2 septembre 2019 : rentrée des classes « plombée » dans le Nord-Ouest de Paris

1er, 6 ème, 7ème, 8ème, 16 ème et 17ème arrondissements contaminés par le nuage toxique de l’incendie de Notre-Dame. Des établissements scolaires seront fermés jusqu’à nouvel ordre, suite à une présence de plomb supérieure aux seuils réglementaires. Les opérations de nettoyage sont demeurées inefficaces. Et si c’était vrai ...

L’école Saint-Benoît, cible révélatrice

Située rue Saint-Benoît dans le sixième arrondissement, l’école Saint-Benoît composée d’une maternelle et d’une primaire, a été fermée le 25 juillet 2019, par mesure de prévention, suite à la découverte d’une concentration en poussières de plomb préjudiciable en extérieur, au niveau de la cour de récréation. L’établissement accueillait un centre de loisirs pendant la période de vacances. La mesure indiquait une valeur de 7000 microgrammes/m2, pour un seuil de précaution évalué à 1000 microgrammes/m2, soit plus de 7 fois le seuil admissible. Une première opération de nettoyage n’a pas permis de redescendre sous ce seuil, avec une valeur résiduelle de 3500 microgrammes/m2.

 

Double constat

Cette situation révélée plus de trois mois après l’incendie, alors que des enfants ont vécu au milieu de cette enclave hautement toxique pour réaliser le troisième trimestre de leur scolarité, amène à un double constat :

- située à un kilomètre de l’épicentre de l’incendie, selon le secteur Ouest/Nord-Ouest, et donc impactée sérieusement par le nuage toxique (même sort vraisemblablement pour d’autres établissements scolaires situés plus en aval)

- on nettoie uniquement le sol ... mais on ne fait rien au niveau des toitures dont la concentration en plomb doit être bien supérieure en raison de leur exposition rapprochée aux fumées, et d’où les particules retomberont pour aller contaminer de nouveau le revêtement de la cour de récréation.

 

Une solution radicale pour l’école Saint-Benoît

A partir de ce constat d’échec, les autorités ont pris une décison radicale : enlever le revêtement existant, avec toutes les précautions qui s’imposent, et recouler un nouvel enrobé. Ainsi, des photos montrent des ouvriers en combinaison étanche et masque respiratoire de rigueur, en train d’évoluer au milieu de la cour. Nous sommes loin de l’insouciance des mômes qui ont foulé le sol des heures durant, d’avril à juin, en soulevant les particules toxiques de plomb, les inhalant ou les ingérant au passage. Coût estimé des opérations : 200 000 euros.

 

La liste s’allonge

La Région Ile-de-France a fait procéder à des contrôles sur des lycées, et les résultats ne sont pas bons pour certains. Ainsi :

- Lycée Fénelon - rue de l’Eperon - 6ème arrondissement (750 m de Notre-Dame)

- Lycée Saint-Louis - boulevard Saint-Michel - 6ème arrondissement (850 m de Notre-Dame)

présentent des taux de concentration supérieurs à 1000 microgrammes/m2. Ils seront nettoyés d’ici fin août, juste « avant la rentrée ». Il faudrait aller mesurer plus loin, à 2 ou 3 kilomètres, en suivant le secteur Ouest/Nord-Ouest.

 

Les autorités à côté de la plaque

La Région Ile-de-France a contrôlé d’autres lycées, comme : Henri IV, Louis-le Grand. Or ces derniers sont situés dans le secteur Sud-Ouest, par rapport au foyer de l’incendie, avec un vent soufflant vers l’Ouest/Nord-Ouest les 15 et 16 avril. Donc, ces deux établissements n’ont jamais été survolés par les fumées toxiques et n’ont aucune raison d’être diagnostiqués. Depuis juin et la prise de conscience tardive de cette pollution avérée au plomb, le temps est compté pour établir un état des lieux exhaustif et précis, et on le perd en regardant ailleurs. Il devient urgent de coordonner sérieusement cette cellule de crise qui prend l’allure d’une équipe à la dérive, afin d’éviter une GROSSE PAGAILLE A LA RENTREE.

 

 

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