Rroms de Saint-Etienne : évacuation de la Place de l'Hotel de Ville avant la 4ème nuit

Mardi soir, peu après 20h, les forces de police prenaient position autour de la place de l'Hôtel de Ville, afin de procéder à son évacuation par les Roumains Tziganes, évacués d'un campement démantelé vendredi 6 août.

Mardi soir, peu après 20h, les forces de police prenaient position autour de la place de l'Hôtel de Ville, afin de procéder à son évacuation par les Roumains Tziganes, évacués d'un campement démantelé vendredi 6 août.

Rroms de SaintEtienne

L'opération s'est déroulée dans un calme remarquable, les forces de police, en faible effectif, sont restées très discrètes, évitant de se montrer aux enfants de la communauté évacuée.

Rappelons que depuis samedi soir, les Rroms chassés du camp de Montmartre ont passé 3 nuits à la belle étoile, sur la place de l'Hôtel de Ville. Depuis jeudi dernier, les très nombreuses tentatives de communication avec la municipalité socialiste de Saint Etienne ont toutes échoué, que ce soit pour la presse, ou les collectifs et associations de soutien aux Roumains dans la recherche d'une solution humanitaire.

Rroms de Saint-Etienne

Ils s'apprétaient donc à y passer une 4ème nuit, lorsque le Commissaire et ses hommes sont venus procéder à l'évacuation de la Place, sur ordonnance rendue par le Tribunal de Grande Instance, en précisant que les Roumains avaient "interdiction de repli" (aucune possibilité de se poser quelque part, en groupe, pour dormir).- sur la juridiction de compétence du TGI de Saint Etienne

L'Ordonnance du Tribunal s'inscrit donc en écho du discours de Politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy et l'annonce faite ensuite par Brice Hortefeux qui veut "Démanteler 300 camps Roms illégaux" en moins de 3 mois.

Cette mesure concerne environ 200 personnes, évacuées du "camp de Montmartre" ou d'autres squatts depuis le 6 août.

Il est important de préciser que :

  • Toutes et tous sont en situation régulière, y compris ceux qui se sont vu notifier un OQTF (Obligation de quitter le territoire français) jeudi dernier : ils sont dans ls délais de recours.
  • Tous les enfants sont scolarisés, et régulièrement inscrits dans les écoles de la ville pour la rentrée prochaine


Rroms de Saint Etienne

Dès 20 h 45, Solidarité Rroms St-Etienne chargeaient des véhicules et remorques de matelas, couvertures, nourritures, affaires personnelles sauvées de l'ancien camp afin d'évacuer la Place. Puis les familles ont quitté le centre ville à la recherche d'un endroit pour dormir.

Etant toutes et tous en situation régulière, les OQTF étant dans les délais de recours, même si certains ont fait ce choix, ils ne sont pas "reconductibles à la frontière" pour l'heure. Mais il devront se cacher, ne pas se montrer, ne pas se rassembler, et fuire la "chasse" qui leur est faite.

Les associations et collectifs de soutien aux Rroms sont scandalisés et inquiets :
"Ils sont citoyens Européens, bénéficient donc de la liberté de circulation au sein de l'Europe. Mais en France, on leur interdit de ne plus circuler, de se poser. C'est une privation de liberté fondamentale !"

 

Rroms de Saint-Etienne

Ce midi, des bénévoles ont distibué de la nourriture et des couches aux familles dispersées en ville et aux alentours.

De nombreuses questions sont aujourd'hui en suspens :

  • Pourquoi la ville de Saint-Etienne, avec un maire PS, fut choisie comme première ville pour l'exécution des mesures de Brice Hortefeux (Démantèlement des camps illégaux de Rroms) ?
  • Pourquoi le Maire PS, Maurice Vincent, et l'ensemble de son conseil municipal sont-ils restés muets et inactifs face à ces évènements ?
  • Quel sort est réellement réservé à ces populations roumaines et bulgares, citoyens européens, parfaitement en rêgle, que l'on traque et chasse partout ?

 

Sources : Solidarité Rroms St-Etienne, LeFigaro.fr, AFP
Rédaction et Photos : Pierre Maréchal (Le peuple violet)

 

 

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