Une amie parisienne me racontait que sa fille est terrorisée, à 12 ans elle dort dans sont lit depuis les évènements, il falait qu'elle ou son ex l'accompagne à l'école tellement elle avait peur d'y aller seule. Une élève de sa classe qui a eu une tante touchée au bataclan a raconté à la demande de l'enseignant ce qui lui avait été relatée. Toute la classe s'est mise à pleurer, "même le plus méchant des plus méchants" que détestent les filles. Une bonne occasion pour un gamin au bond fond de se sortir d'un rôle, d'un blindage contre une souffrance affective.
Mais aller à l'école en étant accompagné des parents c'est la honte, alors ces jeunes ont trouvé tout seul le truc, ils se donnent rendez-vous et y vont à dix, se sentant ainsi plus fort, je trouve ça trop mignon, il y eux, les potentiels victimes plus ou moins du côté du bien, les agresseurs franchement du côté des méchants et du mal.
Avoir peur, pleurer, c'est essentiel, ça permet de vider une bonne partie de sa détresse et de son impuissance paralysante, une fois séchées les larmes, que reste-t-il à faire, faire face et continuer à vivre.
Deux étudiantes venant d'un pays lointain où porter le voile est obligatoire et ne pas le faire c'est risquer sa vie, sont heureuses d'être en france si loin de la famille et des pressions morales, elle porte de belles robes, même des bijoux, découvrant la puissance du maquillage, jouissant de leur liberté estudiantine pour faire un peu les pétasses et prendre conscience du pouvoir qu'elles peuvent avoir sur les hommes, elles vivent leur jeunesse, il leur sera bien temps de jurer fidélité ou même sans celà d'être tenue par des obligations familiales pour mener une vie normalement morale. C'est en jouant avec les limites qu'on accepte les règles, il faut bien que jeunesse se fasse et dans notre beau pays elles trouveront toujours des sourires compréhensifs, voire complices.
Telle est notre jeunesse de france ouverte et si ordinaire, peureuse et si courageuse, tel est notre pays aux citoyens méfiants à l'égard des étrangers mais compassionnels pour ceux qu'ils connaissent.