Le Festival Les Écrans documentaires, 22e édition !

Le festival Les Écrans documentaires ouvrira sa 22e édition le mercredi 7 novembre ! Le festival met en avant le documentaire de création depuis maintenant plus de 20 ans, il propose cette année encore une programmation éclectique, avec une Sélection premier film, des rencontres, des avants-premières ...

"Depuis trois éditions maintenant, d’un festival qui en compte vingt-deux, nous nous adaptons à la fragilité de notre situation. Nous ne nous en satisfaisons pas malgré la volonté farouche et renouvelée de montrer, d’accompagner les œuvres, là où nous sommes. Nous ne déplorons aucun isolement ou « traitement de défaveur » tant les nouvelles régulières de structures menacées, de lieux de programmation en phase de fermeture, d’associations en difficulté, nous rappellent que nous connaissons un quotidien et des temps à venir communs. Pour autant, nous ne bouderons pas notre plaisir à proposer aux publics les quelques quarante séances de cette programmation 2018."

Manuel Briot, programmateur et coordinateur général du festival

10 places pour deux personnes à gagner pour la séance de votre choix en envoyant un mail à: evenements@mediapart.fr

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Le festival met en avant la jeune création documentaire en proposant tous les ans une sélection de premiers films, concourant pour le prix du Jury mais également pour un prix remis par le Ceci du Moulin d'Andé, le gagnant se voit offrir la possibilité de profiter d'une résidence d'écriture pour son prochain projet.

Cette année un certain nombre de films en compétition nous plongent dans les affres de l'exclusion. Celle, interminable, des Palestiniens à travers deux films, De Chatila nous partirons et Ours is a country of words, celle des enfants d'immigrés qu'on fit venir d'Afrique dans les années 60 pour travailler dans l'usine Renault des Mureaux en région parisienne dans De cendres et de braises, celle des habitants de banlieue madrilène, expulsés de leur logement par les promoteurs immobiliers à qui la mairie de Madrid vend ses logements sociaux dans La Grieta, ou encore celle des adolescents d'un centre éducatif fermé, masqués pour mieux s'exprimer dans Le cri est toujours le début d'un chant. Les propos de ces jeunes "délinquants"  font aussi  écho à ceux des deux personnages  d'Enfermés mais vivants, que l'incarcération vécue de l'intérieur comme de l'extérieur a écorchés vif.

Dans Angkar, également sélectionné au Cinéma du Réel cette année, la réalisatrice part avec son père sur les traces d'un passé traumatique dans le village cambodgien où il a vécu avant de fuir le régime Khmer, la rencontre avec ses bourreaux le libère d'une certaine manière d'un silence dans lequel il était enfermé. Enfin dans Nulle part avant à partir d’entretiens au long cours de trois femmes et du rapport qu’elles entretiennent avec leur métier, se tisse le récit d’une histoire familiale passée et traumatique. Matériaux écrits (poésie), visuels (vieux films amateurs) et musicaux (pièce contemporaine) viennent en éclairer les origines et le sens, et en défaire les nœuds.

 

Le cri est toujours le début d'un chant, Clémence Ancelin, 2018 Le cri est toujours le début d'un chant, Clémence Ancelin, 2018

 Les Écrans Documentaires d’Arcueil et La CLEF (Culture, Loisirs et Formation) à Saint-Germain-en-Laye proposent également, pour cette deuxième année de partenariat, trois documentaires sur la place et le rôle de la voix, ses caractères esthétiques et sa portée militante ou politique à travers différents genres musicaux: chanson populaire, punk-rock, opéra ou musique contemporaine.

La répétition générale, Werner Schroeter, 1980 La répétition générale, Werner Schroeter, 1980

 Les Écrans documentaires poursuit son partenariat avec le MacVal (Musée d'Art contemporain du Val-de Marne). Cette année c'est autour de l'exposition "Persona Grata", qui interroge la notion d'hospitalité. Le festival propose des projections et des rencontres avec Sébastien Thiéry du Collectif PEROU, puis avec avec le cinéaste syro-palestinien Samer Salameh autour notamment de cette question de plus en plus tendue et clivante.

Considérent qu'il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir, Sébastien Thiéry, 2014 Considérent qu'il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir, Sébastien Thiéry, 2014

 Dans la continuité des années précédentes, la cinéaste Safia Benhaim est invitée à venir présenter son travail. Au cours de cette rencontre nous programmerons L’arrière-pays et La fièvre, sélectionnés respectivement en 2009 et en 2015 dans le cadre des sections compétitives du festival. Il est remarquable de voir, entre ces deux films-essais, se tisser des prolongements formels et de sens pour composer un diptyque sensible à partir de l’exil. 

La Fièvre, Safia benhaim, 2014 La Fièvre, Safia benhaim, 2014

La réalisatrice grecque Evangelia Kranioti montrera son dernier long métrage, Obscuro Barroco. Elle présentera aussi des travaux en cours d’élaboration (photographies, vidéo) qui sont les prolongements de ses recherches plastiques et sonores sur le brouillage des frontières entre pratiques documentaires et fiction. 

Obscuro Barroco, Evangelia Kranioti, 2018 Obscuro Barroco, Evangelia Kranioti, 2018

Enfin le festival propose des films en avant-première, notamment pour la soirée d'ouverture du 7 novembre avec le film de Samuel Bigiaoui 68, mon père et les clous, qui nous ouvre les portes de la quincaillerie de son père durant les derniers mois avant sa fermeture.

En clôture c'est le film de Diego Governatori, Quelle Folie qui sera projeté après l'annonce du palmarès le samedi 10 novembre. Le film accueille la parole d'Aurélien, atteint du syndrome autistique d’Asperger, il nous plonge dans ses réflexions et tente de mettre des mots sur cet autisme.

Quelle Folie, Diego Governatori, 2018 Quelle Folie, Diego Governatori, 2018

 

 

 

Pour plus d'informations et pour retrouver la programmation complète : lesecransdocumentaites.org

 

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