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Billet de blog 1 sept. 2015

Ukraine, la paix plus loin que jamais

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Le Parlement ukrainien a étudié hier l’amendement constitutionnelle proposé par l'exécutif visant à donner davantage d'autonomie aux régions russophones de l'est du pays. Le président Petro Porochenko défend le projet et assure qu'il fait partie de son plan de paix nationale. Cependant, la reforme ne tient pas en compte les engagements pris au début de l’année à Minsk.

"Je suis déterminé à céder un partie de mes pouvoirs en faveur des communautés régionales et à les renforcer par le biais d’un système de redistribution de ressources financiers”, affirmait hier Porochenko dans son discours. Le leader ukrainien estime ainsi que Kiev confirme sa réputation face à la communauté internationale en tant que “partenaire fiable” respectant les principes de l’accord signé en février dans la capitale Biélorusse, par l’Ukraine, la Russie, la France et l’Allemagne.

Toutefois, les déclarations du président ukrainien sont démenties par le même document cité dans son discours télévisé.  Le 12 février les leaders de ces quatre pays signaient ledit Accord Minsk II. Le même, établit que la reforme constitutionnelle, dont l’élément clé sera la “décentralisation prenant en compte les particularités des districts de Donetsk et Lugansk”, devra se réaliser “en accord avec les représentants de ces districts”. Autrement dit, le contenu de la réforme constitutionnelle devra être élaboré par Kiev conjointement avec les leaders des deux régions en conflit. Cependant, aucune table de négociation n’a été établie, aucun dialogue entre les parties n’a eu lieu.

Les leaders “rebelles” ont déclaré à maintes reprises que la lutte pour une autonomie dans la région de Donbass ne devait pas se limiter à une simple question d’administration de ressources par les autorités locales. Elle devrait contempler également un système de négociation qui permette aux représentants de Donetsk et de Lugansk à participer dans les décisions concernant la politique internationale.

De cette façon, la région de Donbass aurait non seulement la possibilité de influencer, par exemple, dans le commerce international de l’Ukraine (étant la Russie son principal partenaire), mais aussi de faire partie au processus de prise de décisions stratégiques telles que l’éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne et à l’Otan. “Moscou n’a pas eu ce qu’il voulait. Ils voulaient que ces marionnettes prennent des décisions en politique internationale, mais un maigre paquet d’autonomie ce tout ce qu’ils auront” se félicitait hier Porochenko. La reforme proposé par Kiev a déjà été critiqué par Moscou, qui a appelé au dialogue entre les parties.

Plus d’une année s’est déjà écoulée depuis la tombé du gouvernement "pro-russe" de Viktor Ianoukovytch.  Le conflit ukrainien a déjà causé la mort de sept mille personnes, tandis que deux millions de personnes ont dû quitter leur maisons. Malgré tout, le dialogue entre les parties n’est pas à l’ordre du jour. Si les leader des républiques autoproclamées et les gouvernement central n’arrivent pas à s'asseoir à la table de négociations, une paix durable paraît certainement une perspective très lointaine.-

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