Mercredi 28/10/2015: Audition de Mathieu Gallet, PDG de Radio France, au Sénat

Verbatim des passages concernant la banque de programmes Sophia (une analyse détaillée des réponses est en cours).


Rappel: nous avions interpellé les membres de la Commission Culture du Sénat...

Radio France: alerte pour #Sophia, banque de programmes de service public

http://blogs.mediapart.fr/blog/les-indignes-du-paf/271015/radio-france-alerte-pour-sophia-banque-de-programmes-de-service-public


Questions des groupes parlementaires...

Images: http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video30410.html

Groupe CRC (Communistes Républicains et Citoyens), Mme Brigitte Gonthier-Maurin: de 2'14 à 2'40

2’14’’ : Ma 3ème et dernière question porte sur l’évolution du service public Sophia, banque de programme à destination des radios associatives, web radios ou radios commerciales de classe B. Parce qu'il est évoqué le fait qu’il pourrait être cédé à un opérateur privé pour une somme symbolique. Est-ce que vous pouvez confirmer ou non parce que tout ça s’est constitué avec des actes de service public, des contributions de service public et c’est quand même un réseau qui est utilisé et important… 

Groupe Ecologistes, Mme Marie-Christine Blandin: de 14'19 à 14'42

Je voudrais doubler un peu la question de ma collègue Mme Gonthier-Maurin parce que nous voulons vraiment des réponses précises sur l’histoire de Sophia. C’est un petit bijou qui met à disposition du contenu pour les radios associatives qui n’ont pas les moyens de produire cette qualité, vous l’avez hébergée et nourrie. Puis d’un seul coup, on nous dit que ça va être vendu, on sait pas comment, on sait pas quel prix, on sait pas avec quel appel d’offre et on sait pas avec quel avis du CSA et vraiment le Sénat veut des réponses très précises sur ce sujet.

Réponse de Mathieu Gallet et Frédéric Schlesinger: 27'10 à 32'37 

27’10’’ Mathieu Gallet :

Sur le cas de Sophia, puisque vous en avez parlé, je vais laisser Frédéric en dire deux mots. C’est un sujet qui est en fait une préoccupation depuis plusieurs années sur le rôle de Sophia et la façon dont nous pouvons accompagner les radios associatives dans cette mission, leur permettre d’avoir accès à l’information, puisque Sophia, c’est une banque données qui à la fois produit des programmes d’information mais aussi des programmes plus généralistes, c’est aujourd’hui effectivement une réflexion qui est en cours on aura une information au comité d’entreprise paris Ile de France au mois de Novembre, donc voilà je souhaite respecter aussi les instances représentatives, mais Frédéric peut vous en dire quelques mots pour vous parler du programme et des idées d’évolution. 

28’02’’ Frédéric Schlésinger :

Voilà donc je vous le rappelle, Sophia est une banque de programmes à destination des radios associatives qui est née à la fin des années 90 à l’époque où il y avait fort peu de concurrence dans ce domaine -là, et à l’époque où c’était le début du numérique, cela pour vous dire que les usages ont énormément changé.

A la fin des années 2.000,  Radio France avait trouvé dans le cadre d’un éco-système une sorte d’équilibre puisque nous opérions non seulement Sophia, mais aussi 107.7 ou du moins 107.7 sur une partie du territoire. Il se trouve que le client 107.7 est un client que nous avons perdu et que dès lors, Sophia évolue avec des pertes récurrentes qui sont importantes. Et avec une concurrence qui s’est de plus en plus développée.

Sophia, c’est des programmes d’information à destination des radios associatives un fil musical, purement musical, et là je dirais que programmer Souchon, Voulzy par un acteur du service public ou pas la plus value est faible et quelques chroniques. De quoi nous apercevons-nous ces derniers temps. C’est que dans les offres que nous déclinons pour les radios associatives, l’offre qui fédère le plus de radios associatives, c’est l’offre d’informations. Le fil musical est de moins en moins vendu et les chroniques de moins en moins vendues. Plus des 2/3 de la demande, c’est l’offre d’information. Et il n’est pas question que nous quittions cette information. Et que nous abandonnions au service privé le soin de servir en informations les radios associatives.

Nous avons été approchés par différents repreneurs potentiels ces derniers mois et nous avons refusé toutes ces approches dès lors que, un point qui est essentiel pour nous et qui est la reprise de l’ensemble du personnel, n’était absolument pas abordé et que la seule chose qui intéressait ces potentiels repreneurs, c’était le rachat d’une activité et d’un portefeuille client.

Aujourd’hui, on discute avec un groupe qui est extrêmement sérieux qui est un acteur référent de l’économie sociale et solidaire, qui manie des approches collaboratives, c’est 12.000 collaborateurs en France, je tais le nom de ce groupe dès lors que nous le réserverons à nos élus dans le cadre d’un prochain CE, mais nous avons mis 5 conditions préalables et qui sont très importantes, je vais vous les exprimer.

D’abord une information et un agrément du CSA évidemment, pour autant que le CSA a à donner un agrément, celui du Ministère de la Culture et de la Communication, la reprise des 8 collaborateurs qui sont aujourd’hui avec des contrats précaires puisqu’il s’agit de CDDU en CDI, l’agrément des syndicats professionnels et là, encore une fois,  le repreneur potentiel échange avec les syndicats professionnels pour essayer d’adapter ses démarches éditoriales à la réalité des besoins des radios associatives, ensuite l’achat d’informations par ce repreneur potentiel à Radio France de telle sorte que l’essentiel de notre métier dans ce domaine nous continuons à l’assumer, c’est-à-dire fournir en informations les radios associatives.

Voilà, je crois que je vous ai fait un point complet, aujourd’hui, ça s’agite un peu alors que personne ne connait la réalité d’un projet qui est extrêmement sérieux mais qui est en cours d’élaboration puisque nous attendons que les feux verts soient allumés sur les 5 points dont je viens de vous parler. Il faut savoir que c’est des pertes récurrentes importantes pour Radio France et que la mise à niveau de la technologie pour Radio France si nous voulions nous redéployer dans ce métier-là, ça serait consommateur de beaucoup de moyens dans un métier où, à côté de l’information, il y a tellement d’alternatives qu’on sait déjà que tout ce qui est fil musical et production de chroniques, c’est quelque chose qui va s’éteindre dans le temps. Quand vous connaitrez la personnalité du groupe repreneur, qui a créé pour cela.., qui a déjà différents médias, médias associatifs, médias collaboratifs, médias de lien social, encore une fois je pense que les doutes seront beaucoup moins forts.


Question des Membres et conclusion...

Images: http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video30411.html

Mme Sylvie Robert (Ille et Vilaine – Groupe Socialiste et républicain, Secrétaire de la commission de la culture): 0'14 à 0'40 

J’avais une question pour Sophia, il s’avère que j’ai quand même le congrès du SNRL dans la ville au mois de Novembre, donc j’aurais aimé avoir des réponses un peu plus précises, tout en comprenant la temporalité, mais vous n’en avez pas parlé du calendrier de décision, donc est-ce qu’on peut espérer qu’avant la fin de l’année il y ait un certain nombre de réponses, en tous cas, voilà, c’était une attende de ma part.

30’40’’ Conclusion de Mme Catherine Morin-Dessailly, Présidente de la commission culture

(…)

31’30’’ Je les remercie d’avoir posé aussi la question du service public Sophia, puisque nous avions été interpellés pour ne rien vous cacher les uns et les autres et qu’il convenait de clarifier le projet en cours, en devenir, je crois qu’on sera extrêmement attentifs à tout cela.

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