La menace qui pèse sur la russie c'est la concurrence des USA envers l'iran chiite, l'aidant manu militari à devenir une puissance régionale. Les iraniens ont fait monter les enchères auprès de russes qui ont toujours soutenu les pouvoirs sunnites comme en irak passé depuis aux mains des chiites.
Le lachage du pouvoir sunnite par les américains date de l'attentat contre bush à la suite de la première guerre contre l'irak visant à libérer le koweit se matérialisant par son invasion. La réponse sunnite a été la création d'organisations terroristes anti- américaines financées par l'arabie saoudite culminant avec l'attaque sur les tours jumelles.
La russie a mis du temps à réorganiser sa politique étrangère, son soutien à l'iran étant d'une prudence notoire comme la non livraison pendant deux ans de missiles anti aériens de dernière génération, et leur non participation au programme nucléaire iranien (missiles pourtant payés à l'instar de nos mistral....)
Mais comme il ne faut pas toucher aux intérêts stratégiques russes dans les anciens pays de l'est, il ne fallait pas mettre en danger le port de Lattaquié en réponse à la prise de la Crimée qui à l'instar de cette péninsule donnant sur la mer noire est le seul port de ravitaillement sur la méditerranée, et c'est ce qu'ont fait non les groupes de Daech mais des groupes qui sont financés par l’Arabie saoudite et les occidentaux car combattant Daech même si leur objectif de long terme est strictement identique mais différent par les moyens misant sur l'éducation islamique et le prosélytisme auprès des populations. L'iran quant à elle tire profit de cette menace directe sur les intérêts russes, l'histoire dira qu'elle a été son rôle dans l'attaque de cette région.
Dans ce bazar la russie prenait le risque de gagner la crimée et de perdre ce port, d'être en un mot marginalisé dans la région ce qui leur a fait se décider pour un renforcement de leur soutien et à l'iran via finalement la livraison de leurs fameux missiles et à Bachar alors même qu'ils étaient en train de négocier son lâchage.
Si l'on veut, hors des circonstances ponctuelles, chercher une constante dans la politique russe c'est leur rappel incessant de la violation par l'otan de son engagement de ne pas implanter de bases militaires dans les anciens pays de l'est qu'ils évoquent à chaque fois qu'ils interviennent militairement.
A l'intransigeance de l'occident répondra l'intransigeance de la Russie, tel est le message et c'est ce à quoi nous assistons.
Là est la confrontation, là peut être la négociation, car ils ont toujours signifié que c'est l'installation de bases militaires de l’OTAN dans ces pays à leur frontière immédiate qui est considérée comme une provocation inacceptable, et non pas leurs régimes intérieurs démocratiques.
Il n'est qu'à voir, en réaction du refus occidental de négocier, l'influence grandissante de la mafia oligarque russe pour comprendre qu'à jouer à ce petit jeu là l'occident prend le risque de tout perdre et les régimes politiques favorables au bloc occidental et aussi, par voie de conséquence, les bases militaires liées à leur proximité idéologique. Le poisson pourrit toujours d'abord par la tête.
Une politique de sagesse et de puissance raisonnée à la mesure du temps long et de l'influence durable devrait consister à faire de ces anciens pays du glacis soviétique une zone démilitarisée pour tous. Dès lors la Russie triomphante d'un tel succès aux frontières bien assurées, débarassée du tir au pigeon contre ses armes nucléaires pourrait détendre sa politique extérieure mais aussi intérieure, faute de quoi l'accord éventuel deviendrait caduque. Au jeu de tu me donnes je te te donne c'est la stabilité qui gagnerait avec elle la possibilité de renouer avec la sphère marchande des échanges.
Il fut bien un Kennedy qui contre un kroutchev fou furieux de voir des bases de l'otan en turquie aux marches de son empire livra des missiles nucléaires à Cuba avec un Castro bien décidé à atomiser les américains, négocia pourtant la fermeture des bases les plus critiques en contrepartie de leurs retraits sans bien au contraire perdre la face et maintenir le rang des USA. A noter que Kroutchev fut démis de ses fonctions pour cause d'aventurisme un peu plus tard, à bien raisonner négocier pourrait permettre de sceller le sort de Poutine.
Dès lors le fracas des armes et l'escalade dans les provocations pourraient s'estomper.
Mais qu'attendre de la logique des politiques de puissance de part et d'autre sinon précisément escalades et provocations, certainement pas de la sagesse.
Le train est lancé sans frein ni butoir, et sans homme politique à la Bernie Sanders ou comme en angleterre qui prennent le relais c'est à la confrontation régionale entre grandes puissances à laquelle inévitablement nous allons assister....à moins d'un sursaut dont tous les êtres humains y compris les dirigeants sont capables lors de grandes catastrophes.
Savoir prendre du recul et penser les intérêts d'un pays sur un plan de plus long terme que la vassalisation des autres nations devient urgent et essentiel..
Bref de quoi s'agit-il, de résister en premier lieu à la tentation de la guerre qui consiste d'abord à considérer que l'une ou l'autre grande puissance est absoute de toute responsabilité dans ce nœud de confrontations intransigeantes d'intérêts, de faire front contre la guerre en favorisant l'émergence de nouveaux politiques qui penseront la défense d'intérêts égoïstes en bons bourgeois ou père de famille ménageant l'avenir en évitant l'humiliation des autres et le jusqu'au boutisme mortifère pour leur propre population sans compter celle des autres.
Mais justement la bourgeoisie n'existe plus, la moitié des richesses du monde est accaparée par 85 familles qui n'ont que la morgue de milliardaires à la Donald Trump à faire valoir. Peut-on rêver qu'un jour ces gens qui vivent sans contingeance tapent du poing sur la table ne serait-ce que pour protéger leurs intérêts?
De là pourrait renaître un commerce bénéfique à l'emploi dont on est privé en pleine crise, de là pourrait renaître l'espoir, cet espoir que les officines et les décisions bureaucratiques de cénacle influencés par les complexes militaro-industriels massacre toujours plus.
Il faut en finir avec l'idée simple mais fausse qu'il n'y a pas d'alternative à moins de se coucher à la continuation du grand jeu d'influence via la politique de la canonnière.
Faute d'un pouvoir économique éclairé préservant ses intérêts, c'est aux peuples de refaire naître une alternative démocratique en propulsant au pouvoir des hommes soucieux d'apaisement, face à des grandes puissances d'argent constitutive d'une oligarchie hors sol qui se pensant à l'abri de tous les tumultes du monde se contrefout des conséquences matérielles et humaines de leur intransigeance.