Fanion sur trois des quatre sujets de l'émission, le sujet de Jérôme Pierrat, journaliste indépendant et spécialiste en crime organisé et grand banditisme ne sera pas traité car dans la bande dessinée le crime, organisé ou non, est pour moi un lieu commun (depuis l'avènement du romantisme et de l'anthropomorphisme). J'ai trouvé plus intéressant : 1° Guillaume Perret ; 2° Ernest Pignon-Ernest ; et 3°Jean François Braunstein. Les trois sujets avaient en commun l'aspect situationniste des choses et de ce point de vue il s'agit de poser des fanions pour indiquer le territoire et non pour le baliser.
1° Guillaume Perret, musicien, arrangeur, saxophoniste "du 21ème siècle".
Le jazz est né de la fusion entre la musique mode majeure qui, dans le territoire concerné, était surtout militaire (et au timbre tambours et trompettes), avec la musique mode mineure du blues (dont le rythme était une harmonique de celles des roulis des trains d'esclaves). Bravo à Mr Perret pour ses oeuvres et ses interprétations, qui sont toutes deux magnifiques. Personne n'a jamais entendu Beethoven mais heureusement qu'on a les enregistrements de Karajan. Pour autant, est-ce que Karajan fige éternellement (l'interprétation) de l'oeuvre du compositeur ? Les choses enregistrées sont toutes autant mises en situation à chaque fois qu'on les ré-écoute. La preuve est que souvent ce qu'on a aimé, on ne s'y intéresse plus...
2° Ernest Pignon-Ernest, artiste-plasticien, "l'inventeur" (plutôt le "découvreur") du Street-Art.
Rien de plus éphémère que la situation. (La musique est de cet ordre). Ernerst-Pignon-Ernest est à la fois un peintre et un sculpteur en plus d'être "en situation". La situation s'adresse au coeur, alors que l'analogie (la partition) s'adresse à l'esprit. On peut discuter de leurs longévités (leurs mémoires) respectives. Les derniers situationnistes "sévissaient" dans les "angles tranchés", de "cités exilées", au large du "benzène", à la fin des années soixante-dix. Rien de neuf depuis sinon la numérisation.
3°Jean-François Braunstein, professeur de philosophie contemporaine.
- a) En ce qui concerne le transhumanisme comme le transgenre, la philosophie n'est d'aucun recours, ni la psychologie, encore moins la psychologie, (sauf pour les plates bandes qui sont les leurs, et dans les casuistiques qui les intéressent). Le transgenre et le transhumanisme sont des affaires de sentiment, de coeur, de situation, ce ne peut être des généralités. Le philosophe ne peut être contre l'Etre (toute représentation ou suprématie puisse-t-on lui prêter), et ce dernier n'est qu'un gout ou qu'une couleur, rien de plus. Doit-on en discuter ?
- b) Le véganisme... Le véganisme... Je doit avouer que ce sujet me laisse perplexe et ne sais quoi dire...
- c) Pour moi l'euthanasie est une assistance au suicide. La dimension de la dignité humaine dans ce contexte ne peut pas être moins situationniste. La limite de "l'accompagnateur" est qu'il n'est pas un "passeur", et c'est tout le débat éthique. La République me semble claire dans son ambiguïté : l'homme peut se tuer par sa propre décision, le citoyen non. Ici est le débat à mon sens.
L. Castelluci (réfléchissologue à ses demies-heures perdues)
réf : https://www.youtube.com/watch?v=bOTflJZuMtg