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Billet de blog 11 nov. 2018

Ours is a country of words

Entretien avec Mathijs Poppe à propos de son film Ours is a country of words

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Ours is a country of words, Mathijs Poppe, 2018

Comment avez vous abordé l’idée de ce rêve pour le moment irréalisable avec les Palestiniens ?

En 2010, je suis allé pour la première fois à Chatila, le camp de réfugiés palestiniens où a lieu le film. Un de mes amis avait grandi là bas et il m’avait proposé de m’y rendre pour l’aider à créer un centre pour la jeunesse. Depuis, je fais des aller-retours pour voir les gens que je connais. Beaucoup d’acteurs du film sont des gens que j’ai rencontrés dès ma première visite. L’idée du retour est venue d’elle- même pendant que je travaillais sur un film avec eux. Je découvrais avec eux l’idée de mettre en scène ce retour. Mes amis proches, les personnages principaux du film comme Abbas, Zayat Jamal et leur famille aimaient vraiment cette idée. Je ne les ai pas vraiment convaincus, l’idée a grandi petit à petit en nous.

Avez-vous écrit et découpé le film comme une fiction classique ?

Dans les premiers temps j’ai passé beaucoup de temps à Chatila sans avoir d’idée précise de ce dont le film parlerait. Je passais juste du temps dans la rue avec mes amis et leur famille. L’idée du retour a commencé à grandir en nous mais c’était important pour moi de continuer à observer le quotidien de Chatila pour que le retour soit mis en scène dans la banalité de ce quotidien. Par exemple, la scène des garçons dans la chambre est venue du fait que j’avais remarqué qu’ils se rencontraient tous les mardis soir dans la chambre d’Omran. Plus tard dans la préparation du tournage, les scènes étaient plus préparées, je savais ce que je voulais filmer, avec qui et où. Mais pendant le tournage on n’arrêtait pas d’ajouter des scènes qui s’inspiraient de l’observation des personnages dans leur quotidien.

Comment avez-vous travaillé la mise-en-scène et la direction des personnages ?

Pour chaque scène c’était différent, certaines sont vraiment dirigées, d’autres complètement «documentaires ». Mais je n’ai jamais donné de dialogue aux acteurs. La scène des garçons dans la chambre est un bon exemple. on l’a filmée deux fois, mais pendant deux heures à chaque fois. Ils discutaient juste de ce qu’ils ferait quand ils y retourneraient. En un sens, cette scène est jouée, mais quand ils entamaient la conversation, il n’y avait aucun moyen pour moi de les encourager dans une autre direction et ce sont les plus beaux moments de la scène.

Etait-ce intentionnel de filmer lors des problèmes sanitaires, avec les hôpitaux qui n’acceptent pas les Palestiniens ?

Cette scène de manifestation au milieu du film est presque arrivée par accident. Pendant la phase de préparation du film, un ami m’a dit de m’y rendre avec ma caméra. J’étais réticent parce que je ne voulais pas que ces images stéréotypées de manifestants palestiniens soient dans mon film. En travaillant avec mes amis à Chatila je voulais adopter un point de vue différent en tant que réalisateur. Je ne voulais pas les considérer comme des sujets ou des victimes. Les images de la manifestation ne rentraient pas dans ce cadre. Seulement au montage, j’avais du mal à donner une sorte d’urgence à ce retour et c’est alors que je me suis souvenu de ces images. En les intégrant, l’importance du retour est devenu évident.

Comment avez vous tourné la scène de la moto ?

Quand je restais à Chatila, Abbas me prenait souvent sur sa moto pour aller faire les courses. Parfois il chantait jusqu’au supermarché. Je crois qu’on a du faire sept ou huit prises de la scène pour obtenir le bon plan parce qu’il était très difficile de ne pas me filmer dans le rétroviseur. Le micro était caché sous la veste d’Abbas et l’enregistreur était entre ses jambes sur la moto.

propos recueillis par Anne-Capucine Blot

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