Yitzhak RABIN, en un jour si funeste

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Il y aura quinze ans demain, en un funeste 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin, Premier Ministre en exercice de l’état d’Israël, tombait sous les balles d’un imbécile fanatisé par des idéologies ignobles. Ces balles assassinaient en même temps tous ceux qui avaient un rêve chevillé au corps, celui de voir naître un Moyen Orient apaisé, et les hommes de bonne volonté trouver un chemin enfin pour bâtir ensemble un avenir.

15 ans plus tard, les assassins semblent « triompher ». De tous côtés. Certains membres du gouvernement israélien d’aujourd’hui sont proches de ceux qui ont armé, au moins idéologiquement, le bras du tueur. Les fanatiques islamistes, les « fous de Dieu », font la loi dans de nombreux pays et organisations de la région. L’exécution annoncée de Sakineh Ashtiani aujourd’hui en Iran, même si on espère bien sûr encore qu’elle n’aura pas lieu, donne une couleur plus désespérante à cette journée. C’est le temps de ceux qui, comme ailleurs en d’autres époques, ont fait de « Viva la muerte ! » leur philosophie, convaincus que la violence la plus folle est l’expression ultime de la lucidité !

Alors la mort de Rabin, le héros-soldat devenu, par un long et difficile chemin du cœur et de la raison, un héros de la paix n’aurait servi à rien ? La révolution pacifique qu’il proposait a disparu à jamais avec lui ? Ou bien était-ce seulement, et depuis le début, un espoir naïf, un rêve impossible, une belle illusion ?

Sans la moindre hésitation, mieux vaut une illusion de vie qu’un réalisme de mort ! Qui sont ces donneurs de leçon qui savent tout sur la « sécurité » d’Israël ? Qui sont ces oiseaux noirs qui obscurcissent les horizons de l’espoir ? Seraient-ce les défenseurs authentiques des intérêts de l'état d'Israël contrairement au troupeau bêlant « d’imbéciles » et de « doux rêveurs » que nous sommes ? Non. Ces gens sont dangereux. Dangereux pour la paix, dangereux pour l’avenir du monde et, en tout premier lieu, dangereux pour Israël. Il est temps que les juifs de la diaspora et les vrais amis d’Israël s’en rendent compte, et ils commencent à le faire. Il est temps que les israéliens le disent, et je veux croire qu’ils n’en sont pas loin.

En ce jour de 4 novembre 2010, je penserai à Yithak Rabin et je rêverai de lapaix.

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