Fatiha Boudjahlat, me rassure en me remettant en question

Mon doute me rassure. Il doit également rassurer Héraclite lequel nous enseigne que "l'on ne traverse jamais la même rivière", ce qui veut dire que nous devons nous laisser "dériver" pour rester sur "les mêmes eaux", c'est à dire être dans le mouvement des choses, dans le flot de la discussion, si l'on veut comprendre. Comment et pourquoi devons nous dériver avec son semblable ?

< Avertissement : mon blog n'est pas une tribune politique, mais se veut un lieu de réflexion. La politique se fait dans l'isoloir avec sa conscience et nulle part ailleurs. A partir de là, avant de voter on peut et on doit discuter de tout... Pour simplement pouvoir bien voter >

Le doute est chose bénéfique pour les curieux que nous sommes.
Dans un monde sans oppression les jeux sociaux sont possibles et alors, de l'altérité émerge de bons progrès sociaux.
Je ne traite pas ici des mauvais perdants, qui ont la "rage".
Je traite du doute, de la curiosité et de comment psychiquement parlant on essaye de les traduire dans les actes.

Mon doute me rassure, bien sur, et cela devrait rassurer Héraclite qui nous enseigne que "l'on ne traverse jamais la même rivière", ce qui veut dire que nous devons nous laisser "dériver" pour rester sur "les mêmes eaux", c'est à dire être dans le mouvement des choses, dans le flot de la discussion. Comment et pourquoi cela se réalise au niveau cortical ? C'est ce qui m'intéresse.

Dériver veut dire descendre de son intégrale pour entrer dans les détails et les évaluer. 
On perd alors un degré de liberté, on se prive d'une dimension et cela peut gêner si bien que l'évaluation passera forcément chez le raisonnable par la critique, on peut dire un examen de conscience avant jugement. En sachant que tous les jugements sont définitifs et donc conditionnent le futur comme dans la théorie de "l'aile de papillon". Un jugement de travers et on change d'univers...
Ainsi avant l'évaluation nous devons comprendre la Chose, et pour cela il faut l'observer. Si on revient le lendemain la Chose n'est plus la même. Donc si on veut comprendre on est obligé de faire un bout de chemin l'étrange, avec cette eau mouvante, on est obluger de se laisser porter par le courant, de dériver *.

L'outil psychique qui nous permet de comprendre est le mimétisme. Les fameux neurones miroirs.
Ce concept est simple à comprendre : figurez vous un cube. Voyez vous les huit sommets et les 12 arrêtes ? Si oui c'est que vous avez construit l'image dans votre cortex frontal. 
Vous allez dire "et alors ?". Vous avez mimé un cube dans votre cerveau et "pire"/"mieux" vous vous êtes identifié au cube pour finaliser la compréhension.
A ce point on peut appréhender l'étiologie de toutes les phobies. Comment s'identifier :
- à ce que l'on ne supporte pas,
- à ce qui donne la nausée,
- à ce que l'on hait,
- à ce que l'on ne croit pas
- à l'étrange, 
- etc...

La compréhension de la Chose n'a nul besoin d'évaluation critique et passe par le mimétisme. Voilà une belle difficulté pour un psychorigide par exemple : dans une société patriarcale la psychorigidité masculine est bien enkystée...
Le psychorigide va passer à l'acte à un moment ou un autre. Un acte névrotique, socialement acceptable mais punissable si dégradation, ou bien un acte psychotique, socialement inacceptable avec orientation diverse si acte "conscient" ou non.
Peut t'on donner des circonstances atténuantes au psychorigide au motif que pour comprendre le musulman il doit accepter de vivre avec "eux", voire pire d'apprendre à vivre avec "eux" ?
L'apprentissage est l'application pratique du mimétisme. Les gestes sont répétés jusqu'à être parfaitement identiques à l'original. cela fait de bons apprentis, et plus tard de bons artisans. Mais dans notre étude il ne s''agit pas de devenir comme l'autre ni de se convertir à l'autre mais juste de le comprendre pour ensuite pouvoir évaluer.

La vidéo avec cette enseignante doit dessiller mes yeux. Enfin un discours sur le racisme qui me va droit au cour et au cortex frontal.
Cela me renvoie à la capacité d'altérité et de comment cette inconnue me semble si familière.

Fatiha Boudjahlat : « L’islamophobie, c’est fait pour créer et coaliser la communauté musulmane »
12 nov. 2019 (ratio des likes  >1000+ / 187-) sur la chaine Youtube du média Sputnik France
Description : " La manifestation contre l’islamophobie du 10 novembre a suscité de nombreuses controverses, tant dans la teneur de son appel que sur le déroulé de l’événement. Fatiha Boudjahlat, militante féministe et laïque, récuse au micro de Sputnik le discours véhiculé par les organisateurs de la manif. Entretien."
URL : 
https://www.youtube.com/watch?v=4hxqSRZbtv4

Fatiha me rassure parce que je m'identifie facilement à elle, à ses propos j'entends.
J'entends de sa bouche des mots que j'emploie au quotidien dans ma tête.
J'ai donc une plus grande facilité à élaborer les neurones miroirs qui me permettront, pour moi-même, de la comprendre
Du coup je me sens moins perdu.

En fait j'ai aussi conscience qu'on a besoin d'entendre de la bouche des autres ce que nous "avons dans la tête" parce que cela correspond à de la simple économie psychique. Cependant c'est comme cela qu'on fabrique les fainéants, les futurs dépressifs, les enkystés dans des passions obsolètes et devenues tristes, et les désorientés au bout du compte, lesquels sont largués, ne comprennent plus le monde qui évolue, qui dérive, sans eux.
Comme évoqué en début de billet je ne traite pas des mauvais perdants ici. Juste un mot pour le rappeler : attention à ceux qui ont le "vin mauvais", ils s'enragent facilement.

Pour finir mon propos : sur cette vidéo j'ai mis un "j'aime" au bout de 3 minutes !
Je me suis dis : "
Cette femme est incroyable, et pourtant elle est réelle."
Elle est rayonnante d'assurance et de sérénité, et cela je le reçois... en miroir.
Je suis aussi féministe que ma masculinité me le permet pour honorer son féminisme intelligent, qu'elle sait associer à la véritable lutte qui est le racisme élémentaire envers les femmes.
En particulier je suis dans la même Vista que Fatiha, avec une acuité semblable sur sa critique du féminisme mainstream (apogée évidente et enfin exprimée à 10:45 )

18:40 "Bouana" fait parti de mon vocabulaire, je suis heureux de l'entendre dans votre bouche
20:12 Elle me prend les mots de la bouche 
22:04 "la république sociale où le politique est supérieur à l'économie".
22:33 "la laïcité ce n'est pas du libéralisme politique"
27:22 jusqu'à la fin : applaudissements.

FIN

* si tout se passe bien on accostera tranquillement au bon endroit...

 

 

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