Le Parlement Européen se prononcera demain sur le devenir des abeilles

L’adoption de la résolution lors du vote qui aura lieu au cours de la session plénière des 28 février et 1er mars à Bruxelles marquerait le franchissement d'une étape décisive pour la préservation des abeilles en Europe

Constatant le fort déclin des colonies d'abeilles un peu partout en Europe, les eurodéputé.e.s de la Commission de l'agriculture et du développement rurale demandent un plan d'action européen, impliquant notamment la suspension de l’autorisation de certains pesticides qui mettent en danger la santé des abeilles de façon certaine, ainsi que le développement de la recherche vers des alternatives plus saines. 

La résolution appelle également au renforcement du soutien financier aux apiculteurs, ainsi qu'à des mesures contre les importations de faux miel qui envahissent le marché européen.

Comme le rappelle SumOfUs, l’enjeu est important pour la sauvegarde de la biodiversité, mais aussi pour la sécurité alimentaire mondiale: les abeilles interviennent dans la pollinisation de plus de 70% des plantes en France, principalement les arbres fruitiers et les légumes que nous consommons. 

En octobre 2017, trois députés socialistes appelaient, dans une tribune, à l'interdiction totale des néonicotinoïdes en Europe et à la structuration de la filière apicole.

 En France, ces pesticides tuent chaque année 300 000 colonies d'abeilles.

La loi française sur la biodiversité de 2016 interdit les néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles jusqu'en 2020. Néanmoins, deux nouvelles substances, commercialisées par le géant américain des pesticides Dow Agro Sciences, ont été récemment autorisées par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Leur principe actif, le sulfoxaflor, est similaire aux néonicotinoïdes, et en 2014 l’Autorité européenne de sécurité des aliments a d'ailleurs jugé que ce pesticide était «hautement toxique pour les abeilles ». Ainsi pour les apiculteurs français, l'autorisation de ce nouveau pesticide "vide la loi de sa substance".

L'adoption de la résolution est désormais entre les mains de nos eurodéputé.é.s, qui, élus par le suffrage universel, ont le mandat d'agir dans le sens et l’intérêt des citoyens qu'ils représentent. Ce mandat sera-t-il respecté? 

Pour soutenir la résolution, n’hésitez pas à apporter votre signature à la pétition lancée par SumOfUs. 

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