A Marseille comme en Corrèze, faudra t-il faire la grève des Municipales?

On pourrait dire que c'est Marseille, comme d'habitude. Mais parmi d'autres, l'exemple du département corrézien confirme que la gauche institutionnelle est à la dérive. L'opportunité de repenser nos combats à la lumière du mouvement social actuel.

La France vit au rythme de manifestations antigouvernementales fraternelles massives et d'une grève certes très limitée mais qui n'a peut-être pas dit son dernier mot. Pendant ce temps, comme sur une autre planète, les partis de la gauche institutionnelle s'étripent pour de maigres prébendes électorales locales.

Nous, militants quotidiennement sur les piquets, regardons cela avec dégoût, mais aussi un certain détachement salutaire. Certes la Macronie boit du petit lait et le FN-RN se complait dans cette pourriture. Pourtant, au coeur des luttes, une autre vision de notre avenir est en train de (re) naître.

Pour ces Municipales, Il est frappant de noter les similitudes politiques entre une grande capitale régionale et un département parmi les plus ruraux comme la Corrèze.

A Marseille, longuement décrite dans MDP, le PS démontre une nouvelle fois sa capacité de nuisance. Il faut dire que, tant les appareils FI que PCF, sans grande surprise, lui sont d'une grande aide au mépris de toute morale politique. Plus triste est l'incapacité des forces populaires honnêtes à se démarquer clairement, à la fois en termes de programmes et de pratiques, de ce vieux monde dont nous n'avons rien à attendre. Aussi bien les militants des quartiers qu'Ensemble fourvoyé dans la FI ou les communistes sincères ne paraissent pour l'instant en capacité de s'unir pour aider la population à balayer ces cliques de profiteurs; mais il reste encore du temps.

En Corrèze, les gauches ne sont pas en reste. Les réseaux historiques du PS lui permettent encore d'espérer garder la préfecture tulliste. Le PCF, très affaibli, reste néanmoins un partenaire nécessaire. Quant à la FI, sa vingtaine de militants actifs dans le département se partage entre l'activisme respectable pour ADP et une liste menée par une ancienne (toujours encartée) PS à Brive. Il n'y a plus aucune boussole politique, si ce n'est des arrangements pour limiter la casse prévisible. Les divers écologistes sont bien répartis entre les différents chapelles, y compris LREM. Ici pas d'alternative politique "extra parlementaires" organisée, tant la puissance passée de l'appareil du PCF a encore de beaux restes.

Pourtant, en Corrèze, la mobilisation massive sur les retraites (10 000 manifestants fidèles dans le département) est portée en intersyndicale par une poignée de militants opposés à toutes ces compromissions, y compris un noyau de militants sincères proches du PC. Par ailleurs, dans ce qu'il est convenu d'appeler la haute Corrèze, le nom de Tarnac nous est familier, 200 habitants viennent de créer un Syndicat de la Montagne, preuve que la vieille taupe révolutionnaire continue de creuser. Et partout, un noyau de Gilets Jaunes, y compris des sympathisants du FN-RN, sont de toutes les actions et distribuent les tracts intersyndicaux...

C'est certainement de ce côté, celui de la fraternité, de la solidarité, de la lutte que sortira l'avenir. Aux Municipales, il faudra souvent malgré tout  éliminer nos ennemis; sans illusions car rien ne remplacera les organisations que nous construirons nous même. Armons nous de cette "lente impatience" que vantait si justement le camarade Daniel Bensaïd et, bien entendu, grève générale! on ne lâche rien!

 

 

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