Pourquoi faut-il défendre l'Ecole Maternelle Française en 2019?

L' École Maternelle Française est une des rares écoles à bien fonctionner, à rester un modèle à imiter, pour nombre de nations, au niveau International. Il serait navrant de ne pas garder ses bons-points, de consolider ses atouts (savoir-être,savoir-faire). Aussi est-il souhaitable de rendre publique sa défense, en ne laissant pas défigurer une des meilleures écoles du monde.

POURQUOI EST-IL NÉCESSAIRE DE PROMOUVOIR  & DÉFENDRE  L’ÉCOLE MATERNELLE  FRANÇAISE AU DÉBUT DU 21° SIÈCLE

 1. POUR CONSERVER  LES BONS POINTS ACTUELS DE L’ÉCOLE MATERNELLE

 -1.C’est un lieu de respect de l’enfant et de ses besoins .       

-2. Les enseignants prennent le temps pour faire ce qu’on a  à faire.

-3. Les personnels s’inscrivent dans un état permanent de recherche et d’ autocritique sur leur action.

-4. Les apprentissages y sont permanents et importants. Le jeu, par exemple, occupe une place privilégiée, car il permet d’apprendre la vie,        les règles et la loi , le respect et la place de chacun .

-5. La place des arts y est aussi signifiante que l’accès quotidien à la culture.

-6. C’est là qu’on y apprend la règle et le respect des lois et des autres personnes, mais aussi de soi-même.

-7. Le corps y est appris, respecté et développé autant que l’esprit et la réflexion. La connaissance de la physiologie, l’ utilisation et l’usage        de son corps, sa maîtrise progressive participent de la construction de letre humain , et représentent des fondamentaux indispensables pour         acquérir ensuite la savoir lire et le savoir écrire.

-8.  La maternelle est la fondation indispensable du reste de l’édifice :tous les acquis et savoirs inculqués  en maternelle sont incontournables       pour  que l’école élémentaire puisse faire son travail  ensuite : si l’enfant n’a pas atteint les objectifs inculqués à la maternelle, il ne pourra   suivre normalement l’enseignement prévu de 6 à 11 ans.

-9. C’est un lieu d’écoute, d’échange et d’expression avec les parents et les partenaires. On ne peut enseigner, et gérer une classe maternelle ,   sans un dialogue permanent et continu avec les parents, sans une concertation avec les différents partenaires  associés de la Petite Enfance.

-10. C’est le seul lieu institutionnel en France où le tout-petit enfant peut être accueilli gratuitement , et y grandir tout en  apprenant , et des       professionnels formés s’occupent spécifiquement de la scolarisation des enfants jeunes de 2 à 6 ans.

 -11. Parce qu’il est prouvé tant scientifiquement que statistiquement qu’elle remplit d’une façon complète et brillante tous les objectifs qui lui sont assignés, tant par l’administration que par ses consommateurs; tant par les politiques que par les évaluateurs nationaux & internationaux.

-12. Parce que le cognitif est lié en permanence à l’affectif : on ne peut accéder aux savoirs, développer les savoir-faire, éduquer à la socialisation, construire l’esprit scientifique, sans que l’enfant soit aimé, respecté, et satisfait dans ses besoins élémentaires et affectifs. Il faut que l’ enfant se sente bien, qu’il baigne dans une atmosphère de reconnaissance et d’amour, de bien-être physique et psychologique, de confiance et d’expression pour qu’il ait envie d’apprendre, de jouer, de dessiner, de construire, de parler et d’échanger, d’utiliser son corps pour effectuer des exercices, etc..

 

 II.       PARCE QUE C’EST L’ÉCOLE LA PLUS IMPORTANTE DE TOUTES LES SCOLARISATIONS PROPOSEES / IMPOSEES A L’ENFANT ENTRE SON ÉTAT D’ÉLÈVE ET SON STATUT D’ADULTE

- 1. C’est la première école qui transforme le petit d’homme en élève et en être socialisé : premiers débroussaillages sociaux et scolaires, premières obligations, premières intellectualisations et réflexions

 -2. C’est la structure sociale la plus importante qui permette à l’ enfant de :

     - pouvoir accepter et apprendre la déprivation de sa mère, et qui ainsi d’une part

     - permet l’accès au savoir possible d’autre part triangularise les rapports humains;

     - permettant à l’élève de respecter les autres enfants et les adultes,

     -permettant de les accepter comme tels et de reconnaître les rôles et autorités et fonctions des éducateurs parents et enseignants.

 -3. C’est la seule école que l’enfant est obligé de réussir s’il veut devenir un homme, un adulte , et un être socialisé , car elle permet , développe et favorise :

  • l’accès aux langages et aux échanges, à la relation et communication
  • la sortie du cordon ombilical et la possibilité de prendre de la distance par rapport à l’affectif,
  • l’apprentissage du frottis à la loi et de respect des normes et des règles
  • la systématisation sociale des points de repère au niveau espace et temps qui autorisent une identification vis-à-vis de lui-même et des autres
  • les premiers rudiments éducatifs permettant de vivre ensemble
  • l’utilisation raisonnée de son corps et de ses fonctions physiologiques : gestes, déplacements, éducation sensorielle, latéralité usuelle, rythmes et besoins, etc.

 -4. C’est l’école qui sert de fondation et d’assise pour toutes les autres écoles,

......aussi se doit-elle d’apporter des bases solides, durables, qualitatives, et fonctionnelles. Elle apporte à l’enfant tous les indispensables et fondamentaux physiques, sociaux, psychologiques, psychoaffectifs et physiologiques et sanitaires sans lesquels aucune autre école ne pourrait fonctionner ou effectuer son travail ou remplir ses rôles ou ses fonctions.

 

 III.   COMMENT PEUT-ON CONSERVER  CES ATOUTS  POUR QUE L’ÉCOLE MATERNELLE RESTE CE QU’ELLE EST ?

 -A. En respectant l’autonomie professionnelle et la liberté pédagogiques dont jouissent les enseignants depuis plus de 40 ans .Une recherche universitaire que j’ai menée dans le cadre d’études doctorales patronnées par Mme Florin, spécialiste internationale de la Petite Enfance, a conduit à conclure que trois raisons principales avaient conduit cent maîtresses du Maine-et-Loire à choisir la Maternelle plutôt que l’ Elémentaire : l’autonomie laissée à l’enseignant dans la gestion de sa classe, la conscience du rôle indispensable et fondamentale de cette école dans la croissance et le développement, et l’épanouissement du petit enfant;

  -B. L’absence du carcan des programmes correspond à un prix à payer très lourd à payer en disponibilité, imagination, nécessité de savoir en permanence où on en est, ce qu’on va faire, comment il faut réagir, quoi proposer aux refusant, aux opposants, aux originaux, aux solitaires, aux immatures, aux petits génies, aux caractériels ou aux repliés, faute de quoi on est vite submergé, débordé, et l’impérative nécessité de maintenir les équilibres, la sécurité des enfants, la sérénité des actions et des décisions oblige à des chois, une rapidité d’analyse et une vision globale et prospectiviste du futur pédagogique ou éducatif immédiat.

 -C. En reconnaissant le professionnalisme spécifique , global , polyvarié et incopiable des enseignantes de cette école; leur identité professionnelle est pétrie de rôles, de fonctions, de motivations, de qualités, de critères de formations, de personnalités,  de particularismes  et d’images qui sont uniques, où l’originalité se complète avec la capacité d’imaginer et de se renouveler, où  la technologie des gestes graphiques et la capacité d’observation se complète d’une connaissance très pointue des techniques et une nécessité vitale de créativité et d’inventivité . La créativité positive des respects des besoins et de gestions des moments et des articulations est une obligation permanente dans la gestions quotidienne des groupes, des individus et des actions, et des moments, des événements prévus et imprévisibles..

 D. En refusant d’agir en fonction des pressions sociales et économiques qui essaient de détourner de leurs rôles les enseignants de cette école, mais sous le seul fil rouge de l’intérêt de l’enfant : refuser de « faire de l’efficace », s’inscrire en faux contre « la rentabilité », l’épanouissement de la personne n’a rien à voir avec l’ergonomie d’une entreprise.

 E.  En n’essayant pas de copier ou d’imposer les mêmes évaluations qui sont imposées ou utilisées à l’école élémentaire, car il ne s’agit pas du même métier, du même public , des mêmes objectifs, donc la démarche, les buts et les usages de l’ évaluation ne peuvent y être appliqués. Il s’agit  d’abord de revenir à l’ étymologie  du mot (évaluer = mettre en valeur) , de ne pas oublier qu’aucun enfant n’est comparable à un autre  tant au niveau de ses qualités, de ses compétences, de son degré de maturation que de ses temps d’adaptation, de son développement psychoaffectif ,ou encore de son degré d’autonomisation , etc. Il n’est donc comparable qu’ à  lui-même, dans le temps .

 F. En essayant au maximum de respecter  les rythmes  biologiques  et  les besoins  physiologiques  des jeunes enfants , sans oublier qu’on ne peut éduquer ni instruire avant d’avoir respecté et répondu aux  besoins sanitaires , physiques et psychologiques des élèves .

 G. En maintenant des conditions de travail favorisant la poursuite des objectifs et respectant la spécificité des tout-petits, sans essayer de « cadrer » ou d’ « harmoniser » avec le primaire : faute de quoi l’école maternelle française serait en grand danger :

    --1--  Les conditions d’encadrement doivent être moindres qu’en élémentaire, car les enfants y réclament plus de soin, plus de temps, plus d’attention, plus d’imagination, de création , parce qu’on y faitt plus de choses , parce que les enfants y sont plus vite fatigable, parce que les méthodes et les relations y sont souvent individualisées, à cause des fragilités fonctionnelles et personnelles,etc

    --2--  Les qualités des enseignants doivent y être importantes et exceptionnelles, car il s’agit d’une école beaucoup plus importante que les autres, avec des fondamentaux qui assurent la fondation de l’être social, aux forges de la loi qui permettent aux autres maîtres d’après de pouvoir faire leur travail, etc.

    --3-- Les objectifs, les méthodes, les résultats, les procédures, la définition des priorités, le faisceau des relations et communications interpartenariales y sont fondamentalement différents et variés.

    --4--  Les buts éducatifs et pédagogiques sont essentiellement et existentiellement divergents, les appréhensions y sont globales, les procédures tranversalisées en permanence.

 

 IV. QU’EST-CE QU’ON PEUT CHANGER OU FAIRE ÉVOLUER OU AMÉLIORER DANS L’ÉCOLE MATERNELLE D’AUJOURD’HUI ?

Cinq secteurs peuvent faire l’objet aujourd’hui d’une remédiation qui améliorerait le fonctionnement,  la gestion, l’animation, la professionnalisation, et les résultats de l’école maternelle d’ aujourd’hui : à savoir :

    --1-- Redéfinir rigoureusement et précisément les objectifs, les procédures et les priorités éducatives et pédagogiques de l’école maternelle, en dialogue permanent avec les enseignants, les chercheurs, les personnels de Petite Enfance (pas de programme imposé sans concertation préparée,  démocratique et induisant la présence des personnes concernées par l'application des objectifs);

    --2-- Assurer aux futurs maîtres et enseignants de l’école maternelle une formation initiale qui soit solide, importante , longue, théorique et pratique de qualité, en l’adaptant à la spécificité des élèves et des tâches de cette école ; en formant à la psychologie, à la relation, au partenariat, à l’écoute et à  l’observation, à l’utilisation de l’intelligence divergente et fluide , etc

    --3-- Proposer et organiser pour tous les enseignants des écoles maternelles une formation continue de qualité et suffisamment adaptée et conséquente et massive eu égard aux retards et lacunes ayant présidé pendant quinze ans consécutive à l’ absence presque complète des propositions formatives à destination des personnels concernés .

    --4-- Maintenir coûte que coûte les personnels spécialisés tels les ATSEM ( agentes territoriales Spécialisées en École Maternelle)

    --5--  Maintenir et consolider la présence des Réseaux d'Aide à l'Enfance en Difficulté et en Souffrance, au cas par cas,en lien avec une véritable négociation avec les enseignants, dans le cadre des projets d'école et du cycle concerné...

  --6-- Laisser non-obligatoire la fréquentation de l’École Maternelle Française  de 2 ans à 4 ans. (non obligation des TPS)

  --7-- Apprendre les premiers rudiments de la CNV aux petits et aux tout-petits (Communication Non-Violente, comme cela s'effectue dans plusieurs pays européens )                       

                                             (G.L. Chargé de mission de la Petite Enfance et de l'EMF pendant 15 ans.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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