Le burn-out conséquence de l'esclavage au travail ? Lien avec les Gilets Jaunes ?

Le burn-out est une conséquence de l'esclavage au travail. Le lien avec les Gilets Jaunes est évident. Ceux-ci se battent pour leur dignité à vivre décemment. On ne peut pas démissionner tout le temps, en permanence, à quoi rime ce système ? Les prévisions marxistes et nietzschéennes se confirment. Macron n'est pas le Nouveau Monde mais la fin du dernier dans la surmultipliée capitaliste.

"Ce sont les meilleurs qui partent en premier c'est connu". Cette maxime qu'il faut se dire à soi-même avec forte conviction est la seule reconnaissance d'un traitement efficace contre le burn-out. Je le déplore gravement car il fait porter sur l'individu les dérives de sa société. De plus ce traitement n'est que préventif et non immunisant. Enfin il n'entraine aucune reconnaissance de la responsabilité de l'employeur, bien au contraire car souvent et par derrière et pour sauvegarder son image, ce dernier ne se prive pas à diffamer sur le lieu de l'entreprise et parfois même ailleurs, (la discrimination étant réservé à ceux qui tiennent tête).

          Je reviens sur le sujet du burn-out qui entre dans mes sujets de prédilection pour ma pratique médicale, en profitant de la découverte du film d'Elsa Fayner diffusé le 16 février 2018 sur le web à l'adresse : https://www.youtube.com/watch?v=VWC6Y1gimDI
Je vais y faire référence une bonne partie de ce post, puis je discute succinctement sur l'aspect biochimique du phénomène. Je tente une conclusion cohérente et pertinente qui j'espère va faire performance. Il faudra peut être vous taper tout le film qui est bien fait mais avec le pathos et les longueurs qui conviennent à la représentation marchande par les sentiments, aussi pour les impatients je donne les repères qui me sont le plus performants pour mon article.

          Je suis médecin généraliste et j'ai eu l'occasion d'expérimenter sur moi-même un burn-out dans mon exercice professionnel. Je l'ai vécu comme une expérience professionnelle et l'ai observée dans tous ses détails, avec toute la structure sociale et psychologique de chacun, ainsi que les structures architectoniques et protocolaires qui influencent les comportements et qui sont directement, et de l'unique responsabilité du dirigeant. Cette responsabilité étant aggravée par la psychorigidité face aux conseils des médecins qui ne doivent pas entrer dans cette soumission.

Les seuls facteurs objectifs du burn-out sont le surmenage et l'éthique personnelle ( 5:14 ) , couplé à une subjectivité de l'ordre de la "méconnaissance de soi et le désir de soumission (plus que) profond à une reconnaissance (sociale) illusoire". Le patient ne voit pas l'illusion balloté qu'il est dans un formatage de valeurs abscons au travail qui lui imposent l'idée tyrannique que "travailler pour lui-même est inimaginable", au sens où il (on) ne l'a jamais (aidé à le) conceptualisé(-er) de sa vie.
à 5:21 le psychanalyste explique bien le processus clinique du burn-out sans en donner toutefois l'étiologie, ni la conduite à tenir.
à 19:33 l'analyste vient trop profondément dans l'étiologie en la renvoyant au "principe de vie psychique" c'est à dire la peur du néant (ce qui est pour moi la définition fondamentale de la folie)
à 28:18 Arrêt sur l'image... ... ... ensuite la sociologue explique bien "l'arnaque" de la carotte.
à 33:08 Technique de sidération typique. Ce qui est remarquable c'est que la patiente explique l'apprentissage du renseignement des dossiers ( à à 33:41 très précisément)
à 35:26 Début de compréhension "médicale" du problème. Un bon médecin aujourd'hui doit pouvoir supporter un "reset cognitif" le plus rapide possible. Est-ce incompatible avec l'écoute du patient ? Je dois dire pour être honnête que pour ma part cela n'est pas vrai. On peut passer une demie heure par patient ce qui fait une consultation honorable, et cela 24 fois par jour (ma journée de travail est de 12 heures). Bien sur j'ai nombre de confrères qui me disent stressés par le patient. Alors là je m'Elton John !! En fait c'est le type même de confrère candidat au burn-out (surtout s'il vise une carrière, vous voyez où est l'illusion ?), un peu paranoïaque quand même, non ? A partir de 35:52 on passe au deuxième facteur de risque du burn-out : la dissonance cognitive. Elle se pose en ces termes à précisément 36:03 (jusqu'à 36;16)
à 37:20 la fourberie est clairement expliquée par le berger. A 39:05 il expose clairement la conséquence de la soumission volontaire
à 42:07 La succession, on devrait dire la concaténation, des burn-out sur un même poste de travail est la meilleure preuve de le relation amoureuse fourbe, en d'autres termes de la respnsabilité de l'entreprise. Au carré quand le médecin en burn-out signale à corps et à cris parfois une colère au sens commun bien justifiée. A 42:52 se trouve le secret du seul traitement actuel du burn-out, j'ai nommé LA DEMISSION. "Ce sont les meilleurs qui partent en premier, c'est connu"
à 45:38 "Il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier". A 45:53 l'analyste donne la solution contre la fourberie, et c'est la mensonge. Ce qui veut dire clairement que l'attitude hystérique convient bien contre la pression car la recherche d'un sanctuaire dans une société est à l'heure des drones et du Big Data une autre grande illusion. Je pense que l'analyse est ici de mauvais conseil car son conseil est du genre "essayez de trouver de l'ombre au milieu du soleil".
à 53:48 tentative d'explication sociétale de l'étiologie du burn-out. On résume : le burn-out est issue de la déshumanisation de l'individu. Bien : moi je dis que les yeux il fallait les ouvrir depuis longtemps. La soumission volontaire, le pacte avec Méphistophélès, le passage de l'artisan au prolétaire, et bien sur l'esclavage, sont tous du même registre. La fourberie est de nous faire croire qu'on est pas digne d'être humain. C'est du Nietzsche.
à 55:20 enfin on arrive à la Dignité comme solution au burn-out. Car la conséquence du burn-out est fatalement la dépression. Fatalement ! Comment ne pas déprimer quand on se trouve indigne dans son esprit ? C'est là qu'on arrive aux portes de la blessure fondatrice, du "traumatisme primitif" qui se produit dans le parcourt narcissique. Y'a-t-il possibilité d'ouvrir cette porte ?
Une pépite entre 55:28 et 55;34 (à faire tourner en boucle), l'analyste dit que la normalité sert à préserver la paix de ce qui nous dirige.

Discussion :
Le burn-out est facile à étudier en sociologie, en psychologie, en analyse, et en neurosciences. Médicalement il est facile à diagnostiquer si on a le sens de l'observation (celle-ci étant la qualité première d'un bon médecin - juste avant l'écoute, et loin devant les formulations)
Il y en a qui font des burn-out, d'autres dans les mêmes conditions font des scorbuts jusqu'à en perdre leur dents. Il faut aussi penser au déficit en vitamine B1 (la thiamine) qui, sous sa forme humide, entraine insuffisance cardiaque et oedème des membres inférieurs. Quand bien même on pallie ces carences, nous ne sommes pas des robots que l'on peut réparer ou alimenter à coups de vitamines.
Il y en a qui piquent des colères ou démissionnent ("Honneurs à eux du respect qu'ils donnent à leur Etre" ; ce vers issu d'un poème anonyme résume la conduite à tenir pour éviter l'effondrement télencéphalique). La noradrénaline et le cortisol sont des hormones et des neurorégulateurs qui devraient nous aider en cas de stress (pour fuir ou pour se battre) mais qui en cas d'inhibition auront des effets délétères, jusqu'à être un facteur oncogène, si on insiste. Le soma n'oublie rien et garde en mémoire toutes les cicatrices, jusqu'à la première dose d'Aspégic que nos parents nous ont donnés, ou le son de la première voix.
Exemple de sidération cognitive profonde : vous faites de la publicité pour le diésel avec propagande intense ET moralisatrice. Un jour (à mon sens non aléatoire car chronologiquement situé au mieux quand l'acheteur a finit de payer le crédit de sa voiture diésel) et sans prévenir vous faite la propagande inverse et incitez même vos "clients" à aller vite changer de véhicule, quitte à les corrompre un peu. Cela c'est de la sidération de haute volée et de puissante application ! [Résultat : option saine pour la colère et hop --> Gilets jaunes]
L'intolérance au glucose (le test diagnostic au sucre) indique simplement un déséquilibre du cycle glycémique (pouvant entrainer un diabète plus ou moins violent et parfois inaugural avec malaise ou coma) et fait intervenir les deux molécules citées au point 2°.

Conclusion : le burn out s'inscrit dans une fourberie qui utilise la sidération et la dissonance cognitive aux dépends de l'affecté-e. Il s'agit d'une situation d'abus de pouvoir après une phase relationnelle de type sado-masochiste, avec soumission volontaire surexploitée. Le burn-out est un effondrement massif sur soi même, contrairement à la colère qui est une explosion. Par conséquent il aboutit à la dépression par annihilation de l'Etre. Il ne peut se concevoir que par un défaut narcissique primaire ou secondaire génialement refoulé jusqu'alors, tout genre de processus qui font les génies, les artistes, les surdoués, mais aussi les hypersensibles.
Il y a une relation "amoureuse" qui précède le burn-out et cette relation est tendue par deux pôles : un pôle hystérique et un pôle pervers-narcissique, c'est à dire qu'il s'agit d'une relation sado-masochiste. Les burn-out les plus fréquents arrivent au sein des familles et sont causes de divorces ou parfois de tragédies. Dans ce cas la relation SM est à mettre au carré (car les solutions sont doubles). Ailleurs, dans l'entreprise par exemple, c'est primaire, c'est à dire à sens unique. L'équation est au premier degré. Dans ce couple la relation profite à l'entreprise, en toute conscience, et là il y a fourberie.

En une phrase : le burn-out est la conséquence d'une fourberie sociale qui vise à remplacer le prolétaire par un esclave. Les murs de cet esclavage se bâtissent sur les briques de la peur de se perdre et font le lit de la dépression de l'individu. La solution est de bien connaitre la fourberie et de la dénoncer en exprimant non pas sa honte mais le caractère scandaleux de son indignité. (Pour les susceptibles, les paranoïaques et pour les autres sophistes en tous genres je me dois de leur préciser qu'il ne s'agit pas d'un appel à la révolution par les faits mais par le comportement de l'esprit et le comportement du coeur. Vous avez dit le corps ? Qu'est-ce que le corps dans une dépression ?)

Léo Castelluci

PS : il est fort probable et même certain que ce billet va être complété par d'autres. Le burn-out, la fin de vie, la pharmacovigilance, le risque infectieux, les soins palliatifs, le traitement de la fin de vie, l'addictologie, le contrôle des masses par les impacts sanitaires, sont tous des sujets d'égale importance et qui mènent tous à Rome, pardon, qui mènent tous au même endroit.

 

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