Les Délivrés : l'équipe du film

On ne le répète jamais assez, et ce n'est pas non plus un exercice de fausse modestie que de le réaffirmer, encore et encore : un film est le fruit d'un travail collectif. Voici une brève présentation de l'équipe du documentaire Les Délivrés.

Même s'il est vrai que l'idée d'un documentaire sort d'un seul et unique cerveau, celui du réalisateur ou de la réalisatrice, que c'est celui-ci qui va devoir tenir le cap durant plusieurs années malgré les vagues de doutes et les rafales d'imprévus, c'est bien grâce à l'accompagnement artistique, technique et humain qu'un tel projet arrive à voir le jour.
Alors, mettons la lumière le temps d'un court article sur l'excellente équipe technique des Délivrés (note pour le prochain film : la parité, bordel !) sans qui je n'aurais certainement pas eu le courage de me lancer dans un premier documentaire comme celui-ci.

Jonathan Slimak : producteur – Mil Sabords

Février 2018, je m'apprête à tourner un court-métrage documentaire totalement auto-produit avec des livreurs en colère, drôle d'idée. Victor Blondel, chef opérateur, demande à Jonathan s'il peut emprunter la caméra de sa production. Au passage, il lui pitche le projet, alors embryonnaire. La semaine suivante, je signais mon premier contrat de réalisateur avec Jonathan qui avait été plus que séduit par le sujet.

27 versions de note d'intention, 58 jours de tournage et 10 semaines de montage plus tard, j'ai enfin compris le métier de producteur de documentaire. En plus d'avoir mené à bien le financement du film en déposant les différentes versions du dossier aux diffuseurs TV (France 3 Pays de la Loire et LCP-Assemblée nationale) ainsi qu'aux guichets des institutions qui subventionnent le secteur audiovisuel (régions, CNC, Procirep...), il n'a cessé de m'accompagner et de m'épauler tout au long du projet. Il y a eu des moments de légères tensions, d'incompréhensions, des questions auxquelles je ne savais pas toujours répondre, dont celle-ci qui résonne encore au fond de ma tête : « Mais Thomas, tu cherches quoi en tournant cette séquence, au fait ? ». Avec le recul, je crois que sans ce matraquage hebdomadaire qui aura duré deux ans et demi, je n'aurais pas creusé autant ma réflexion sur le sujet, j'aurais beaucoup trop tourné, sans recul, et j'aurais accumulé une dose de stress néfaste au bon déroulement du projet. Je lui dois tout cela, entre autres.

Olivier Brumelot : délégué à l'antenne et aux contenus – France 3 Pays de la Loire

Le rôle du diffuseur est essentiel et incontournable dans la production audiovisuelle : sans diffusion TV, pas de financement possible. Autant dire que le ou la délégué.e à l'antenne et aux contenus d'une chaîne de télévision a la main sur le levier le plus important pour tout un écosystème. Pourtant, nous n'avons jamais senti un quelconque rapport conflictuel avec Olivier qui a toujours su accompagner le projet avec beaucoup de bienveillance et d'intelligence. Il a su nous aiguiller dans la bonne direction lorsque le projet était encore trop fragile comme nous féliciter lors de la séance de visionnage finale, mettant un terme à de longs mois de tachycardie passagère et de nuits agitées à me demander si le film serait à la hauteur. Je souhaitais aussi démystifier la soi-disant main mise éditoriale de tous diffuseurs sur les films : à titre personnel, j'ai fait le film que j'avais en tête. Ni Olivier ni personne ne m'a imposé quoi que ce soit, et même si ce n'est pas le cas sur toutes les chaînes de télévision, cela est très précieux et doit être dit.

Anne Billiotte : administratrice – France 3 Pays de la Loire

Étroitement lié au travail du producteur, Anne a suivi l'aspect administratif et financier du projet du début à la fin pour France Télévisions, notre coproducteur. Elle a accompagné l’ensemble des questionnements économiques et a fait le lien avec les équipes internes des différents studios de La Fabrique de France Télévisions.

Clara Lamarque : stagiaire production – Mil Sabords

Bras droit de Jonathan durant la période de tournage, son aide a été précieuse pour la création du dossier, c'est aussi grâce à son organisation irréprochable que nous avons voyagé et dormi en toute quiétude lorsque que nous partions pour Bordeaux ou Paris. En guise de remerciement, nous lui posions délicatement une pile chronologiquement rangée de factures et autres notes de frais sur son bureau. C'est aussi ça, la production, merci Clara :) .

Mathilde Fleury-Mohler et Adrien Heudier : La Plateforme

Membres de l'équipe permanente de l'association des professionnels de l'audiovisuel et du cinéma des Pays de la Loire, Mathilde et Adrien ont soutenu le projet en accompagnant le processus d'écriture au sein du Parcours d'auteurs, une résidence/formation à l'écriture à laquelle j'ai pu participer en 2019. Ils font rayonner les projets audiovisuels et cinématographiques locaux, le nôtre également, nous les remercions pour leurs encouragements.

Victor Blondel : chef opérateur

Binôme de toujours, Victor connaît absolument tous les formats et codecs de tournage depuis le lancement des fameuses cassettes Sony Betamax en 1976 jusqu'à l'incontournable Blackmagic RAW Q0 444/12 bits. Mais il sait aussi sortir l’œil du viseur pour parler cinéma, photographie et peinture afin de proposer une esthétique cohérente avec le film. Discret et attentif sur un plateau, nous arrivons à nous comprendre rapidement pour adapter le cadre, changer de personnage ou prolonger le tournage de la scène sans interrompre les protagonistes. Fin 2021, nous allons d'ailleurs breveter un nouveau langage des signes uniquement à l'aide des paupières, nous vous tiendrons informés.

Aurélien Bonnet : chef monteur

Forts de nos deux casquettes de monteur et réalisateur, notre duo a parfaitement fonctionné durant les six semaines de travail en commun. Rapidement, Aurélien a compris que je n'attendais pas de lui une expertise technique mais bien un regard averti sur les rushes, la narration et la dramaturgie du film. Il nous est arrivé d'inverser les rôles lorsque nous bloquions sur une séquence et c'est alors qu'Aurélien, assis sur mon canapé, trouva la solution, eurêka. Vivement le prochain film.

Maxime Dangles : compositeur

Camarade de longue date lors de festivals de musiques électroniques, que je fréquente beaucoup par ailleurs, la musique atmosphérique et planante de Maxime s'est imposée comme une évidence dès l'écriture du projet. Nous avons échangé à différentes étapes du film : du premier jet sur des séquences pré-montées jusqu'au montage définitif. Aujourd'hui, nous travaillons avec Maxime et l'équipe du festival Astropolis sur la création d'un ciné-concert où Maxime se produira en live sur les images (et les sons) du documentaire. Nous avons hâte de pouvoir défendre cette réécriture audiovisuelle en salle, dès que possible.

Prise de son, bruitage : Raphael Bigaud

Raphaël est intervenu à la fin du film pour une séance de « bruitage vélo » dans sa campagne clissonnaise. Il a équipé un vélo de course de plusieurs micros HF puis nous sommes partis pour plusieurs heures d'accélérations, de passage de vitesse et autres freinages d'urgence dans le but de fournir une matière suffisamment riche au monteur son. Des rushes, encore des rushes, toujours des rushes...

Vincent Texier : monteur son et mixeur

Deux semaines d'intenses sessions de montage et mixage son dans les studios de France 3 Bretagne ont été nécessaires au travail de la bande son. C'était une étape cruciale, le son était pour moi très important sur ce film et Vincent a constamment été force de proposition. Par exemple, si vous faites bien attention, les sons d'impact de balle de tennis au fond du fond de l'arrière-plan à 41 minutes et 15 secondes, c'est lui.

Marcelo Cilurzo : étalonneur

Le travail d'étalonnage d'un film consiste à harmoniser les couleurs et les contrastes des images les unes par rapport aux autres, trouver une cohérence ainsi qu'une esthétique adaptée au film. Sous la direction artistique de Victor, nous avons travaillé quatre jours avec Marcelo pour globalement refroidir les plans et les contraster pour durcir l'image et faire ressortir la violence que subissent les livreurs dans leur quotidien.

Laurent Pannier : monteur additionnel pastilles web

Laurent est l'associé de Jonathan et fondateur de la société de production Mil Sabords. Il est également producteur, monteur, et pour l'anecdote, mon ancien professeur de montage lorsque j'étais étudiant au BTS de Rouen en 2008. C'est donc avec un grand plaisir que nous avons travaillé ensemble sur le montage des pastilles web diffusées sur France 3 Pays de la Loire.

Jean-Baptiste Bonnet : consultant au scénario

Aussi loufoque que cela puisse paraître : un documentaire, ça s'écrit. Arrivé presque à la fin de notre période d’écriture, nous voulions pousser ce travail un peu plus loin avec Jonathan, et je commençais à sérieusement manquer de recul. Nous avons donc fait appel à Jean-Baptiste, auteur et réalisateur aguerri avec qui j'ai pu échanger autour du projet et du dossier durant plusieurs jours. Il m'a été d'une aide précieuse en ouvrant beaucoup de portes encore fermées et en clarifiant ma note d'intention. J'ai relu récemment le dossier définitif, les intentions de départ sont encore en place quand je défends le film, c'était le but de cette collaboration, mission réussie.

Giulia Boccato : coordinatrice de la campagne d'impact

Giulia a rejoint l'équipe en septembre 2020, une fois le film terminé. Elle travaille d'arrache-pied sur la diffusion du film ainsi que sur la campagne d'impact, visant à élargir au maximum la diffusion et à créer des passerelles avec le monde politique pour que le documentaire devienne un réel outil de lobbying. Par exemple, nous aurions dû projeter le film au Sénat en novembre, suivi d'un débat dans l'hémicycle, événement annulé pour cause de COVID, ce n'est que partie remise.

 

Ont également travaillé sur ce projet, merci à elleux :

Clément Gallice, César Boucheton, Sébastien Grandsire, Véronique Bral, Cynthia Gravet, Claude Etienne, Sandrine Dimet, Patrick Cavrois, Christelle Lomenech, Hervé Bruey, Jean-François Barré, Vincent Rousseau, Laure Van Vlasselaer, Guilaine Chenu, Isabella Pisani, Delphine Pianta, Fabienne Guinaudeau, Sandrine Quemeneur.

 

Thomas

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