Lubrizol, quel suivi pour les intoxiqués ?

"Hauts-Fonctionnaires votre intelligence ne vous donne pas droit de mépriser la nôtre". Constatant la vacance des moyens mis en oeuvre pour le suivi médical de la population concernée par la catastrophe Lubrizol de Rouen, je me propose volontaire pour réaliser l'étude de l'impact à moyen et long terme de cette catastrophe sur la santé publique des exposés et de leur entourage.

Je profite de cette tribune magnifique que sont les blogs de Médiapart pour lancer mon appel solennel : 

Constatant la vacance dans les moyens mis en oeuvre, je me propose d'être volontaire, à l'instar je pense de mes confrères émus et conscients du pronostic à court, moyen et long, voire très long terme sur les individus exposés ; pour recueillir les informations biologiques régulièrement et aussi les informations physiques, cliniques, afin d'établir scientifiquement (statistiquement sous-entendu) l'impact de cette catastrophe sur la santé des exposés et celle de leur entourage.

L'administration, la basse comme la haute, se délite dans notre pays, alors c'est à nous citoyens de prendre les choses en mains. C'est ce qu'on a fait en 2008 quand Sarkozy nous a demandé d'aider les banquiers. Faisons de même aujourd'hui pour les Hauts Fonctionnaires qui semblent dépassés. Sauf que au lieu de donner nos sous, donnons notre savoir faire, celui à la française qui est reconnu mondialement. 

Je suis médecin et ce qui suit s'entend dans le strict cadre médical de la prévention tertiaire 1, car je ne suis° pas les vecteurs politiques et polémistes en tout genre et de tout bord. Quelques soient les circonstances, la médecine de catastrophe par exemple, je garde la tête froide et mes propositions sont des plus excellentes, pour peu qu'on les entende ou qu'on ne les dénature pas en les plagiant. L'affaire est trop sérieuse pour laisser les voleurs et usurpateurs du tout poils ou imberbes venir sauter sur un mort ou s'y colporter afin de le contraindre à signer les contrats de dédouanement sous peine de passer devant la cour administrative. Les morts ont souvent bon dos et comme dans le monde fantastique de la dystopie ils peuvent voter, ils peuvent aussi être responsables pour les vivants, et pourquoi pas déterrés, jugés aux Assises, puis mis en prison ? "Ha la la pôvres de nous" ! 

Il s'agit à Rouen de porter secours à une population anxieuse, subissant un choc post traumatique collectif par exposition à des produits sus (le verbe savoir convient mieux que le verbe connaître) hautement toxiques, et laissée à elle-même. Cela devrait relever des pouvoirs publics. Ils agissent surement mais à huit-clos, alors que font-ils pendant que la population locale manifeste dehors ? Se cachent-ils pour gérer la crise ou pour trouver des consensus de dédouanement de responsabilités ?
Peu importe, le temps de la polémique viendra en le sien, aujourd'hui il s'agit que le citoyen compétent et vertueux prenne en main la situation et soumette nos administrateurs à faire "comme il faut" leur boulot, parce nous sommes capables de le faire à leur place.

Il n'est pas temps de chercher une responsabilité car c'est aujourd'hui le temps de la compréhension sérieuse, avec les bons arguments à l'appui. Cette étape de compréhension me semble définir l'Etat de Droit dans ce genre de situation. Or faisons le constat qu'il est absent !
Cette étape peut être longue, et elle sera longue pour juger des effets toxiques à long terme. Il ne faut pas non plus oublier le risque tératogène. Je ne suis pas alarmiste en disant que Mendel nous enseigne que des expressions phénotypiques peuvent avoir lieu après une latence importante, un saut générationnel par exemple qui fera que dans ces cas ce seront les petits enfants qui seront atteints.

Je ne comprends pas qu'un collectif citoyen ou une association ne se monte pas pour proposer dans son objet social d'être l'instrument de l'impact de cette intoxication sur la santé des personnes. 
Donc je lance un appel à la disponibilité pour trouver 2 autres personnes sur la France afin d'étudier rapidement la possibilité de mettre en place une structure loi 1901 pour commencer tout de suite le travail de surveillance de la population concernée.
Il y a lieu de définir en premier lieu :
- l'objet de l'étude : sa moralité, son utilité
- la taille (numéraire et géographique) de population à étudier :
- la durée de l'étude : 
- les modalités de l'étude : les techniques statistiques utilisées, le calendrier, la promotion du projet, le recueil, le traitement, la diffusion des informations, le cadre juridique
- les moyens mis en oeuvre pour y arriver : moyens techniques, humains, et financiers, entres autres
Vous voyez que pour un seul cerveau cela fait quand même un solide début de réflexion

Pour les industries en cause, qu'elles se rassurent, dans l'objet social il ne sera pas écrit que nous sommes en investigation pour une recherche en responsabilité des fabricants ou entreposeurs ou diffuseurs°° des produits, non pas seulement parce qu'aujourd'hui le politiquement correct nous oblige à déifier le "droit des affaires", mais parce cette recherche de responsabilité est du domaine des instances publiques que sont la police et les justices administrative et judiciaire. 

Je propose mes compétences dans ce domaine pour faire le diagnostic, et le pronostic, ainsi que proposer un traitement à terme qui soit au moins préventif et si possible curatif. Afin que cela ne se reproduise "réellement"* plus !

J'ai suivi comme tout médecin en France une formation pour établir des tests statistiques fiables pour comparer deux situations et trancher sur leur niveau d'homologie. Dans ma thèse en 1989 j'en ai utilisé une qui a permis à l'époque de porter le nouveau paradigme de l'antibio-prophylaxie. En ces temps obscurs il était "criminel" que de donner des ATBT sans signes d'infection**.

Je constate la vacance de réaction sanitaire individuelle et collective au titre de la prévention tertiaire, de la part des pouvoirs publics face aux individus citoyens suspects d'une exposition hautement toxique aux effets inconnus, mais peut-être manquerais-je d'information, auquel cas la communication des autorités de tutelle laisserait là aussi à désirer.
Dans tous les cas le citoyen est bien en droit de se porter volontaire, pour la cause républicaine. Il lui suffit d'être vertueux et compétent. 
Je ne doute pas d'avoir l'approbation de la majorité des mes confrères du territoire et spécialement ceux de Rouen et environs pour mon projet. 
La vacance des moyens mis en oeuvre par notre administration (préfectorale je le rappelle) est remarquable et amène la réflexion classique dans l'optique d'une recherche en responsabilité*** que :
- soit la ministre est comme "une poule qui a trouver un couteau" mais une poule qui parle et qui essaye de nous faire croire qu'elle sait ce qu'est cet objet et qu'elle sait à quoi cela sert, et qu'elle est capable de s'en servir aussi bien qu'un coutelier cuisinier et pratiquant le lancer de précision en fête foraine...
- soit elle a conscience de son incompétence à gérer médicalement la situation.

Je suis étonné que le corps médical ne soit pas plus volontaire dans l'accident de Lubrizol et ne propose pas une solution, de manière citoyenne ou encore mieux à la manière du corps constitué prestigieux qu'il est. Un médecin c'est fait pour prodiguer des conseils dans le domaine du sanitaire en particulier. 
Nous médecins sommes des officiers. Nous pouvons à ce titre et avec nos prérogatives faire fît des conseils de tutelle, quand ceux-ci nous apparaissent légers, inadaptés, voire dangereux pour les patients. 
C'est le cas ici pour moi. Notre ministre des tutelles me semble à cours d'argument sur le sujet de l'intoxication des populations locales, humaines ou non, faunes et flores. Sur le diagnostic et sur le pronostic, et également sur le traitement sanitaire en terme de prévention tertiaire (j'ai déjà, plus haut dans la présente défini les domaine de définition de mon intervention et j'ai donc ainsi exclu de ce problème les préventions primaires et secondaires).

 

Je ne vais pas tracer ici le travail à accomplir, je reste à disposition pour toute personne sérieuse qui aurait une Vista similaire de la situation et qui aurait envie, ou besoin, de s'investir pour le mieux des "exposés de Lubrizol".

Je suis joignable sur ce blog, (et ailleurs s'il le faut pour cette cause).
Merci pour votre attention.

FIN

 

* A présent les gens comprennent que le Réel ce n'est pas les promesses, ni le "Vas-y que je te pousse". On est au 21ème siècle. Bientôt les années psychédéliques.
** pourtant l'industrie pharmaceutico-vétérinaro-élévalière donnait déjà des ATBT aux bovins et ovins en pleine santé à titre préventif... 
*** Cette recherche est indispensable pour les débats contradictions avec les assureurs
**** Elle devrait raisonnablement s'étaler sur 10 ans minimum. Avec si voulue une information déclarée partielle à mi-mandat.

1 La prévention primaire (celle dévolue à l'administration) a montré ici son incompétence à défaut de son manque de vertu (ce défaut là reste à prouver dans un Etat en responsabilité) à montrer ses limites. La prévention secondaire est dévolue à présent aux médecins de famille. Parmi les préventions tertiaires celle que je propose me parait excellente et digne d'être suivie. 

° du verbe suivre
°° par diffusion commerciale classique et de droit, mais même par diffusion accidentelle ou non, comme une diffusion atmosphérique par explosion où par "perles sourdes".

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.