[7 et 8 novembre] 19e édition du festival Les Ecrans Documentaires

Dans le cadre de la 19e édition du festival Les Écrans Documentaires, la thématique retenue est celle des : « Des migrants, des frontières ». Rendez-vous samedi 7 et dimanche 8 novembre à l'espace Jean Vilar d'Arcueil.

Dans le cadre de la 19e édition du festival Les Écrans Documentaires, la thématique retenue est celle des : « Des migrants, des frontières ». Rendez-vous samedi 7 et dimanche 8 novembre à l'espace Jean Vilar d'Arcueil.

La programmation:

UN AUTRE JOUR SUR LA PLAGE de Jérémy Gravayat (France, 2002, 20’)

BORDER de Laura Waddigton (France/ E.U., 2004, 27’)

POUR VIVRE J’AI LAISSÉ de Bénédicte Liénard (France, 2004, 30’)

CAPSULAR de Herman Asselberghs (Belgique, 2007, 25’)

HOPE de Boris Lojkine (France, 2015, 90’)

LES MESSAGERS de Hélène Crouzillat & Laetitia Tura (France, 2014, 70’)

Pour plus d'informations : 

http://www.lesecransdocumentaires.org/2015/

« Je vous écris d’un pays autrefois clair. Je vous écris du pays du manteau et de l’ombre » Épreuves, exorcismes. Henri Michaux

Depuis des mois, les médias nous annoncent quotidiennement ou presque les tragédies vécues par les migrants aux portes de l’Europe. Au risque de la litanie. Ces drames à répétition ont lieu quasiment sous nos yeux – sous ceux des Grecs et des Italiens indéniablement.  Nos gouvernants ont, jusqu’à très récemment, gardé le silence, tétanisés par la présence de l’extrême-droite et la proximité des échéances électorales. Au pire, contaminés par le discours frontiste, ils participent au déversement de propos ignominieux où le choix des mots a toute son importance. L’usage répété, martelé, des termes flux, raz de marée, crise, invasion…alimente les peurs, joue des amalgames et légitime des politiques migratoires attentatoires aux droits fondamentaux.

A l’échelle mondiale les frontières devenues murs n’ont cessé de proliférer ces dernières années – symptôme de notre monde tiraillé entre mondialisation et fragmentation. Du mur Israélien en Cisjordanie (Voir Mur de Simone Bitton) à la barrière séparant les États-Unis du Mexique (Voir De l’autre côté de Chantal Akerman) jusqu’au mur le plus long (3200km) entre l’Inde et le Bengladesh très discrètement meurtrier (documenté par le travail photographique de Gaël Turine), la liste serait longue.  

Face à cette actualité tragique, le ministre italien des affaires étrangères Paolo Gentinoli en déclarant « l’Europe redécouvrira son âme ou la perdra pour de bon » nous rappelle les véritables enjeux et nous renvoie à nos responsabilités d’habitants de cette partie du monde. Il nous rappelle à la pensée de Jacques Derrida pour qui l’hospitalité est la culture même et non une éthique parmi d’autres. La question finalement est de savoir si nous considérons le droit à la mobilité comme un droit inaliénable pour tous ou comme un privilège.

Le cinéma, notamment documentaire n’a pas attendu pour porter attention à ceux qui manquent. Pour être là, aux côtés de ces invisibles que sont les migrants. Pour tenter de saisir et de penser les bouleversements de l’époque. Pour cette raison nous avons voulu revisiter les programmations du festival depuis son origine, en extraire quelques films, les mettre en perspective avec des films plus récents dont une fiction. C’est dans ce sens que nous voulions également accueillir une pièce de théâtre, 81 avenue Victor Hugo (créée au théâtre de la Commune dans le cadre des pièces d’actualité). Si nous avons été contraints d’abandonner cette idée, nous avons maintenu notre invitation aux membres de l’équipe artistique de cette pièce à venir participer à l’échange collectif prévu à l’issue de cette programmation. Nous souhaitons nous aussi traverser les frontières, celles des genres et des démarches artistiques sans autre risque que celui  de l’échange et de la réflexion partagée. En associant ces films, cette pièce de théâtre qui élaborent des récits, imaginent des dispositifs, proposent des expériences sensibles, témoignent d’un état du monde, nous établirons des liens de sens et de pensée. Nous tenterons, en reprenant l’expression de Walter Benjamin, « d‘organiser le pessimisme ».

Au poète les derniers mots :

"La terre nous est étroite. Elle nous accule dans le dernier défilé et nous nous dévêtons de nos membres pour passer. Et la terre nous pressure. Que ne sommes-nous son blé, pour mourir et ressusciter." La terre nous est étroite. Mahmoud Darwich

Sabrina Malek

La programmation:

UN AUTRE JOUR SUR LA PLAGE de Jérémy Gravayat (France, 2002, 20’)

BORDER de Laura Waddigton (France/ E.U., 2004, 27’)

POUR VIVRE J’AI LAISSÉ de Bénédicte Liénard (France, 2004, 30’)

CAPSULAR de Herman Asselberghs (Belgique, 2007, 25’)

HOPE de Boris Lojkine (France, 2015, 90’)

LES MESSAGERS de Hélène Crouzillat & Laetitia Tura (France, 2014, 70’)

 

Pour plus d'informations : 

http://www.lesecransdocumentaires.org/2015/

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