D'une contestation don quichotte

L'héritage de l'histoire c'est que les puissants ne peuvent se targuer de droits qu'à condition de respecter les devoirs de leur charge, conserver cet équilibre social est de leur intérêt pour conserver leurs fonctions et postes, les réformistes, tel Rousseau, des siècles des Lumières, (qui comme son nom l'indique représente 100 ans de débats intellectuels je dis ça pour ceux qui le contestent en citant les limitations d'un Voltaire) réclamaient au pouvoir de concéder quelques contre pouvoirs pour renforcer la légitimité royale. Précisément parce qu'elle se voulait absolue et divine, il fallait qu'elle soit juste. A mémoriser mécaniquement les pièces de théâtre de l'époque c'est en oublier le sens.


Notre siècle constitue une rupture franche, sur laquelle un Piketty et d'autres, économistes plus que philosophes, mais tout de même héritiers culturels de notre histoire des idées alertent les nouveaux pouvoirs des dangers qu'ils encourent à prétendre pouvoir gouverner en tout, en rompant le liant de contre pouvoirs, négociations et compromis qui font le lien social.


Le système financier et c'est ce qui est nouveau est un pouvoir sans tête, il n'a que des agents dont la plus ou moins grande intelligence, leur fait anticiper (Attali) ou acter (Macron) ses besoins autonomes, y compris dans ses exigences socio-financiaro-industrielles, le contester c'est ne viser personne ou tout au plus ses Kapo anonymes à tel point qu'objectivement aucune communauté n'étant plus ciblable, puisque le système n'est personne, l'on voit des dirigeants d'extrême droite y renoncer, réduits à se préoccuper d'habillement, de lieux de prières et de sécurité au risque de se ridiculiser lorsqu'ils prétendent mettre le système au service du peuple.


Dès lors sa contestation politique institutionnelle pas plus que sa légitimation n'a d'objet, la représentation nationale voir transnationale n'ayant plus de prise sur le mouvement du monde, l'individu citoyen se détourne de tout engagement fut-il électoral.


Dépourvue d'une stratégie intellectuelle destinée à le démanteler échelon par échelon, critère par critère, étape par étape, bloc géographique par bloc géographique sa force étant par sa mondialisation d'être toujours plus fort que n'importe laquelle de chaque entité, oubliant de prendre le pouvoir pour le mettre en échec en étant acteur d'une spéculation qui le mettrait bas (imaginez la grèce consacrant ses ressources à racheter des obligations pourries, sa faillite en deviendrait impossible) pour le refonder sur une régulation égalitaire des revenus et des besoins, sa contestation radicale donne l'image de preux chevaliers militants se battant contre les reliques d'un pouvoir passé, réalités-reliques-moulins à vent du présent masquant le fait que le patronat comme le salarié courent après une rentabilité que personne ne décide mais que tous définissent, les chefs de file politique contestataires nous faisant croire que le combat contre les inégalités de contrepartie sont bien plus importants que la lutte contre le substrat qui y préside... lui permettant ainsi de se perpétuer.

L'avenir radieux qu'il nous ouvrent participe à la robotisation de nos vies exigée par un système intelligence artificielle soumettant tout un chacun même si le graal de revenus plus égalitaires était atteint.

A ces défauts d'existentialité humaine répondent à la marge comme des objets échoués les retours vers ou à (la terre, le bio, le troc, les vrais gens etc...) ou sinon la projection immédiate de l' anéantissement programmé de l'individu dans l'acte terroriste dont l'auteur accélère sur lui-même l'explosive objectivation y compris protestataire, n'être qu'un agent de ce système ou d'un système symétrique est à ce point invivable qu'il vaudrait mieux se faire sauter, anéantir son être, tel est le message, les autres à égalité avec lui-même n'ayant pas plus d'existence possible. No future.

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