Flammes
Les chairs crépitent, les muqueuses cloquent, les os craquellent.
Les corps calcinés s’accumulent par milliers dans ces forêts de cauchemars.
Cerfs, lapins, canards, faucons sangliers et renards
Ces vies que l’on oublie sont fauchés par ces brasiers que l’on croirait éternels.
Détrompe-toi, il ne durera pas longtemps ce drame
Les squelettes de ces géants figés partent déjà en cendres.
Les gens crient « A mort ! » et cherchent un coupable à pendre
Mais ne se rendent pas compte qu’ils tiennent autant la corde que la flamme.
Le rouge et le noir se mêlent avec violence dans le ciel
Et obscurcissent l’espoir jusqu’à sa moindre parcelle.
Les yeux nous piquent, les gorges brûlent, l’air devient irrespirable
Mais cette souffrance n’est rien face au feu qui consume ces bois.
Les gens crient « A mort » et cherchent un coupable
Alors qu’ils ne voient pas l’éclat de la faute qui brûle au bout de nos doigts.
19/09/2022