René Tourte: 10.000 ans de savoir-faire agricole africain en Afrique Tropicale Francophone

UNE HISTOIRE DE L'AGRICULTURE EN AFRIQUE TROPICALE FRANCOPHONEExceptionnellement une place hors rubrique Etonnements pour un travail hors du commun nous faisant redécouvrir que les africains ont des savoirs et savoirs faire en matière agricole qui ont précédé les notres et qu'il n'appartient qu'à nous de miser sur ces compétences quand d'aventure il nous viendrait à l'esprit de les aider. Une somme de six volumes et trois mille pages de l'agronome français René Tourte, qui a vécu trente ans en Afrique, couvrant une période de 10.000 ans.... pour les curieux, ceux qui sont encore perméables au réel, c'est à télécharger ici:http://www.fao.org/docrep/009/a0217f/a0217f00.htm ou en cliquant LA en plus c'est gratuit, là c'est pas de l'étonnement mais de la sidération, le savoir accessible à tous, il y avait longtemps que ça n'était pas arrivé!L'afrique n'a pas d'encyclopédistes mais elle a une histoire et elle est racontée ici en son côté agraire par ce digne descendant de nos grands encyclopédistes, dont j'aurais souhaité qu'il forme à ses méthodes d'analyse, de recoupements, quelques africains, pour qu'ils s'emparent de sa démarche....car une fois ce travail effectué que reste-t-il sinon un occidental ayant publié un ouvrage de grande valeur pour le compte d'un organisme international, un livre de plus, un rapport de plus quelqu'en soit la valeur. Un aperçu en forme d'interview que je reprends plus bas via le site de la Coordination pour l'Afrique de demain ICIou en recopiant ce lien: http://www.afrique-demain.org/scientech-150-lagriculture-africaine-un-passe-plein-de-brillants-futurs ....mais la rubrique Etonnements continue.

UNE HISTOIRE DE L'AGRICULTURE EN AFRIQUE TROPICALE FRANCOPHONE

Exceptionnellement une place hors rubrique Etonnements pour un travail hors du commun nous faisant redécouvrir que les africains ont des savoirs et savoirs faire en matière agricole qui ont précédé les notres et qu'il n'appartient qu'à nous de miser sur ces compétences quand d'aventure il nous viendrait à l'esprit de les aider. 

Une somme de six volumes et trois mille pages de l'agronome français René Tourte, qui a vécu trente ans en Afrique, couvrant une période de 10.000 ans.... pour les curieux, ceux qui sont encore perméables au réel, c'est à télécharger ici:

http://www.fao.org/docrep/009/a0217f/a0217f00.htm ou en cliquant LA 

en plus c'est gratuit, là c'est pas de l'étonnement mais de la sidération, le savoir accessible à tous, il y avait longtemps que ça n'était pas arrivé!

L'afrique n'a pas d'encyclopédistes mais elle a une histoire et elle est racontée ici en son côté agraire par ce digne descendant de nos grands encyclopédistes, dont j'aurais souhaité qu'il forme à ses méthodes d'analyse, de recoupements, quelques africains, pour qu'ils s'emparent de sa démarche....car une fois ce travail effectué que reste-t-il sinon un occidental ayant publié un ouvrage de grande valeur pour le compte d'un organisme international, un livre de plus, un rapport de plus quelqu'en soit la valeur.

 

René Tourte © CAD René Tourte © CAD

Un aperçu en forme d'interview que je reprends plus bas via le site de la Coordination pour l'Afrique de demain ICI

ou en recopiant ce lien: http://www.afrique-demain.org/scientech-150-lagriculture-africaine-un-passe-plein-de-brillants-futurs ....

mais la rubrique Etonnements continue.

Extrait de l'article:

« J’ai découvert que ces gens humbles dont on ne parle quasiment jamais détiennent un savoir immense en matière d’agriculture. Aussi me suis-je posé la question de savoir ce qu’il en était de ces connaissances avant l’arrivée des Européens et plus particulièrement des Français, en Afrique tropicale », résume-t-il. Il suffit d’observer le grand nombre de variétés par exemple de sorgho ou d’arachide présentes en Afrique pour comprendre que celles-ci sont le fruit d’une sélection, certes empirique, mais très poussée, réalisée au cours des siècles par les populations rurales de ce continent.

Dès lors, René Tourte a décidé de « remonter le temps », progressivement, à travers les millénaires, jusqu’au Néolithique, c’est-à-dire à la domestication de plantes africaines comme le mil et le sorgho. Un travail gigantesque, réalisé avec l’appui de son épouse, il tient à le souligner. Preuves archéologiques, écrits de voyageurs, de géographes, de commerçants arabes, portugais, français, anglais, etc…, tous les documents disponibles ont été scrupuleusement épluchés, disséqués, analysés, par ce couple durant de longues années pour mener à bien ce travail colossal que la FAO avait confié à René Tourte dès 1996. « Deux limites m’avaient alors été fixées. M’arrêter aux Indépendances, puisque ensuite nous ne sommes plus dans l’histoire, et me limiter à l’Afrique francophone. Pour autant, je me suis autorisé quelques échappées au-delà des Indépendances mais également vers les Afriques lusophone et anglophone », précise l’agronome.

Les paysans africains possèdent une connaissance de leur terre qui, si elle peut paraître évidente, n’en demeure pas moins surprenante quand on y regarde de plus près. « A chaque type de sol, de terroir, est attribué un nom vernaculaire (Vernaculaire, du latin vernaculum, « indigène », nom donné à une espèce dans la langue locale) qui varie d’un pays à un autre. Mais à chacune de ces unités de sol correspondent des caractéristiques spécifiques, par exemple hydriques ou concernant sa fertilité. A tel point que les paysans ont développé un calendrier des semis en fonction de ces différents type de sols », explique-t-il. Mais le plus étonnant est que les pédologues européens, quand ils sont venus dresser des cartes des sols dans ces différents pays d’Afrique, se sont rendus compte que leurs cartes correspondaient souvent parfaitement à celles, empiriques et virtuelles, que ces paysans avaient élaborées depuis très longtemps

Autre sujet d’étonnement que nous propose René Tourte afin de nourrir notre réflexion, la riziculture, un domaine où, là encore, les paysans africains ont su innover en inventant une bonne demi-douzaine de modes de cultures du riz africain, Oryza glaberrima, dont le berceau, rappelonsle, se trouve au Mali, dans le bassin du Niger. L’agronome évoque notamment la « riziculture pluviale », dans laquelle le riz est cultivé sans être immergé ce qui lui permet d’être moins dépendant d’une ressource abondante en eau. Ilparle de la riziculture de vallée, qui se pratique dans les vallées des rivières et des fleuves. « En l’occurrence, les paysans africains ont fait preuve d’une très grande inventivité en créant une palette extraordinaire de variétés de riz. Imaginez que certains riz aquatiques sont produits dans quelques dizaines de centimètres d’eau, alors que d’autres, que l’on appelle flottants, poussent dans 4 à 5 mètres d’eau, à tel point qu’il faut parfois aller effectuer la récolte en pirogue », s’enthousiasme-t-il face à tant de créativité.

Une créativité qui a conduit ces paysans africains à développer des gammes variétales qui permettent de s’adapter plus ou moins à des crues incontrôlées. « Ils sont allés jusqu’à pratiquer la riziculture en terrains salés, ce qu’on appelle la riziculture de mangrove », renchérit René Tourte. Un mode de culture original qui consiste à abattre les palétuviers présents et à édifier une sorte de ceinture autour du périmètre qui doit être mis en culture, de façon à pouvoir gérer l’entrée et la sortie de l’eau. Au cours d’une première étape, les paysans vident l’eau de mer de ce périmètre et attendent qu’il pleuve afin de semer le riz qui pousse ainsi dans de l’eau douce. A la récolte, il suffit de vider ce périmètre, lequel, et c’est le plus surprenant, est ensuite à nouveau rempli d’eau salée. « L’absence d’eau favoriserait une remontée de sel trop importante, interdisant alors de planter du riz l’année suivante. C’est donc l’eau de mer qui va empêcher la salinisation excessive du sol ! »

Il rappelle que l’agroforesterie, c’est-à-dire un mode d’exploitation des terres agricoles consistant à associer les arbres aux cultures, aux pâturages, « mode de culture que nous aurions soi-disant inventé », souligne-t-il avec un brin d’ironie, est pratiquée en Afrique depuis très longtemps. Et d’évoquer un sultan au Niger qui, au XIXe siècle, protégeait Faidherbia albida, cet arbre providentiel qui grandit au milieu des champs. Qu’un homme vienne à lui couper une branche, on lui tranchait un bras. Quant à celui qui osait l’abattre, on lui coupait la tête !

Sa conclusion malgré le fait que ce secteur est délaissé depuis les années 1980 par les dirigeants et les instances internationales: "je pense que l’agriculture est la richesse principale de l’Afrique, tout simplement parce qu’elle intéresse les Africains, non seulement les producteurs, mais également tous les acteurs de la chaîne en amont et en aval ». D’où l’urgence pour la plupart des pays de l’Afrique tropicale de jouer la carte d’une agriculture durable, parce que leurs potentialités sont considérables et leurs capacités de production peuvent être élevées. Mais outre la volonté politique nécessaire pour y parvenir, l’Afrique devra aussi résoudre le problème chronique du sous-équipement de son agriculture encore largement manuelle. 

Addendum: quitte à penser différemment, en variant nos points de vue, regardez les autres articles de ce site, comme par exemple la fermeture des frontières européennes en tant que vecteur de révolution démocratique au Sénégal ici.

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