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Le 19 mars dernier, le Conseil de gouvernement marocain a approuvé en catimini le projet de loi n° 22.20, appelé sur le web "la loi bavette" en allusion au masque de protection contre le Covid 19. Personne n'a rien vu venir jusqu'à la fuite sur les réseaux sociaux de certains articles de cette loi .
Durant le printemps-été 2018, la campagne de boycott « Moukatiôun » (« boycotteurs ») qui a ciblé plusieurs produits de grande consommation a été au centre du débat social, économique et politique au Maroc. En particulier, cette campagne, lancée sur les réseaux sociaux, a visé l’eau minérale Sidi Ali, les produits laitiers du groupe Centrale-Danone et les stations-service Afriquia, accusés d’avoir augmenté leurs prix sans égard au pouvoir d’achat des consommateurs. C'est en un mot une contestation du modèle des entreprises financiarisées. Il faut souligner aussi que les internautes ne ménagent pas d'efforts pour dénoncer les écarts de plusieurs politiciens et parlementaires marocains. Entre autres, citons les déboires sexuels des partisans du PJD dont les fornications sont un secret de Polichinelle.
Dés que la polémique a enflammé la toile hier, certaines figures de la scène politique se sont voulues rassurantes. Elle se sont empressées de faire des communiqués soulignant que que la loi en question n'est qu'une esquisse qui est étudiée par une commission technique. D'autres célébrités du gouvernement ont préféré jouer " les vierges effarouchées".
Si l'on se penche sur ses deux critères, ce projet de loi sent le pourri de la pression du lobby économique politisé qui a plus d'une vedette au sein au gouvernement marocain actuel. Le patron de la chaîne Afriquia, pour n'en citer que celui-ci, reste l'exemple par excellence du mariage incestueux entre la finance et la politique.
Parmi les extraits dévoilés, certains articles comme les articles 14 et 15, dont le but est de contenir les appels au boycott de produits, avec des peines allant de 6 mois à 3 ans de prison et une amende de 5 000 à 50 000 dirhams contre toute personne qui “appelle à boycotter certains produits, biens ou services ou y incite publiquement par le biais des réseaux sociaux ou réseaux de diffusion ouverts”. Même sanction pour l’incitation du public au retrait massif de l’argent des établissements de crédit et organismes assimilés.
L'article 18 punit, quant à lui, le fait de diffuser de fausses informations susceptibles de jeter le doute sur la qualité et sécurité de produits. De ce fait, l'on peut déduire que la sécurité du citoyen face aux produits à consommer par au second plan après l’intérêt des sociétés productrices!
Sans aucun doute, la liberté d'expression régresse, comble de la chose surtout, la loi passera sous la tutelle d'un Ministre de la Justice de gauche.
Mohamed Ben Abdelkader, un militant chevronné de l'USFP, ex-inspecteur principal du ministère de l'Education Nationale, et occupant jusqu'à ce jour une villa en guise de logement de fonction malgré les maintes revendications du MEN et cumulant sans aucun doute l'indemnité de logement pour sa fonction de ministre de la justice.
La loi 22.20 sera l'enfant bâtard né d'une union machiavélique et illégitime entre la Rose, la Colombe et la Lampe.