Pandémie : un retour à la normale sera mission impossible

Combattre le virus évoluant suivant un cycle périodique exponentiel avec une campagne de vaccination à profil logarithmique … c’est comme démonter un char d’assaut avec un tournevis !

Promettre un retour à la normale dans 4 à 6 semaines est politiquement incorrect et intellectuellement malhonnête, sans une démonstration scientifique à la hauteur de la complexité du problème à résoudre. Commençons par essayer de comprendre pour cibler de bonnes actions.

 

Constat n°1 : pandémie et dérèglement climatique, même combat

La crise sanitaire et le réchauffement climatique ont un point commun, ils peuvent frapper n’importe quel groupe d’individus à n’importe quel coin de la planète. Décimer une tribu millénaire au fin fond de l’Amazonie, ou provoquer des décès prématurés à cause des impacts sanitaires de la pollution de l’air au niveau d’une mégapole. C’est la résultante inéluctable d’un stress anthropique de l’environnement par notre développement sans limite. Produire 60% d’énergie renouvelable ou vacciner 60% de la population pour traiter ces 2 pathologies, mission impossible avec nos capacités de production actuelles. A la fin des Trente Glorieuses, la toute puissance publique a cautionné la destruction de notre outil industriel (essentiel) au profit d’une activité de services.

 

Constat n°2 : un virus à virulence saisonnière

Sans contrainte de déplacement dans l’espace et dans le temps, on peut observer que la courbe de virulence du coronavirus semble être calée sur le cycle des saisons, avec des pics en période froide. Il faut peut-être en déduire que la température ainsi que l’hygrométrie pourraient être des causes directes à la transmission du virus. En particulier, la teneur en eau contenue dans l’air est deux à trois fois plus faible en hiver par rapport à l’été, avec un effet domino dû au chauffage de nos logements qui en réduit encore la valeur. Ainsi, la présence importante d’aérosols sous forme liquide ou gazeuse favoriserait une dilution de la charge virale dans l’atmosphère, voulant dire que l’humidification de notre intérieur en hiver pourrait être une mesure barrière supplémentaire, associée à un renouvellement d’air périodique.

 

Constat n°3 : un décalage d’échelle entre la population à vacciner et la capacité de production

La capacité d’une usine moyenne de production de vaccins est de l’ordre d’une centaine de millions d’unités par an. Avec une vision de plusieurs milliards de doses (par an ?), il faudrait l’équivalent d’une cinquantaine de sites (au moins) afin de faire face à la demande, sachant qu’il faut continuer à produire en routine pour les autres pathologies. En doublant le chiffre pour fournir les matières premières et les composants en amont, et avec un réseau logistique d’un niveau de performance insoupçonnable en aval, le pari semble perdu à l’avance. De plus, il faut au minimum 2 ans pour sortir de telles usines de terre, qualifiées dans leurs moindres recoins. Ainsi, certains industriels avaient déjà lancé des lots en production anticipée, sans savoir si leur vaccin serait efficace et validé par les autorités. Les premiers mois de vaccination ont permis de vider ces stocks préalables, avec la main mise par les pays les plus débrouillards ou ceux qui ont mis le prix en prenant en compte un retour sur investissement pour revenir comme avant. A cette heure, le débit à vacciner pourra à peine croître, même si le nombre de vaccins autorisés augmente car les usines vont atteindre une production asymptotique.

 

Constat n°4 : une vaccination non corrélée aux saisons

Pour le moment, les pouvoirs publics ont prévu de vacciner un maximum de volontaires pour l’été afin de retrouver une saison estivale « normale ». Mais aucune prise en compte de la durée d’efficacité du vaccin, peut-être limitée à quelques mois, ni de son comportement par rapport à des variants chroniques. Si la corrélation entre la virulence du virus et les conditions climatiques est établie, il serait judicieux d’arrêter la vaccination au printemps et de la reprendre à l’automne, saisissant l’occasion pour gonfler les stocks et disposer de minutions de guerre. Le problème est complexe à traiter, nécessitant la mise en place de modélisations perfectionnées pour comprendre et agir avec efficience.

 

Constat n°5 : un déni de la gravité de la crise sanitaire

2020, 2021, 2022 et … pourraient être des années « blanches », passées à échapper au virus et à consolider une immunité par la vaccination. Il faut tenir et rechercher la cause racine de cette épidémie à grande échelle pour éviter qu’elle ne se reproduise. Il serait souhaitable de mettre en place des contre-mesures pour anticiper et revoir en profondeur notre modèle de développement. La crise sanitaire, venant se superposer à celle climatique, démontre que notre modèle est à bout de souffle et que l’iceberg se rapproche …

 

La communication de nos gouvernants est non visionnaire car le problème sanitaire n’est pas appréhendé jusqu’à sa source. Ces décideurs à la petite semaine sont aussi conditionnés par des objectifs de réélection pour les suffrages à venir car ils seront jugés sur leurs résultats. La meilleure solution serait la mise en place d’un quinquennat « blanc », avec un gouvernement d’Union Nationale et sans monarque républicain à notre tête, afin de gagner cette guerre épidémique et refonder notre Etat Nation sous l’avènement d’une Nouvelle République. Et « impossible » n’est pas français !

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.