Ca se passe en Sarkozie...

Evacuation de familles sans logement à la Courneuve (93)

Ces faits se seraient produit n'importe où dans le monde, la Diplomatie Française se serait empressée de les condamner fermement.

Malheureusement, cette démonstration de force et d'oppression s'est déroulée à coté de chez nous, en Ile de France

L'auteur informe ses lecteurs que la vidéo amateur incluse dans cet article comporte des images choquantes par leur violence.

Lieu :

Squat de la barre Balzac, immense immeuble de béton promis à la démolition d'ici à la fin de l'année, dans le cadre de la rénovation urbaine, La Courneuve (Seine Saint Denis)

Contexte :

Le 8 juillet dernier, 107 squatteurs (selon LeParisien.fr) ont été évacués et interpellés par les forces de l'ordre, pour une "vérification d'identité", et une "proposition de logement d'urgence à l'hôtel"

Seules 25 femmes et 11 enfants ont accepté ces nuitées, 1 père et son enfant en bas âge ont été pris en charge par le SAMU

Depuis le 8 juillet, une soixantaine d'expulsés ont constitué un campement au pied de l'immeuble, en réclament un "logement pérène" plutôt qu'un logement d'urgence à l'hotel.

Progressivement, d'autres personnes sans-abris, expulsés, oubliés du DAL, sont venu les rejoindre en soutien

Les faits du 21 juillet :

Ils étaient près de 200 personnes aux pied de l'immeuble, dont une quarantaine d'enfants.

Le Préfet le de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, donne l'ordre de faire évacuer les lieux par les CRS.

La seule journaliste (de l'Humanité) présente sur les lieux est "priée de s'en aller". «J'ai eu beau montrer ma carte de presse, deux policiers m'ont attrapée pour me mettre en dehors du périmètre d'intervention en m'expliquant qu'ils avaient des ordres, explique Francine Bajande. C'est la première fois qu'on m'empêche ainsi de faire mon travail.»

Sur les lieux de l'intervention, un passant réussit cependant à filmer quelques images, avant que son matériel soit dégradé par un CRS zèlé. Il transmet ensuite ces images à Médiapart :


Evacuation de familles sans logement à la Courneuve
envoyé par Mediapart. - L'actualité du moment en vidéo.

« C'est la première fois qu'on voit une telle violence avec des femmes et des enfants, s'indigne Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL. Cette fois, on a franchi un palier dans la répression. Il faut savoir que le DAL n'a jamais été violent. On se contente de sit-in et de campements. Et ces familles demandent juste un toit. Les méthodes du nouveau préfet sont inquiétantes. Si on laisse passer ça, ces méthodes vont s'appliquer à tous les autres. Nous demandons des poursuites contre les policiers et contre les donneurs d'ordre. »

Jean-Baptiste Eyraud, le président du DAL, qui se trouvait sur le campement au moment de l'opération, a été placé en garde à vue pour «maintien d'un attroupement après sommation». Il a été relâché à 18 heures.

Puis la plupart ont été logés temporairement dans des hôtels. Mais pour quelques nuits seulement. La plupart des 239 ex-squatteurs (190 adultes, 49 enfants, selon Médiapart) ne savent pas où ils dormiront ce soir (27 juillet)

Le DAL assure que contrairement à ceux de Cachan ou Sevran, le maire de La Courneuve, Gilles Poux (PCF), n'a pas aidé les familles, pas mis de gymnase ou de lieu à leur disposition. L'édile se défend: «Je ne vais pas leur donner un gymnase pour enkyster la situation à La Courneuve alors que je ne suis responsable de rien dans cette affaire. Nous avons pris trois mois de retard sur les travaux de rénovation urbaine. Nous avons ouvert les toilettes des installations publiques pour eux, le Secours populaire a fourni de l'eau. C'est maintenant à l'Etat de prendre ses responsabilités. Je ne vais pas mettre les 1900 demandeurs de logements sociaux à La Courneuve à la remorque de ces familles. La solidarité, ce n'est pas le coup de force. Je ne vais pas culpabiliser alors que La Courneuve compte plus de 50% de logements sociaux et que les familles, en s'installant ici, savaient très bien comment tout cela allait finir.»

Le 27 juillet, une nouvelle réunion devait se tenir à la Préfecture de Seine-Saint-Denis pour fixer le sort de ces exclus de notre société

Sources : LeParisien.fr, Médiapart

Article également disponible sur Le Peuple Violet et sur LePost.fr

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