par le zapping informationnel. Ainsi Spitzer ne se prononce pas en faveur du principe généralisé du travail rapide et multitâche, pourtant valorisé dans le monde professionnel. Selon lui, les recherches récentes montrent que cette tendance développe surtout chez l'individu un mécanisme de "saut" rapide entre diverses informations peu ou mal traitées, individu qui s'entraînerait ainsi lui-même à un trouble de l'attention.

Origine :

BE Allemagne numéro 581 (5/09/2012) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70864.htm
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