Une présence incongrue

Réflexions sur la présence des personnalités européennes à la cérémonie d'investiture du président iranien Rohani

La cérémonie d’investiture pour un second mandat du pseudo modéré, le mollah Rohani, prévue le 5 août 2017 va conduire à Téhéran la fine fleur de la diplomatie européenne conduite par Madame Mogherini. La France sera représentée par le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne. A l’heure où les Américains ont durci les sanctions contre le régime iranien, les Européens tentent de s’infiltrer dans la brèche, en allant faire ami-ami avec un individu dont le respect des droits de l’homme n’est pas la préoccupation première si l’on en juge par son bilan : 3000 pendaisons durant son premier mandat, dont 101 pour le seul mois de juillet dernier.

Amnesty International et les Amis d’un Iran libre au Parlement européen, ont suggéré à l’Union Européenne de conditionner ses relations avec l’Iran à l’arrêt des exécutions et à l’amélioration sensible de la situation des droits des hommes et des femmes. Les invités à l’investiture de Rohani sont-ils conscients qu’ils vont, par leur présence, cautionner sa politique répressive qui n’a d’autre but que de sauvegarder, par la terreur le régime du Guide Suprême ? Espèrent-ils en tirer profit ? Probablement ! Mais leur part du gâteau risque d’être bien mince et ils s’apercevront bien vite qu’ils auront fait le voyage pour rien. Alors, autant y renoncer ou, du moins, le mettre à profit pour dénoncer haut et fort les crimes du régime, à commencer par les massacres de 1988. S’en trouvera-t-il un pour avoir ce courage ? Il est permis d’en douter !     

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.