JACQUES PRÉVERT (1900 - 1977), Adopté.

Vendredi 15 février 2013 -

Sain(t) Claude (1/2)* (direct du 15 au soir)


Jacques Prévert, adopté pour "ouvrir" un 26ème billet (?)*. Dans quel état le billet  ? Peut-être atterrira-t'-il si éparpillé par mes faiblesses techniques que vous penserez à du Prévert au carré. En tous cas, cet humain libertaire, sera un maître compagnon pour participer à cette maquette de 6ème république à laquelle aspirent des grands millions de citoyens, qu'aideront des petits millions, jusqu'à ce que les lions s'inversent. A coups d'esprit(s) !  

Adopté pour ouverture d'un blog favorable à la poésie (et avec des pros qui tâtent à la...poélitique. Les adeptes ne manquent pas, surtout  quand l'on englobe les artisans de la prose poétique...Et puis la chanson où les textes humains harmonieusement mariés avec de jolies musiques sont servis par des êtres idoines.

Oui Prévert, tandis que je cherchais à le bien connaître et que j'ai "crié" oui à la lecture de Cet amour. Alors, ensuite, le wikipédia de sa biographie continua. L'histoire du poème : Cet amour est le 72 ème et dernier d'un petit bijou de livre qui me fut offert pour un anniversaire où Souchon  permettait à la famille de chantonner "J'ai 10ans" 7 fois. Cette fois...mais parlons du bijou dont je savais l'existence mais dont je n'avais pas porté attention à la quarantaine d'auteurs, de Ronsard à Aragon, qui habitaient ce livret magnifique, intitulé en petites majuscules LES PLUS BEAUX POEMES D'AMOUR de Ronsard à Aragon...Présentés par Brigitte Fossey, qui s'efface et se fait minuscule, pour écrire : 72 façons de dire <<je t'aime>>.

pré vert... Curieux, j'ai lu Cet amour et l'ai lu l'ai lu. Adopté (la surprise est larguée). Ne vous infligerai pas toutes les raisons, mais citerai les principales qui font des liens. Et l'Histoire s'en est mêlée hier et, 48 heures de retard ne seront rien pour s'ajuster avec des esprits de MDP et puis les 4 vers que je serine au fil des mois ont déjà de grandes réponses...

Bon, si je me "plante", il me restera de vous recommander de découvrir un esprit important, pour la maquette modèle JAURES  à réaliser... Le "je me plante" concerne encore la technique ce soir. Bon week-end

Bernard (o)*

  


CET AMOUR

 

Cet amour :

Si violent, si fragile, si tendre, si désespéré,

 

 

Cet amour : beau comme le jour

Et mauvais comme le temps quand le temps est mauvais,

Cet amour si vrai, cet amour si beau,

Si heureux, si joyeux et si dérisoire,

Tremblant de peur comme un enfant dans le noir,

Et si sûr de lui,

Comme un homme tranquille au milieu de la nuit.

 

Cet amour qui faisait peur aux autres,

Qui les faisait parler, qui les faisait blêmir.

 

Cet amour guetté,

Parce que nous les guettions :

Traqué blessé piétiné achevé nié oublié,

Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié

 

Cet amour tout entier

Si vivant encore et tout ensoleillé :

C'est le tien, c'est le mien, celui qui a été,

Cette chose toujours nouvelle et qui n'a pas changé :

 

Aussi vraie qu'une plante, aussi tremblante qu'un oiseau,

Aussi chaude aussi vivante que l'été,

Nous pouvons tous les deux aller et revenir,

Nous pouvons oublier et puis nous rendormir,

Nous endormir encore, rêver à la mort,

Nous éveiller sourire et rire et rajeunir...

 

Notre amour reste là :

Têtu comme une bourrique,

Vivant comme le désir, cruel comme la mémoire,

Bête comme les regrets, tendre comme le souvenir,

Froid comme le marbre, beau comme le jour,

Fragile comme un enfant, il nous regarde en souriant,

Et il nous parle sans rien dire

Et moi je l'écoute en tremblant;

 

Et je crie :

Je crie pour toi, je crie pour moi, je te supplie

Pour toi, pour moi et pour tous ceux qui s'aiment

Et qui se sont aimés,

 

Oui je lui crie,

Pour toi pour moi et pour tous les autres

Que je ne connais pas.

Reste là, là où tu es, là où tu étais autrefois.

Reste là, ne bouge pas, ne t'en va pas;

 

Nous qui sommes aimés, nous t'avons oublié,

Toi, ne nous oublie pas.

Nous n'avions que toi sur la Terre,

Ne nous laisse pas devenir froids.

 

Beaucoup plus loin toujours et n'importe où,

Donne-nous signe de vie,

Beaucoup plus tard au coin d'un bois,

Dans la forêt de la mémoire,

Surgis soudain, tends-nous la main

 

Et sauve-nous.

 

Jacques Prévert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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