A. Leucha
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Billet de blog 31 mars 2021

Pourquoi l’écologie est-elle de gauche?

N'attendons rien de Macron et de sa loi Climat, car une réelle politique écologique ne peut être que de gauche. Voici pourquoi.

A. Leucha
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La loi Climat est débattue cette semaine à l'Assemblée Nationale, mais nous ne pouvons malheureusement rien attendre d'Emmanuel Macron. Si la gauche est fondée sur l’idéal d’humanisme, de justice sociale et d’interventionnisme économique ; et si la droite est basée sur le capitalisme dérégulé et le conservatisme social ; alors l’écologie ne peut être que de gauche. Après avoir rappelé les enjeux en question, je montrerai en 3 points en quoi l’écologie ne peut pas être de droite puis dans les 7 points suivants je démontrerai que les réponses aux enjeux écologiques ne peuvent être que de gauche.

Diagnostic préliminaire: Quels sont les enjeux en question ?

Nous sommes dans l’ère de l’anthropocène : c’est à dire que l’homme est le principal acteur des modifications environnementales. Chapeau ! Mais les dégradations environnementales sont comme un boomerang que notre espèce va reprendre en pleine face.

Les problèmes environnementaux pour l’homme peuvent être synthétisés en deux catégories.

D’une part, l’épuisement des ressources : la quantité disponible par personne est estimée à 1,68 hag (hectares globaux) tandis qu’un terrien moyen en 2014 en consommait 2,84, ce qui signifie que la consommation mondiale a dépassé la capacité biologique de la Terre à produire des ressources. Chaque année depuis les années 80 -à l’exception de 2020 caractérisé par la suspension des activités économiques- le seuil de dépassement est atteint de plus en plus tôt.

D’autre part, la pollution des sols, des eaux et de l’air (par la production de déchets et la combustion des énergies fossiles). Précisons que la production de déchets n’est pas qu’esthétique : au-delà de la dégradation du paysage, un simple sac plastique produit des réactions chimiques néfastes.

A cela s’ajoute la question climatique, qui fait maintenant consensus dans le monde scientifique. Les experts du GIEC ont depuis longtemps noté une correspondance entre les révolutions industrielles et le réchauffement climatique : une augmentation parallèle de la consommation énergétique et des températures perceptible sur les graphiques depuis 1850, avec une augmentation exponentielle depuis 1945. A ce constat descriptif, s’ajoute une explication scientifique qui établit clairement un lien de causalité entre la courbe de la consommation d’énergies fossiles et la courbe des températures puisque l’émission de gaz à effet de serre empêche les rayons du soleil de quitter notre atmosphère après avoir ricoché sur la terre.

Il ne me semble pas superflu d’énumérer les impacts de ce phénomène, qui ne se limitent pas à la sensation de chaleur: le réchauffement global de 2 degrés par rapport à l’époque pré-industrielle annoncé d’ici 2050 s’accompagnera d’une extension des déserts, de la fonte des glaciers, d’une récurrence accrue des catastrophes naturelles et des canicules ainsi que d’une montée des océans. Avec des déclinaisons et des intensités bien sûr différentes selon les lieux : le Bangladesh ou l’Indonésie subissent déjà la montée des océans jusqu’à les contraindre à évacuer des mégapoles : l’Indonésie a carrément pris la décision de déplacer sa capitale, Jakarta.

Le réchauffement climatique, c’est maintenant !

Le désastre environnemental, ce n’est plus le futur : c’est le présent de l’humanité. Et le processus n’est qu’entamé… La projection de 2 degrés n’est pas la plus pessimiste : certains scientifiques craignent l’aspect exponentiel que prendra le réchauffement qui s’auto-entretiendra dans un cercle vicieux sur lequel l’humain n’aura plus prise. Au fur et à mesure que les glaces polaires s’amenuisent, la terre est privée d’une vaste surface blanche qui réfléchissait la chaleur : dès lors c’est la Terre qui les absorbera. Aussi, les océans limitent pour l’instant l’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en absorbant le CO2. Notons d’ailleurs que c’est ce processus qui explique la montée des océans, plus que la fonte de la banquise contrairement à une idée communément répandue. Qu’adviendra-t-il lorsque les océans seront arrivés à saturation ?

On parle d’empreinte écologique pour mesurer la consommation de ressources et la production de déchets de chaque personne : cette empreinte moyenne ne cesse de croître.

A cela s’ajoute la croissance de la population : 1 milliard d’humains au début du XXè siècle, 6 milliards à la fin et 9 milliards projetés en 2050. La croissance démographique doublée à l’extension du modèle capitaliste de développement nous conduisent vers un désastre environnemental.

A moins de mettre en place une politique radicalement différente basée sur des valeurs et méthodes de gauche.

Parce que la crise environnementale est liée au capitalisme libéral mondialisé et au modèle de développement qui en découle.

Le réchauffement climatique s’explique par l’émission en trop grande quantité de gaz à effet de serre, elle-même due à la consommation d’énergie. Or, c’est sur cette consommation d’énergie qu’ont reposé les deux grandes révolutions industrielles (charbon pour la première débutée vers 1770, pétrole pour la seconde débutée vers 1890) à la base du développement. C’est ce modèle de développement, d’abord limité à l’Europe et à l’Amérique du Nord, qui a été exporté à l’Asie et bientôt à l’Afrique.

Il ne s’agit pas de lui faire un procès stérile, en établissant la balance des progrès et des problèmes que ce modèle a apporté depuis le XIX è siècle: je ne suis pas friand des procès faits au passé et je n’y vois aucun intérêt, ni pour comprendre l’histoire, ni pour agir sur le présent.

Il ne s’agit pas non plus d’interdire aux pays « en voie de développement » d’accéder au « développement ».

Il s’agit de trouver un nouveau modèle qui soit attractif et viable pour tous. Or, la société de consommation, vorace en ressources et pourvoyeuse de déchets, n’est plus viable au regard du nombre d’humains actuel sur la planète.

Ce qu’il faut remettre en question, ce n’est pas ce passé sur lequel on ne peut plus agir mais c’est la fuite en avant actuelle. La division internationale du travail, pour mettre en concurrence les travailleurs à l’échelle mondiale, accentue de manière exponentielle les dégâts environnementaux. Depuis 1980, le volume global du commerce international a été multiplié par 7 alors que le PIB mondial n’a été multiplié que par 3,5 ; ce qui signifie que les échanges internationaux ont augmenté deux fois plus vite que la production. En d’autres termes, si les produits circulent de plus en plus, la croissance ne suit pas !

Ce néolibéralisme porté par la droite des pays développés a des externalités négatives très fortes sur le plan environnemental et social pour finalement peu de croissance économique dans ces pays.

Cela est du à des « chaînes de valeur ajoutée » absurdes sur le plan écologique, où chaque maillon de la chaîne est exécuté dans le pays où la main d’oeuvre qualifiée pour la tâche sera la moins chère et apportera donc la « valeur ajoutée » la plus excédentaire pour la multinationale. Ainsi, un iphone fait le tour du monde avant de se retrouver dans un foyer français : conception dans un centre de R&D de Californie, fabrication des composants dans divers pays d’Asie ayant le savoir-faire technique, assemblage dans un pays d’Asie où le coût de la main-d’œuvre est encore plus faible, retour massif dans les pays du Nord bénéficiant d’un fort pouvoir d’achat pour la distribution. Cela permet aux pays développés de s’illusionner sur la réduction des gaz à effet de serre alors qu’ils ont simplement délocalisé la production, tandis que tout au contraire cela empire la situation : en effet, il faut ajouter, à la consommation liée à la fabrication, la consommation liée au transport. Or, le transport est aujourd’hui le premier secteur en terme d’émission de gaz à effet de serre et au premier rang le transport lié au commerce : les 15 plus gros porte-conteneurs du monde polluent autant que l’ensemble du parc automobile mondial.

Voilà pourquoi les luttes sociales contre les délocalisations et la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle internationale sont aussi des luttes écologistes.

Précisons que ce sont les plus riches qui polluent, à toutes les échelles.

Les pays développés beaucoup plus que les pays en développement, les ménages les plus aisés beaucoup plus que les ménages modestes. Cela relève de l’évidence mais dans des proportions incroyables révélées par l’OXFAM : les 10 % les plus riches émettent plus de 50 % des gaz à effet de serre là où les 50 % les plus pauvres n’en émettent que 7 %. Dans les 10 % les plus riches, une majorité d’Américains du Nord, d’Européens de l’Ouest, de Chinois et de ressortissants des monarchies pétrolières. En terme d’empreinte énergétique globale, un Américain consomme 8,37 hag, un Africain 1,39 hag et un Asiatique du Sud 1,16 hag.

Si tous les humains consommaient comme l’Américain moyen, il faudrait disposer de 5 planètes.

Le mode de vie du riche occidental est en cause, tant par la consommation de protéines animales que par la consommation d’eau, l’usage généralisé de la voiture mais aussi par la pratique récurrente du transport aérien, source de distinction sociale : les 10 % les plus riches sont responsables de 75 % de l’énergie associée au transport aérien.

Il apparaît donc que si l’on garde ces objectifs, cette vision du « développement », si on vise à ce que de plus en plus de personnes l’atteigne et que les personnes l’ayant atteint renforcent encore leur position, on ne peut qu’aller vers de plus en plus de pollution. C’est donc le capitalisme mondialisé dérégulé et le modèle industriel qui en est le corollaire qu’il faut remettre en cause.

A moins de parvenir à maintenir ces objectifs de croissance et d’accumulation du capital en trouvant d’autres moyens de les satisfaire ? Espoir vain…

Parce que la solution technologique est un mythe

Il faut l’admettre : tous les substituts écologiques miracle aux énergies fossiles se sont avéré à terme décevants.

Evoquons d’abord l’échec le plus cuisant : les agrocarburants, qualifiés parfois de biocarburants parce qu’ils reposent sur des organismes vivants mais également pour donner l’image trompeuse d’une énergie bio. Trompeuse car ces carburants issus de produits agricoles (colza, soja, maïs, betterave,...) ne sont pas respectueux de l’environnement.

D’abord parce que la culture de la ressource, son transport et sa conversion émettent des gaz à effet de serre. Selon une étude commandée par la Commission européenne, le litre de biodiesel issu du colza représenterait même 1,2 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que le litre de diesel ; celui de soja 2 fois plus d’émissions ; et celui d’huile de palme 3 fois plus.

En outre, ces produits sont dévoreurs d’espace en terme de surface agricole, ce qui n’est pas sans conséquences. Cela entraîne une concurrence avec l’alimentaire d’abord : les terres cultivées pour l’agriculture d’exploitation des biocarburants dans les pays des Suds ne le sont pas pour l’agriculture vivrière. Les mécanismes de la finance viennent encore accentuer cet impact négatif puisque la flambée des cours des produits agricoles en 2008 est en partie attribuée à la spéculation sur les agrocarburants. Voilà deux éléments imputables aux agrocarburants qui ont pu engendrer des émeutes de la faim.

Dans ce contexte de tension sur les terres agricoles, est-il pertinent de privilégier le carburant à la nourriture ?

D’autant que la culture des agrocarburants encourage des pratiques néocoloniales puisque nous assistons à un phénomène d’accaparement des terres par les pays riches dans les pays en voie de développement, dit « land grab » : pour répondre à leur demande nationale croissante, les pays riches vont spolier les terres des pays pauvres, généralement en Afrique, alors que ce continent connaît encore des famines. C’est le cas de la Chine en Afrique, alors que dans le même temps elle est en train de contaminer plus de la moitié de ses terres agricoles par ses pratiques agricoles et industrielles productivistes.

Au-delà de ces problèmes sociaux majeurs, l’environnement aussi subit cette extension des surfaces agricoles puisqu’elle entraîne des phénomènes de déforestation. Au Brésil, le front pionnier recule en Amazonie à mesure que la culture du soja et du colza gagnent du terrain. En Indonésie, des forêts primaires sont détruites également pour produire des agrocarburants. La biodiversité est menacée par l’extension de la surface des terres agricoles nécessaire aux biocarburants. La consommation d’eau que nécessite l’agriculture (entre 800 et 3300 litres d’eau sont nécessaires à la production d’un litre de bioéthanol à partir de la canne à sucre et entre 1500 et 7400 litres sont nécessaires pour la production issue de maïs) et la pollution des sols par les pesticides achèvent de noircir le tableau.

J’ai choisi de développer le cas des biocarburants mais chaque innovation technologique a ses externalités environnementales négatives : pour le nucléaire, les risques d’explosion comme à Fukushima et la certitude de la radioactivité des déchets, pour les panneaux solaires et les batteries électriques l’empreinte environnementale liée à la production (extraction de matériaux comme le silicium ou les terres rares nécessitant une consommation d’eau et d’énergies fossiles…) et la question de la pollution générée à la fin de cycles de vie relativement courts.

La solution technologique est comme la ligne d’horizon : jamais atteinte, elle recule au fur et à mesure que les scientifiques avancent. Comme la flèche de Zénon, l’innovation technologique est toujours à la moitié du chemin, mais il lui reste toujours l’autre moitié à parcourir. L’innovation, au fondement du capitalisme, qui permettrait de concilier plus longtemps croissance économique et progrès des conditions de vie en répondant aux enjeux environnementaux, relève donc plus de la foi que de preuves tangibles.

L’esprit individualiste et le « laissez-faire », à la base du néolibéralisme, ne garantiront pas non plus le salut...

Parce que la solution ne viendra pas des individus

La foi en l’individualisme et en un consommateur tout puissant fait attendre à tort des miracles des comportements individuels. C’est par nos petits actes du quotidien que nous changerions le monde. C’est faux ! La vie de la cité, comme le veut d’ailleurs l’étymologie grecque du mot, ne peut changer que par l’action politique.

Aucun changement historique majeur ne s’est fait par les comportements individuels isolés.

Puisque c’est par « mes gestes du quotidien » que je suis sensé changer le monde, prenons quelques exemples concrets du quotidien.

Sous la gouvernance Gaudin, habitant alors Marseille, je voulais recycler mes déchets. Or, la poubelle de tri la plus proche était située à 500 mètres de mon domicile, ce qui entravait déjà mon projet. De plus, le conteneur s’avérait souvent plein, ce qui incitait les gens à déposer leurs déchets à côté, déchets qui finissaient à la mer au premier caprice du mistral. C’est seulement la décision politique de multiplier les poubelles de tri qui pourra modifier les comportements individuels.

Autre exemple : je veux me déplacer sans polluer. Dois-je me soumettre aux aléas des bus marseillais (horaires espacés et peu respectés, correspondances multiples et entrecoupées par des marches en raison du tracé incohérent,…) ? Ou dois-je réduire considérablement mon espérance de vie en partageant la route avec les voitures énervées par les embouteillages et les mauvais résultats de l’OM ? Ne dois-je pas avant tout lutter pour l’aménagement de pistes cyclables et l’amélioration de la desserte en bus ?

Dernier exemple : je cherche à manger sain. Pour cela, il faut que la loi oblige les producteurs à m’informer sur la qualité de leurs produits par un étiquetage réglementé. Le label « bio » était autrefois gage de qualité mais l’Union Européenne a assoupli les règles en permettant un pourcentage plus grand de pesticides pour satisfaire l’appétit de rentabilité des grandes surfaces qui se sont positionnées sur le secteur. Cela ne m’aide pas à distinguer le bon grain de l’ivraie -et c’est sans doute le but.

Tous ces exemples, que je pourrais multiplier, montrent que les comportements individuels sont conditionnés par les décisions politiques.

L’écologie ne pourra pas faire sans un changement des comportements, mais c’est le volontarisme politique qui conditionne ces comportements, qui les rend possible voire qui les favorise. Qu'est-ce qui est reconnu collectivement comme admirable, prestigieux? Tant que la publicité sur-représentera le SUV, modèle de voiture particulièrement polluant, et le présentera comme le moyen de locomotion le plus désirable, celui qui en a les moyens voudra en posséder un. La même personne hésitera peut-être d'ailleurs avec un modèle électrique de Tesla dont l'argument marketing est de ne pas émettre de gaz à effet de serre. Hésitation totalement absurde mais l'importance est d'avoir l'air chic. Réglementer la publicité pourrait permettre assez facilement de régler leur compte aux SUV: on pourrait envisager d'interdire de faire la promotion de véhicules polluants pour leur nocivité comme cela a été fait pour le tabac. Or aujourd'hui, la publicité pour les SUV représente 40% des dépenses publicitaires du secteur automobile selon WWF France.

Cessons donc d'en appeler à une "prise de conscience citoyenne". Elle a déjà eu lieu. En France, les partis écologistes réalisent des scores honorables et tous les partis ont bien compris qu'il était nécessaire de se doter d'un vernis écologique pour être élu: c'est bien que l'électorat est sensibilisé à la question. Le temps est venu de l'action politique et c'est l'action politique qui manque, les politiciens étant plus sensibles aux lobbys économiques qu'à la volonté des citoyens lambda une fois au pouvoir. Exemple typique de pays où les comportements individuels sont en parfait décalage avec l’action publique : l’Allemagne. Alors que je pourrai y trouver des kebab bio et des cyclistes écolos, le pays est l’un des principaux émetteurs de charbon et A. Merkel lutte pour le maintien d’une industrie automobile au diesel. Etonnant? Pas quand on sait que l'industrie automobile a financé sa campagne électorale, comme celle d'ailleurs de plusieurs de ses concurrents. L'homme politique qui mènera une véritable action écologique devra s'opposer à de grandes entreprises et devra s'extraire de toute collusion avec les grands industriels. La droite qui se veut idéologiquement l'amie du patronat est pieds et poings liés.

Ainsi, la bonne volonté d’un individu a ses limites et l’écologie ne passera que par l’action politique.

Mais action politique ne signifie pas action des politiciens.

Parce que la révolution écologique ne passera que par une démocratie plus directe

La Convention Citoyenne pour le Climat convoquée par E. Macron sur la base d’un tirage au sort s’est montrée beaucoup plus ambitieuse que nos politiciens professionnels. Pourquoi ?

Parce qu’ils sont indépendants des lobbies et raisonnent, non dans une logique de préservation du pouvoir, mais de préservation du bien commun. De plus, les contraintes électorales inclinent les hommes politiques à réfléchir à court terme, pour satisfaire leurs électeurs (et surtout ceux qui ont le pouvoir de les faire élire cf mon précédent article) et leur présenter un bilan positif après 5 ans de mandat. Or, les fruits d’une politique écologique ne peuvent se faire ressentir clairement à court-terme. Il est pourtant vital d’allonger l’horizon temporel de la réflexion politique.

En outre, l’aspect professionnel amène les hommes et femmes politiques à faire passer leur carrière avant leurs idées sur le bien commun. La carrière politique est pour ceux qui en vivent une fin en tant que telle et non plus un moyen pour améliorer la société.

Voilà pourquoi l’écologie ne pourra passer que par des mouvements citoyens à l’image du Printemps marseillais, portés par des non-professionnels convaincus et sans arrière-pensée de carrière. Vision un peu angélique mais qui est bien illustrée par le choix de Michèle Rubirola de céder sa place de maire pour lui préférer celle d’adjointe. Comme l’écrivait Platon dans la République, les dirigeants politiques vertueux sont ceux qui ne veulent pas l’être. Cela n’empêche pas d’être militant d’un parti politique ou d’un syndicat. La République en Marche a voulu se présenter sous cet angle non professionnel mais c’est tout l’inverse : nous avons affaire à des personnes qui n’ont jamais milité mais qui se sont intéressé à la politique au moment où il s’agissait d’obtenir un poste.

A une échelle plus fine mais de manière bien plus radicale, les ZAD montrent que la société civile est capable de s'organiser pour une société plus écologique. Construites sur une opposition à un "grand projet inutile", elles sont d'abord intéressantes dans leur versant négatif pour le fait que la société civile est capable de s'opposer à des projets néfastes pour l'environnement là où des politiciens se sont soumis aux desiderata de grandes entreprises. Là où le politique ne voit dans le développement durable que le pilier économique, la société civile vient lui jeter à la face le pilier environnemental. Mais des ZAD sont aussi intéressantes dans leur versant positif pour ce qu'elles construisent: des micro-société, des modèles alternatifs. Si le mode de vie "sobre" qui a cours dans les ZAD sera difficilement accepté tel quel par l'ensemble de la société, il constitue a minima un laboratoire d'idées et d'innovations écologiques réplicables à une échelle plus vaste, notamment en matière agricole.

La société civile est donc à la pointe de l'action pour l'environnement là où les politiciens priorisent l'enjeu économique et sont soumis aux lobbies. D’autres raisons inclinent aussi à ne pas attendre que l’adaptation soit portée par les classes dominantes.

Parce que la transformation de la société risque d’entraîner des recompositions sociales et économiques

Si la droite conservatrice est garante de l’ordre social et la gauche progressiste porteuse de transformations, si la droite défend les classes dominantes et la gauche les classes dominées, alors l’écologie est résolument de gauche.

En effet, les élites -comprises comme les individus et groupes occupant le sommet de la hiérarchie sociale et les postes de pouvoir- n’ont pas directement intérêt à un changement de l’ordre social, encore moins à un renversement des valeurs. Or, c’est ce vers quoi nous conduit une adaptation aux possibilités du milieu.

Historiquement, Jared Diamond a démontré que les sociétés ne peuvent survivre que par une harmonie entre leurs valeurs et besoins et les possibilités offertes par leur milieu. Ainsi, plusieurs sociétés se sont effondrées par l’incapacité voire le refus des élites de répondre à des problèmes écologiques, que ce soit un manque de ressources, une pression démographique ou des dégâts environnementaux.

La volonté de perpétuer des systèmes qui les plaçaient au sommet ne leur a pas permis de s’adapter à des enjeux environnementaux nouveaux auxquels leur société était confrontée.

D’autant que ces élites, les décideurs, échappent au début aux dégâts environnementaux : ce sont ceux qui décident qui sont les derniers à subir la raréfaction des ressources. Ainsi, les Vikings du Groenland persévéraient dans leur mode de vie ostentatoire et dépensier en ressources naturelles sans tenir compte du milieu, les rois mayas continuaient à employer les ressources humaines à construire des temples pour perpétuer leur prestige au lieu de régler le problème du manque de nourriture.

Voilà qui, selon Jared Diamond, a entraîné l’effondrement de ces sociétés.

Le drame est qu’aujourd’hui notre société est mondialisée et les phénomènes d’interdépendance impliquent qu’un effondrement de la société signifie un effondrement de toute l’humanité.

Pour l’instant, ce sont les plus pauvres qui subissent. Le Bangladesh subit la montée des océans sans que l’Occident n’en soit trop ému. Au sein de ce pays pauvre, ce sont les populations les plus pauvres des bidonvilles qui pâtissent le plus de la situation.

Lorsque leurs pays seront touchés, les populations les plus riches pourront aller acheter des terres là où le réchauffement climatique a moins d’impact, et dans un contexte de forte pression sur les ressources, être les derniers à pouvoir s’en procurer. Certains, comme Elon Musk, envisagent même d’aller vivre dans l’espace pour échapper à la corruption de l’environnement, plutôt que d’envisager de freiner la croissance. Cette conviction que leur situation leur permettra d’échapper au désastre planétaire, doublée à la peur de se voir descendre la hiérarchie sociale par un changement des valeurs, empêche les élites d’agir.

Qu’importe si tout le monde meurt tant que l’on reste un privilégié ! Plutôt être la figure de proue d’un paquebot qui coule par le fond plutôt que d’être parmi les communs dans un bateau qui flotte !

Pour ce qui est du monde entrepreneurial, une société pétrolière n’a pas intérêt à un changement des sources énergétiques, une société de transports routiers n’a pas intérêt à une augmentation du fret ferroviaire, une société de transport maritime n’a pas intérêt à une certaine démondialisation… Les gagnants du système ne ressentent pas l’intérêt de le changer, même si à terme tout le monde sera perdant.

Voilà pourquoi le changement ne peut venir que d’en bas et non des élites en place.

Et voilà pourquoi l’État doit venir interférer dans l’économie qui ne va pas s’amender seule...

Parce que l’intervention de l’État et la planification sont nécessaires pour sortir des pures logiques économiques court-termistes

De la même manière que la pensée de gauche (du keynésianisme au communisme en passant par le socialisme) considère que l’on ne peut pas laisser l’avenir de la société à la main invisible du marché, une pensée écologique ne peut pas lui laisser l’avenir de la planète.

Chacun aura mille exemples de situations où la rentabilité économique entre en contradiction avec la prise en considération de l’environnement.

Prenons d’abord un exemple général à travers un concept : l’obsolescence programmée. La durée de vie des produits est volontairement réduite pour contraindre le consommateur à en racheter un bientôt. Voilà qui est très efficace sur le plan économique mais qui engendre inutilement des déchets venant encombrer les décharges, outre la consommation de ressources nécessaire à la production.

Il en va du même du packaging : qui n’a jamais rempli sa poubelle entière d’emballages en carton et en plastique juste après avoir fait ses courses ? Emballage peu utile pour le transport et totalement inutile pour le stockage. Mais alors à quoi sert-il ? A attirer l’oeil du consommateur pour des considérations de marketing, à lui donner envie d’acheter.

Prenons enfin un exemple plus précis qui a récemment fait l’actualité: l’extraction d’une nouvelle mine d’or dans la forêt tropicale de Guyane par exemple, entraînant des dégâts environnementaux mais des potentiels bénéfices économiques.

Dans ce genre de situation, si c’est le marché qui arbitre, l’environnement a perdu d’avance.

Une action écologique ne passera que par un fort interventionnisme des pouvoirs publics : le peuple doit reprendre le pouvoir face aux entreprises.

Le seul objectif guidant les entreprises est de réaliser des bénéfices, dans une pensée à court-terme puisque le système de spéculation des marchés financiers incite les actionnaires à revendre rapidement des actions après une augmentation de leur cours. L’avenir de l’entreprise à long terme n’est même pas considéré, alors l’avenir de la planète…

Il ne faut pas attendre beaucoup plus du consommateur, mu lui aussi par ses intérêts : il achètera le produit au meilleur prix, sans prendre en considération la qualité des conditions de vie des travailleurs ni son empreinte environnementale. Déjà, par manque d’information. Mais aussi parce que ce n’est pas son rôle dans le marché : la fonction du consommateur est de maximiser ses achats en minimisant ses coûts pour répondre à ses besoins -ou plutôt dans les pays riches aux désirs que la publicité et le marketing ont créé chez lui.

Le changement de paradigme ne peut donc être porté que par l’individu-citoyen, capable d’agir de manière raisonnable et en pensant collectif avec sa carte d’électeur -suivant une conception rousseauiste de la démocratie- là où il agit avec ses pulsions et en pensant à son intérêt individuel avec sa carte bleue.

Tant que sa machine à laver tombera en panne au bout de 3 ans et que cela lui reviendra moins cher d’en racheter une que de la réparer, le consommateur en rachètera. Tant que le packaging décoratif sera autorisé, les entreprises continueront à en utiliser et les consommateurs continueront à suivre leurs pulsions. Pour finir, c’est aux pouvoirs publics de taxer le kérosène et de réduire les prix des déplacements en train : tant que les clients auront l’opportunité d’un vol intérieur moins cher que le train, ils choisiront l’avion.

Les évolutions devront donc être portées par les pouvoirs publics, mais pas seulement à l’échelle de l’État.

Parce qu’il faut en finir avec le seul nationalisme et réfléchir à d’autres échelles

Le nationalisme en tant que repli sur ses intérêts nationaux est porté par la droite : Trump aux Etats-Unis, Bolsonaro au Brésil, etc… Notons que cette droite réactionnaire est également négationniste du réchauffement climatique et des problèmes liés aux pollutions : ainsi, D. Trump a octroyé des licences d’extraction de pétrole en Alaska tandis que J. Bolsonaro s’applique à déboiser l’Amazonie pour étendre la surface cultivable. Rien d’étonnant à cela puisque leur logiciel n’est tourné que vers les questions nationales et les questions économiques.

Or, la pollution ne connaît pas les frontières.

Lorsqu’il déboise l’Amazonie pour des considérations économiques à l’échelle nationale, J. Bolsonaro dégrade l’environnement à l’échelle du monde puisqu’il prive l’humanité d’une importante source d’ogygène et d’une éponge à CO2.

Les questions environnementales nous obligent à réfléchir à une échelle globale et en prenant en considération la contrainte environnementale. L’échelle globale étant la plus pertinente, des institutions supranationales sont nécessaires pour établir des règles communes. « Règles » et « communes » : deux mots ennemis du néolibéralisme qui s’applique depuis quarante ans à déréguler et à atomiser.

Mais ce n’est pas le tout de se concerter à l’échelle internationale, il faut également penser à cette échelle.

Le bouleversement des échelles de gouvernance, déjà bien initié après la seconde guerre mondiale, nécessite désormais également un bouleversement des systèmes de pensée : un « think global » s’impose. Les COP échouent bien qu’il s’agisse d’une instance de décision inter-nationale car les Etats viennent avec leurs logiques nationales de concurrence et de puissance. Il faut non seulement des instances décisionnelles inter-nationales (qui réunissent et font dialoguer les nations) mais aussi adopter une démarche de réflexion supra-nationale (qui dépasse la considération nationale).

Cette manière de penser peut se décliner à toutes les échelles institutionnelles. La dimension supranationale des enjeux environnementaux ne signifie donc pas qu’il ne faille pas aussi agir à des échelles plus fines. Ainsi, les métropoles sont aujourd’hui les laboratoires des initiatives écologiques : éco-quartiers autonomes en énergies propres, agriurbanisme, transports en commun, lutte contre l’étalement urbain… Dans un monde où l’urbanisation et la métropolisation s’intensifient, agir à l’échelle urbaine s’impose.

La ville est une échelle d’action efficace et pertinente. Pertinente puisque ce sont les principaux îlots de pollution et la majorité de la population mondiale va être amenée à y vivre. Efficace parce que les consensus peuvent s’y réaliser par des formes de démocratie plus directe d’une part, parce que les métropoles concentrent les ressources économiques nécessaires aux projets écologiques les plus ambitieux d’autre part et enfin parce que les multinationales n’ont pas forcément les ramifications suffisantes pour venir parasiter les débats. Alors qu’à la commission européenne de Bruxelles, la concentration des pouvoirs facilite le lobbying, il est moins facile de corrompre des centaines de conseils municipaux.

Pour toutes ces raisons, la victoire de mouvements écologistes de gauche dans les métropoles françaises aux dernières municipales ouvre des perspectives prometteuses.

D’autant que l’écologie est intrinsèquement liée aux valeurs portées par la gauche.

Parce qu’il faut sortir de la logique individualiste et transposer l’altruisme de la gauche tourné vers ses contemporains en altruisme tourné vers les générations à venir

La volonté de justice sociale est au fondement de la gauche, il est impératif aujourd’hui de la transposer en justice intergénérationnelle. L’humanisme de gauche est tourné vers l’autre, notamment les plus démunis.

Qui de plus démuni que l’individu mal né ? L’individu pas encore né.

Pas encore là, sans voix, dont les conditions d’existence demain dépendent de mes actions aujourd’hui. Cet altruisme intergénérationnel, le philosophe Jonas l’a appelé « responsabilité ». Responsabilité pour autrui -c’est à dire obligation où je me trouve de répondre d’autrui, même si aucune loi ne m’y oblige – et responsabilité devant l’avenir, c’est-à-dire responsabilité comme souci, ou encore sollicitude, sans attente de réciprocité. Jonas énonce des impératifs moraux : « Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre” ou encore: “jamais l’existence ou l’essence de l’homme dans son intégralité ne doivent être mis en jeu dans les paris de l’agir ». Voilà des maximes humanistes très éloignées de tout individualisme. 

De cette éthique de la responsabilité découle aussi l’idée de patrimoine commun de l’humanité, donc de bien commun.

Parce qu’il faut reconnaître l’environnement comme un bien commun inaliénable échappant aux logiques de marché et d’appropriation

L’eau. Les forêts. Le littoral. Le patrimoine naturel commun doit échapper à la loi de l’offre et de la demande.

Si le capitalisme est fondé sur la propriété privée, certaines ressources et aménités environnementales, dans une perspective de préservation environnementale et pour un usage raisonné et juste, doivent échapper aux lois du marché. On peut le faire sans abattre le capitalisme, je n’en fais pas un fétiche, ni à vénérer ni à condamner.

Mais on ne pourra préserver l’environnement et assurer une répartition équitable des ressources qu’en extrayant au moins une partie de la surface terrestre du capitalisme et de ses logiques marchandes.

L’Arctique est aujourd’hui au coeur de ces enjeux. La course à la production et à l’exploitation des ressources engendre des velléités d’appropriation du pôle. Là où l’on voit un espace sacré dont dépend le climat de la planète, l’entrepreneur y voit un réservoir de ressources. Là où l’on considère que la fonte des glaces est regrettable, l’entrepreneur y voit une opportunité de passage maritime entre la Chine et les Etats-Unis. Le regard systématiquement marchand posé sur l’environnement est dangereux.

Parce qu’il faut réduire la consommation et donc en finir avec la croissance

Notre système repose sur une croissance illimitée alors que les ressources sont limitées : paradoxe insoluble à moins de modifier l’un des deux axiomes. Comme nous n’avons pas le pouvoir d’agir sur le deuxième, il ne nous reste qu’à renoncer à la croissance.

Déjà en 1972, le rapport Meadows, présenté au club de Rome par des experts du MIT, préconisait la croissance zéro. Pas la peine pour cela de vivre en hamish, comme s’en inquiétait E. Macron. Les ressources actuelles suffisent à répondre aux besoins des 7 milliards d’humains, il s’agit simplement de mieux les répartir.

C’est ce que montre la géographe Sylvie Brunel concernant la nourriture : les famines ne résultent pas d’un manque de nourriture à l’échelle mondiale mais d’une inégale répartition car la production actuelle suffirait aux apports caloriques recommandés de tous les individus.

En terme énergétique, nous avons vu que l’on ne peut pas tout attendre des innovations, la seule solution efficace sera de moins consommer. Prendre les transports en commun plutôt que la voiture, même électrique. Manger moins de viande. Renoncer à l’abondance comme signe extérieur de richesse, aux voyages en avion réguliers, aux 4x4 en ville. Revoir les structures de l’économie mondialisée : ne pas faire fabriquer les éoliennes en Chine permettrait d’éviter l’usage du charbon pour les construire. Prendre en compte d’autres critères que la rentabilité économique : recycler les éoliennes serait possible si on en assumait les coûts. Mais quand bien même on arrivait à développer une solution énergétique économiquement efficace et écologiquement viable, l’histoire nous montre qu’une nouvelle ressource n’en remplace pas une autre. Le monde consomme plus de charbon aujourd’hui que lors de la première révolution industrielle qui reposait pourtant uniquement sur cette ressource.

Nous ne parviendrons à un renversement des dynamiques néfastes qu’en renonçant à l’idéal du « toujours plus ».

Certes, le marché semble prendre en compte de plus en plus la donnée environnementale et j’ai pu m’en rendre compte cette semaine en allumant la télévision, ce qui m’a permis d’admirer des publicités très axées sur le respect de l’environnement. Mais cela est moins une nuance à mon propos qu’une confirmation. Confirmation d’abord de l’importance de la prise de conscience environnementale collective qui a pesé sur les choix des entreprises, amenant celles-ci à accepter parfois une hausse des coûts de production. Non parce que les entreprises ont d’autres considération que les bénéfices mais parce qu’ils pourront répercuter la hausse des coûts sur les prix en brandissant le respect de l’environnement comme argument de vente. Mais les intérêts bien compris des entreprises, qui ont désormais à répondre à cette nouvelle demande, ne suffiront pas. Dans cette démarche publicitaire, prendre soin de l’environnement compte moins que de soigner son image et cela n’a pas besoin d’être vrai : ce green washing est souvent trompeur. Le capitalisme absorbe tout, même sa contestation. Il a absorbé le mouvement hippie des années 60-70 et en a fait un argument de vente. Il a absorbé la libération sexuelle en présentant à tout-va des corps dénudés dans les publicités. Peut-on parler d’un progrès féministe ? Cela a moins contribué à l’émancipation du corps des femmes qu’à leur instrumentalisation pour vendre. Permettez-moi de supputer qu’il en ira de même pour l’écologie, moins servie par le capitalisme que détournée.

L’écologie appelle à une véritable révolution mentale pour voir plus grand et plus loin : prendre en compte des enjeux globaux à long terme et pas seulement des intérêts nationaux à court terme. Qui est utopique ? Celui qui refuse d’admettre le consensus scientifique sur les catastrophes environnementales à venir bien que les processus soient déjà engagés et perceptibles, dans un déni du réel ? Celui qui attend l’innovation technologique comme le Messie par refus de simplement changer son mode de vie ? Ou celui qui a pris acte du changement en cours dans l’environnement et qui compte sur la seule voie efficace tangible à l’heure actuelle, à savoir une plus juste répartition des ressources et la fin du culte de la croissance. L’argent n’est qu’un artefact, il n’est vital que par le rôle qu’on lui attribue. Sapiens a d’ailleurs vécu sans pendant l’immense majorité de son existence. Il a même vécu sans l’idéologie de croissance pendant 300 000 ans, et serait donc capable de lui survivre. Mais Sapiens a toujours été dépendant de son environnement : il peut continuer à dénier son importance, cela ne l’empêchera pas de mourir de la dégradation qu’il lui a fait subir.

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