La Démocratie doit être incontrôlable sinon elle est tyrannie.

Par définition la démocratie est chose incontrôlable sinon elle est tyrannie. La République, avec son appareil d'état, est une idéation verticalisée de la démocratie, elle inclut la représentation et donc l'iconographie, et toute l'impériosité fourbe et exquise qui en découle et dont les outils de masse médiatiques ont été les fidèles propagandistes.

Inspiré par l'article : "Le multimédia, un instrument politique made in USA" du 5 janvier 2015 écrit par l'intéressant Joseph Confavreux, je viens sur mon blog pour immortaliser certaines idées avant qu'elles ne s'évaporent. Il ne s'agit pas d'une critique de cet article mais d'un travail "photographique", "situationniste" et "kinétoscopique" pour me permettre de comprendre la transition humaniste qui s'opère actuellement sur la planète.

L'article de Confavreux est intéressant par sa construction. Il tente de comprendre le monde qui vient en lui donnant une origine entre les deux dernières grandes guerres dites mondiales.
Cette période c'était les années folles :
- Kandinsky et Picasso traduisent la compréhension aristocratique de la nouvelle physique
- Les surréalistes comprennent la situation et seront les avant-gardistes du monde éclaté, fragmenté et morcelé, qui va émerger des ruines de l'ancien en train de se déchirer "comme se déchire une division". Division à la fois mondiale et des consciences.
- Les machines de Turing remplacent les "bouliers". Alors que le transistor va s'imposer contre "Pathé Marconi" (ondes hertziennes - radio - radar). IBM et les rubans à trous avaient déjà intégré la numérisation et l'analogie virtuelle du réel pour leur donner une réalité jamais égalée. Au passage on découvre le neutron en 1932.
- Le développement des analyses : sociales, psychologiques, psychanalytiques, philosophiques et politiques. La naissance du fascisme et la préférence libérale à la "solution libertaire" reste le dernier tabou à lever avant l'ultime transmutation humaine.

La démocratisation arrive dans les faits après la guerre. La remarquable et non attendue émergence de la puissance de réaction soviétique puis sa résistance assurèrent une démocratie mondiale relative pendant encore 35 années. Elle chutera à cause d'une image ; celle de Dark Vador symbole de la Star-War (prononcez Staze Wouaze) et de son épée laser symbole de la guerre spatiale. Technobyl y aussi été pour quelque chose en montrant que le soviet était un colosse aux pieds d'argile. Nonobstant ces considérations elles ne sont ni dilatoires ni rédhibitoires car il y a eu quand même :
- La télévision, la Chevrolet, le rock'n roll,
- Le LSD, les hippies, la musique psychédélique et la révolte contre la guerre au Viet-Nam.
- Hollywood est confronté à la Nouvelle Vague. Andy Warrhol versus Chomsky.
- Certains font des rêves et des poings noirs se lèvent.
- On assassine à droite, on assassine à gauche. En parallèle on va décrocher la Lune, pour dire qu'on est des super-humains, grâce aux ordinateurs à bandes et à cartes à trous. Celle de Polnareff s'affiche en France en 3x4 m².

Le cocktail suivant est détonnant pendant 10 ans. Cela commence par le Water Gate, puis c'est la totale : les cinémas pornos pullulent, la satyre devient exquise, l'héroïne et la cocaïne remplacent les champignons, le cannabis envahit l'Europe. D'Afghanistan, du Liban ou du Maroc viennent des parfums étranges qui donnent le fou rire. Explosion de la pop musique. Les indiens d'Amazonie regarderont eux-aussi Michael Jackson sur un poste télé posé dans la hutte du chef. A la fin de la décennie ce n'est plus la "lune" de Polnareff qu'on affiche mais le doigt de Johnny Rotten. Un ayatollah arrive au pouvoir en Iran. Dernière grande invasion soviétique au pays du pavot. Diégo Garcia est opérationnelle.

Par définition la démocratie est chose incontrôlable sinon elle est tyrannie. La République, avec son appareil d'état, est une idéation verticalisée impérieuse (pour ne pas dire impériale) de la démocratie. Elle inclut la représentation et donc l'iconographie, avec toutes les exquises fourberies qui en découlent et dont les outils de masse médiatiques ont été les fidèles propagandistes jusqu'à l'évènement du www.machin.com

C'est une démocratie que les survivants du conflit mondial ne veulent pas voir. Ils ont préféré voir le début de la fin de l'URSS, et ont adhéré la cupidité de "nouveaux philosophes" opportunistes.
Avec l'appui des masses abruties par l'opium de "la messe du 20 heures", partout dans le Monde, les fachos se maintiennent au pouvoir, grâce aux énergies fossiles encore à écouler. C'est ainsi qu'ils reprendront le contrôle dans les années 70 et passeront à la surmultipliée dans les années 80. Depuis ils ont eu l'aubaine d'avoir l'argent au moment de l'entrée dans l'ère des réseaux sociaux et tentent de dominer une puissance incontrôlable, car voulue ainsi par eux-mêmes aux temps décrits par l'article de Joseph Confavreux. La crainte du communiste et du fascisme a déterminé l'avènement de l'Internet. Ce qui n'était pas prévu car oublié par les dirigeants c'est que l'Univers est transcendant pour l'homme et que Pi ne peut être rationalisé (qu'à travers une vision courbée de l'espace - ce qui n'est pas moins performant qu'une vision linéaire).

Sur le plan démographique les années soixante et soixante dix et quatre-vingt sont les années d'éternité dans lesquelles l'espérance de vie est passée de 55 à 85 ans. C'est cela que l'humanité n'a jamais vu. C'est cela qui est la véritable annonce du nouveau Monde.
L'informatique et la virtualisation du monde qui amènent technologiquement et psycho-socialement à la "cybernisation" du quotidien n'est qu'un outil pour permettre la trans-humanisation d'une population vieillissante qui croit encore aux promesses de jouvence des Lumières.

Il se pourrait bien que notre génération, celle des enfants de la Bombe, celle des soixantenaires, soit la dernière génération porteuse des idéaux de nos pères qui eux étaient les enfants de la Guerre. Ces idéaux issus à un moment où l'humanité à accouché du communautarisme le plus perfide et crapuleux [le nazisme]

Le nouveau monde c'est l'atomisation du système communautaire et clanique, celui de souche. A la manière d'Emmanuel Todd je pense que le nouveau monde est un retour à l'origine des noyaux familiaux. Chaque individu avec son "Droïdo" [prothèse cybernétique] aura la possibilité de créer son propre Génésis, n'importe où, sans interférence non voulue avec tous les autres. Pour le moment il y a toujours un Grand-Père qui essaye de comprendre ce qui se passe en regardant par dessus l'épaule des innovateurs.

 

à suivre...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.