Vaccin contre le Covid-19 : mission impossible …

Alors qu’une course contre la montre pour la découverte et l’industrialisation de ce vaccin affole les Big Pharmas et autres Start-ups de la recherche médicale, peu d’experts soulignent son caractère utopique et risqué. Cette épopée ressemble plutôt à une partie de poker menteur, où l’argent coule à flots sans obligation de résultats …

… car on ne met pas au point un médicament ou un vaccin comme on le ferait pour une recette de cuisine, avec à la clé la production de plusieurs milliards de doses, sans en avoir identifié et évalué les risques des effets secondaires à moyen et long terme, ainsi que de la disponibilité de plusieurs dizaines d’usines certifiées par les autorités réglementaires.

 

Un vaccin sans risque ?

Le vaccin contre le Covid ne sera pas un produit pharmaceutique comme un autre, car sa fonction première sera de faire disparaître le coronavirus de la surface du globe (et vite), et non pas de traiter un patient contre une pathologie spécifique. Il faudra mettre au point une arme de destruction massive, et en même temps une arme de dissuasion afin de stopper sa transmission. Pourtant, des risques existent. Par exemple, et à très court terme, une mauvaise réaction de l’organisme par l’introduction d’une quantité trop importante de la souche virale, et donc un emballement des défenses immunitaires. Ou encore, et à moyen ou long terme, l’apparition d’effets secondaires graves, affectant le fonctionnement de certains organes vitaux. On peut se poser la question légitime sur le protocole de tests de la phase III qui s’effectue sur un panel de 30000 participants (seulement), suffisant pour être représentatif de la population générale, comme les résidents d’un EHPAD à la santé fragile ? Ce constat n’a pas échappé aux grands Labos de l’industrie pharmaceutique qui exhortent l’Union Européenne afin d’assurer leur couverture légale et financière en cas de responsabilité avérée sur un registre pénal.  La sécurité est LA PRIORITE même si le virus met à plat l’économie … elle a toujours démontré ses capacités à remonter sous le joug néolibéral.

 

Une capacité de production digne d’un scénario de guerre mondiale

La capacité standard d’une usine moyenne de production de vaccins est de l’ordre d’une centaine de millions d’unités par an. Avec une vision de plusieurs milliards de doses, il faudrait l’équivalent d’une trentaine de sites afin de faire face à la demande, sachant qu’il faut continuer à produire en routine pour les autres pathologies. En doublant le chiffre pour fournir les matières premières et les composants en amont, et avec un réseau logistique d’un niveau de performance insoupçonnable en aval, le pari semble perdu à l’avance. De plus, on compte au moins 3 ans pour sortir de telles usines de terre, et qualifiées dans leurs moindres recoins. Ainsi, certains industriels auraient déjà lancé des lots en production anticipée, en Inde par exemple (et la réindustrialisation ?), sans savoir si leur vaccin en cours de développement serait efficace. Un pari financier à double tranchant. La difficulté serait amplifiée par des niveaux d’exigence très hétéroclites au niveau de l’approbation des agences sanitaires, d’un pays à l’autre. Il ne faut pas compter sur l’OMS pour fluidifier le processus, en raison de sa faiblesse actuelle et de sa dépendance à divers lobbyings très actifs. La bonne volonté serait mise à mal par l’opportunisme d’un capitalisme à se faire du beurre, et l’argent du beurre.

 

Le syndrome du Saint-Graal ou du mouvement perpétuel

Développer un vaccin en 1 an au lieu de 10 ans, dans une compétition avec 200 projets dans le monde, relève de la course pour retrouver le Saint-Graal ou pour mettre au point le mouvement perpétuel. A l’échelle exponentielle de la transmission du virus dans la population au travers des vagues successives, s’oppose l’échelle logarithmique de cet état de précipitation pouvant déboucher sur un dossier clinique peu robuste. Il suffit d’analyser l’évolution du montant de l’action du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca pour se rendre compte de l’enjeu financier et de la renommée que pourrait offrir cette opportunité de vaccin. Cette dernière a augmenté de 50% depuis la période du confinement (mars 2020) et son profil mathématique suit exactement les humeurs accompagnant les études de son nouveau produit. A titre d’exemple, elle a chuté très récemment dès l’annonce d’une suspension de l’essai clinique suite à la découverte d’un seul cas présentant un effet indésirable inconnu. On ne peut imaginer le bond du titre de cette multinationale à l’annonce d’un résultat positif des recherches. La société doublerait ou triplerait sa capitalisation boursière, à la vitesse des ordinateurs quantiques des traders, assurant une reconnaissance et une pérennité ad aeternam.

 

Vaccines ou ne vaccines pas ?

Le développement supersonique du vaccin et son absence de pharmacovigilance généreront inéluctablement une méfiance légitime de la part de la population. Sur fond de désorganisation et de manque d’anticipation de la campagne de vaccination, par notre vénérable puissance publique ou ce qu’il en reste, chaque citoyen devra faire le choix et prendre sa propre responsabilité de répondre présent à la campagne de vaccination massive. Le principe de précaution s’invitera au débat, au milieu des journalistes experts « en rien » ou des spécialistes qui ne doutent jamais et qui ont réponse à tout. L’objectif majeur étant de limiter au maximum la transmission du virus, ce fameux facteur « R », il ne faudrait pas que ce dernier mute sans prévenir, réduisant à néant les résultats attendus. Certains penseront, et à juste raison, qu’il vaut mieux se choper la maladie avec quelques effets indésirables mais réversibles, que de partir à l’aventure avec un vaccin aux caractéristiques inconnues, d’autant que c’est le premier prototype pour combattre un virus de type Sras-CoV-2.

 

Un confinement partiel comme ultime vaccin ?

Le confinement « total » imposé par notre pouvoir régalien (état de guerre) a montré son efficacité, mais surtout il a entraîné des effets secondaires sur le plan économique et sur le psychique de chacun. Il a également amorcé le mouvement de DECROISSANCE (raisonnée) qui demeure une alternative pour assurer notre survie et celle de notre Planète. Et si on l’appliquait de nouveau pour faire disparaître définitivement le virus, mais sous une forme plus douce, à savoir le « confinement à temps partiel ». Afin d’assurer les besoins vitaux de notre vie au quotidien et une survie du monde de l’entreprise et de la culture, il suffirait de mobiliser les forces vives nécessaires et suffisantes, et de mettre le reste de la population en confinement temporaire. On pourrait en limiter la période à une dizaine de jours, et faire une permutation périodique. On pourrait également profiter de ces périodes « slow life » pour repenser et reconstruire le MONDE DE DEMAIN, basé sur la sobriété heureuse et un respect infaillible à notre environnement qui se consume de jour en jour. A une politique de relance mortifère et écocide, imposée par des pouvoirs publics en obsolescence avérée, on fera le choix d'une démocratie participative et impliquée dans les décisions qui impacteront les générations futures.

 

La seconde vague amorce son profil et nous débattons inutilement sur la capacité à tester ou à recevoir de nouvelles admissions en réanimation. Des chercheurs jouent aux apprentis-sorciers en inoculant des potions secrètes chargées en virus à des volontaires. Le pouvoir exécutif surfe sur la crise sanitaire pour neutraliser les tentatives de contestations et faire des cadeaux au patronat. Et moi, qu’est-ce que je peux faire … je ne sais pas quoi faire … silence, j’écris !

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