Mentir n’est pas manquer à la déontologie, selon le CSA

Nous avions  interpellé France Télévisions et le CSA suite à une succession d’événements en début d’année illustrant, avec des arguments, un manque de sérieux dans le traitement de l’information et des relations avec les téléspectateurs des JTs de France 2. Tout était résumé dans cet article publié le 28 avril que nous vous encourageons à (re)lire : "Le JT de France 2, le journalisme et le service public"http://blogs.mediapart.fr/blog/les-indignes-du-paf/280414/le-jt-de-france-2-le-journalisme-et-le-service-public

Nous avions  interpellé France Télévisions et le CSA suite à une succession d’événements en début d’année illustrant, avec des arguments, un manque de sérieux dans le traitement de l’information et des relations avec les téléspectateurs des JTs de France 2. Tout était résumé dans cet article publié le 28 avril que nous vous encourageons à (re)lire : "Le JT de France 2, le journalisme et le service public"

http://blogs.mediapart.fr/blog/les-indignes-du-paf/280414/le-jt-de-france-2-le-journalisme-et-le-service-public

Pour faire bref, en voici les grandes lignes :

- 23 Avril 2014 : sujet sur les météorites commençant par les images de la chute d’un objet,  présenté comme une météorite, ayant pu coûter la vie d’un parachutiste, alors que dès le 4 avril un article sur le site de FTV expliquait qu’il s’agissait plus vraisemblablement d’une pierre tombée du parachute où elle était enfermée jusqu’à son ouverture ;

- 7 Avril 2014 : sujet sur le surimi présenté comme une enquête se concentre en fait sur les produits d’une seule marque sans la citer mais en affichant son nom à plusieurs reprises à l’antenne par le biais de logos sur des vêtements, bâtiments ou dans des textes à l’image. Ce reportage coïncide avec le lancement d’une grande campagne de la marque en question et l’achat d’espaces sur tous les médias. La publicité était, notamment, diffusée sur le site de France Télévisions au moment du replay du JT ;

- 16 Février 2014 : sujet sur la photographie culinaire plagié d’un magazine jusqu’au choix de la photo d’illustration sans que cela soit dit. L’interpellation portait cette fois plus sur le respect du travail des journalistes entre eux, mais elle avait donné à un échange très cru avec la rédaction de France 2. 

La réponse du CSA est (…) : « Le Conseil a, le 18 juin 2014, examiné ces trois reportages. Il n’a pas relevé de manquement de France 2 à ses obligations déontologiques. Il ne s’estime donc pas fondé à intervenir auprès de France Télévisions.» (réponse en intégralité à la fin de l’article) 

Ainsi donc, présenter clairement des images pour ce qu’elles ne sont pas, présenter un voyage de presse comme une enquête sans qu’y soit abordés plusieurs éléments de  la gamme de produits ne sont pas des manquements aux obligations déontologiques d’une chaine. Le public appréciera. 

Nous en discuterons lors de notre prochain RVs au Conseil et restons convaincus que la mobilisation citoyenne est indispensable pour changer certaines (mauvaises) habitudes des rédactions et encourager l’institution à être plus stricte.

Nous invitons aussi toutes celles et ceux inquiets, comme nous, du virage que prend l’information vers la communication à nous rejoindre dans un « Conseil de presse d’initiative citoyenne » abordant dans le dialogue, mais avec lucidité et détermination les dérapages déontologiques de l’information. Il en va de l’avenir du journalisme et, directement, de la démocratie. 

 

Réponse du CSA reçue par mail le 2 Juillet 2014 à 11h47 :  

« Monsieur,

Par un communiqué du 28 avril, vous avez  appelé l’attention du Conseil sur la déontologie de l’information dans les éditions du journal de 20 heures de France 2. En particulier, vous l’avez alerté sur trois reportages, l’un diffusé le 23 avril 2014 et intitulé « Météorites : un risque sous-évalué ? », un autre diffusé le 7 avril 2014 et consacré au surimi, et un dernier relatif à la photographie culinaire et mis à l’antenne le 16 février 2014. 

L’article 35 du cahier des charges de France Télévisions prévoit notamment que « Les questions prêtant à controverse doivent être présentées de façon honnête et l’expression des différents points de vue doit être assurée. (…). La société fait preuve de rigueur dans la présentation et le traitement de l'information. (…).» 

Le Conseil a, le 18 juin 2014, examiné ces trois reportages. Il n’a pas relevé de manquement de France 2 à ses obligations déontologiques. Il ne s’estime donc pas fondé à intervenir auprès de France Télévisions. Soyez toutefois assuré que le Conseil reste vigilant au respect par les chaînes de leurs obligations, notamment déontologiques. 

Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération la meilleure.  

CSA -  Service de l'Information et de la Documentation »



Cet avis n'est pas sans rappeler cela...

Affaire Akre + Wilson VS Monsanto + FoxNews avis de la Cour d'appel de Floride, 2003: "aucune loi n'interdit à un (média) de mentir" (annulé par la Cour suprême)

http://blogs.mediapart.fr/blog/les-indignes-du-paf/260714/cour-dappel-de-floride-2003-aucune-loi-ninterdit-un-media-de-mentir-arret-annule-par-la-cou


 

En fait, le délit de diffusion de fausses nouvelles existe. C'est l'article 27 de la loi du 18/07/1881, mais ses conditions d'applications sont tellement restrictives et particulières qu'elles le rendent inapplicable...

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006419726&cidTexte=LEGITEXT000006070722&dateTexte=20040621

 

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